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Les «gentils» clients d’Aigle Azur

Hors normes. Aigle Azur est la 2ème compagnie aérienne française après Air France. Elle avait été rachetée en 2001 par Arezki Idjerouidène, un Franco-Algérien, qui était à la tête de l’entreprise française Go Fast. Aigle Azur c’est aussi une compagnie aérienne qui a fait de la desserte de l’Algérie son principal atout. Arezki Idjerouidène décède en avril 2016, après une longue maladie. Auparavant, en 2012, il avait cédé 48% de ces actions au groupe chinois HNA. Le reste de ses actions sera vendu après son décès. Voilà brièvement résumée la période qui a valu à Aigle Azur une renommée marquée par une sympathie particulière des voyageurs algériens. Sa faillite déclarée au début de ce mois a surpris beaucoup de ses clients qui sont restés bloqués dans divers aéroports. Au total, ils seraient 13 000 voyageurs à être dans ce cas dont 11 000 algériens. L’événement est d’autant plus grave qu’il intervient au moment de la rentrée des classes où tous les Algériens résidant à l’étranger doivent quitter l’Algérie après avoir passé des vacances en famille. Venus de différentes régions du pays, ils se sont retrouvés bloqués dans les principaux aéroports dont le plus visible est celui de la capitale, Alger. Tous les vols d’Aigle Azur annulés. Pas de remboursement des billets. Aucune solution de rechange n’est offerte. La compagnie abandonne ses clients sans même leur offrir un point où ils peuvent se renseigner. Et pour cause, les employés de la compagnie sont eux-mêmes dans la tourmente de la perte d’emploi. On a entendu les plaintes de passagers en rade à l’aéroport algérien. On les a entendus émettre quelques interrogations. On les a entendus ne pas comprendre qu’ils puissent être mis dans une telle situation par Aigle Azur qui s’en lave les mains et déclare ne rien pouvoir pour eux. On les a entendus s’étonner devant une telle injustice. On les a vus à même le sol attendant avec leurs enfants et leurs bagages, qu’un miracle vienne les secourir. Rien n’est venu dans ce sens. L’unique solution pour toutes ces familles en rade était d’acheter de nouveaux billets auprès des compagnies concurrentes. Dans la limite des places disponibles bien sûr. Devant tant de désespoir, de détresse, des compagnies comme Air Algérie et Tassili Airlines leur ont proposé des réductions exceptionnelles de 20% sur les tarifs habituels. D’autres compagnies étrangères ont suivi cet exemple. Même avec tous ces efforts de compassion et d’aides, les passagers algériens d’Aigle Azur ont totalement perdu leurs droits auprès de cette compagnie et ont dû acheter de nouveaux billets pour d’autres vols d’autres compagnies pour pouvoir rejoindre leur lieu de résidence. Devant un tableau aussi sombre de manquements à ses obligations d’une compagnie aérienne, de droit français, l’aspect le plus marquant aura été le comportement des clients algériens, qui était à la limite du stoïcisme, et des médias et réseaux sociaux qui n’ont assuré que le « service minimum » de couverture de l’événement. Et là notre esprit se surprend à « vagabonder ». Et si Aigle Azur avait été une entreprise de droit algérien, est-ce que les choses auraient été aussi apaisées ? Les passagers algériens en rade à l’aéroport d’Alger n’auraient-ils pas haussé le ton pour réclamer l’intervention de l’Etat algérien ? Aigle Azur aurait eu droit à tous les noms d’oiseaux comme seuls savent le faire les réseaux sociaux lorsqu’ils s’agit d’Air Algérie. Eh, bien, le « crash » d’Aigle Azur n’a pas suscité de grosses vagues d’indignations ni de réclamations de remboursements ni de vidéos « d’horreurs » sur les réseaux sociaux. Dans les médias, ce sont les repreneurs qui font l’objet d’attention particulière. Il est question de « slots » (horaires de décollages et d’atterrissages) très convoités par les avionneurs. Oubliés les passagers. Personne pour s’interroger sur les droits de ces gens-là lâchés brutalement par un acte de commerce qui n’est pas couvert par la justice française. Cela n’offusque personne. On est presque sûr que si Aigle Azur avait été de droit algérien, le déferlement des critiques et de « danses du scalp » aurait atteint son apogée. Des moments de haine que beaucoup n’auraient pas raté. On est presque sûr que si Aigle Azur avait été de droit algérien, le gouvernement algérien aurait pris toutes les mesures nécessaires pour transporter à ses frais les passagers laissés en rade. En impliquant Air Algérie et Tassili Airlines. En droit français, les choses se passent autrement. Les lois du business sont incompatibles avec la souffrance humaine. C’est toute la différence avec notre sensibilité à fleur de peau !

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