Football: que faut-il changer?

La question passionne...les passionnés et tous ceux qui gravitent autour du football national ou qui y ont des intérêts.
Le problème est posé!
Au lendemain de l´élimination, et à partir de la Chine où il assiste au Mondial féminin comme délégué de la FIFA, le président de la FAF a déclaré qu´il faut à présent tourner la page: «L´entraîneur avait un contrat objectif, et il a échoué dans sa mission, alors...» La dure réalité est que le football national est bouté pour la deuxième fois consécutive hors du gotha africain. Cela ne dérange pas trop la quiétude de ses dirigeants. Il faut que ce soit le MJS qui intervienne. Encore une fois!
Ailleurs, y compris en Afrique, un échec d´une telle ampleur est assumé collectivement. Chez nous, l´urgence, l´avenir est à la désignation d´un remplaçant.
Comme si le problème de notre football, qui vient de subir une nouvelle humiliation, dépendait de la seule présence d´un entraîneur national. Des listes de nominés sont déjà établies. On efface, sans faire de bilan sérieux, et l´on recommence. C´est une habitude. Les vraies raisons du désastre sont encore une fois occultées. Les mêmes causes créent pourtant les mêmes effets. L´entraîneur choisi, quelles que soient ses connaissances et ses compétences, connaîtra ce que d´autres ont subi avant lui. Jusqu´à quand continuera-t-on à construire sur du sable, sans fondations? A mettre un cautère sur une jambe de bois? Il est temps de refuser les comportements du style «un seul être vous manque et tout paraît dépeuplé». L´entraîneur n´est pas le nombril du football national. Il en est seulement un des éléments. Des entraîneurs sont passés, ont réussi, ont échoué, mais le football est resté. Il continue son bonhomme de chemin avec des hauts et des bas. Avec plus de déceptions et de désillusions pour le nôtre. Des milliards sont dépensés chaque année et nous n´avons toujours pas de centres de formation. Nos sélections de jeunes sont absentes de la compétition internationale et mondiale. L´avenir continue d´être délaissé par des clubs qui vivent hors normes, grâce à la manne et à la mansuétude de l´Etat. A longueur de semaines, il n´est question que de milliards et de millions comme primes de signature ou de match. Cela devient indécent! Les joueurs de ces dirigeants et de ces équipes sont incapables d´aligner 2 tirs cadrés. Leurs matchs sont techniquement indigents et se terminent de plus en plus souvent par de la violence? Est-il normal de se payer des stages à l´étranger, de changer à grands frais entraîneurs et joueurs puis de crier misère? Le problème du football national ne peut être ramené à la présence ou non d´un entraîneur. Qu´il échoue ou qu´il soit incompétent est de la responsabilité des gens qui l´ont choisi et qui le coiffent. Dans tous les cas, l´échec tout comme la réussite sont collectifs. Plusieurs jours après le parcours catastrophique, aucun bilan sérieux et officiel n´a été établi par les instances du football. Se pose alors la question de savoir auprès de qui elles doivent s´expliquer et rendre des comptes. Malheureusement, même dans ses textes réglementaires, notre football souffre d´indigence et d´inadéquation, notamment dans l´identification des structures de gestion, leur composante, leurs missions, leur interaction et leur complémentarité. Là est peut-être la réponse à ces échecs répétés et pas seulement dans le domaine de la compétition.