La formation, un passage obligé

Nos jeunes sportifs, structurés ou non, réalisent régulièrement des gestes dignes des stars mondiales. Ils ne sont nullement handicapés par l´aire sur laquelle ils opèrent. Pour eux, peu importe que cela soit du ciment, de l´herbe ou du très en vogue tartan de dernière génération. Ils affichent leur talent à qui mieux mieux. Ils rêvent de rivaliser avec les meilleurs.
Ces apprentis virtuoses jouent avec spontanéité. Leur savoir-faire est inné. Il est à l´état brut car notre sport, dans son ensemble, continue de négliger la formation et même de la bouder. La recherche du résultat à tout prix, prime. La plupart des experts affirment pourtant qu´il ne peut y avoir d´avancée véritable sans une vraie et solide formation, que ce soit dans des centres spécialisés ou au sein des associations. Nos clubs, du plus huppé qui brasse des milliards, au moins nanti qui végète dans son douar ou dans son quartier, ont trouvé la solution miracle: l´achat de joueurs en provenance d´autres horizons, sous un air de valse des entraîneurs. Malgré quelques résultats, ici et là, le niveau est en nette régression. Il est alors aisé pour l´entraîneur de la sélection nationale de ne penser qu´aux pros émigrés, beaucoup mieux préparés. Il lui est demandé de la
performance. Alors, il fait de sorte à mettre tous les atouts dans son jeu, sans autres considérations. Comme tous les autres officiants, il a un contrat-résultats. Les portes sont ouvertes. Au point de tenter même ceux qui n´ont ni la fraîcheur ni la splendeur du temps où ils étaient tentés par des sirènes d´un autre monde. Pendant ce temps, les associations sportives continuent leur fuite en avant, en l´absence d´une obligation de former leurs jeunes en contrepartie de toute subvention.