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Plaidoiries de fin d’audience

Deux grands et sympathiques conseils se sont oubliés à l’issue du prononcé du dernier mot de l’inculpé.

Maîtres Rabah Labdi et Abdelkrim Djouahra ont forcé, d’une manière cavalière, les us et coutumes, pour ne pas écrire la loi et reprendre la séance d’escrime entamée une heure et demie plus tôt devant une bonne magistrate qui se trouvait être, par-dessus le marché, tolérante à souhait. Bien que cela ne soit pas permis par la loi, elle laissa faire les deux conseils qui eurent des mots gentils envers la juge qui s’était évertuée à mener à bien le duel autour de la prescription. Cette procédure réglementaire n’a jamais été décriée par un quelconque avocat, le plus irascible, fut-il. Le conseil de l’inculpé, Maître Abdelkrim Djouahra, dit presque entre les dents, les principes fondamentaux qui soutiennent les lois. « Qui a escroqué qui ? Qui risque de laisser des plumes dans ce dossier? On parle de prescription ! Elle n’existe pas dans le domaine public ! ». Son adversaire du jour, lui, rendra hommage au juge d’instruction de la 2ème chambre qui a su bien gérer le dossier. Le conseil revient un instant au fameux et fantasque témoin qui n’a rien vu de ce qu’il a... vu. Maître Djouahra demande un complément d’informations et ajoutera que les répliques de son adversaire et néanmoins ami, ne soient pas ajustées sur les lois en vigueur. Il aurait tant voulu vider ses tripes, mais la loi ne lui permet pas de reprendre après le prononcé du traditionnel dernier mot que la loi a dévolu à l’inculpé ou à son avocat. Malgré tout, devant tant de ténacité des plaideurs dont la gibecière était pleine, la juge qui a été plus que tolérante, invite du regard les deux amis à cesser le feu, avant que l’hallali ne sonne pour tout ce beau monde. Qu’à cela ne tienne ! On continue la guéguerre et la magistrate commence à perdre patience. Cette situation est née à la suite de l’entêtement des deux conseils à vouloir ramener la présidente chacun dans son propre camp et gagner ainsi, la première manche du procès qui connaîtra, quelle que soit l’issue, une seconde manche au « Ruisseau » où excellent avec maestria des trios de juges de valeur. Et qui dit trios de magistrats à Alger, pense inexorablement aux anciens juges du siège qui bossent dans les conditions, les meilleures. C’est alors qu’exaspérée par les deux sympathiques avocats qui voulaient coûte que coûte gagner la partie « aller », la juge demanda pour la nième et probablement, dernière fois que l’on cesse de jongler avec le temps du tribunal qui a autre chose à faire. Les deux plaideurs s’exécutèrent en deux secondes avec l’amertume de ne pas être allés au bout de leurs idées. Ils auraient aimé revenir au tout début de leurs interventions, et soulever, par exemple, en ce qui concerne Maître Labdi, le cas de la fameuse prescription, « car, dira-t-il, durant 10 longues années, il ne s’est pas soucié de l’appartement en question ni même une seule pensée pour ce sacré appartement qui vaut aujourd’hui une véritable fortune. C’était bon d’avoir reçu une énorme somme, d’en avoir joui, et même si maintenant il y a prescription dans cette triste histoire, cela reste à discuter ».
Puis, l’avocat d’El Harrach (Alger) fit un petit rappel des faits qui émanaient d’une instruction de 1997, du chef du gouvernement de l’époque, instruction ferme qui préconisait de régulariser les logements fermés ou mis sous gardiennage. Il profitera de cette parenthèse pour rendre hommage à la présidente qui a su, dès le début, poser les bonnes questions aux deux parties dont l’une a fait preuve de mauvaise foi dans ses réponses. C’est alors que le représentant du ministère public, jusque-là muet, demanda à intervenir en vue de rétablir la vérité, à propos de la mauvaise foi.
La juge lui permit de prendre la parole. Il se leva et dans une ambiance qui se prêtait aux présents débats, dit, d’une voix perçante : « Effectivement, j’ai flétri la mauvaise foi des uns, mais j’ai aussi et surtout, dénoncé la cupidité des autres, le mensonge autour de l’amitié et les coups bas des pseudos copains ! ».
Le parquetier semblait ravi de cette utile et nécessaire mise au point. Seule, la juge semblait comme timorée par ce procès qui s’étale en longueur, mais tout de même se contente de constater que les avocats aient vidé leurs besaces à paroles.

De Quoi j'me Mêle

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