Accueil |Chroniques | La chronique judiciaire |

Brave papa ou dealer?

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font

Les deux transporteurs de cachets psychotropes désignent le père de famille comme étant le "boss" des dealers...

Maître Ouali Laceb n´est pas un avocat défaitiste. Son client a été désigné par deux trafiquants de cachets psychotropes pris en flagrant délit de détention et commercialisation d´une sacrée grosse poignée de cachets. Devant Hadj Rabah Barik, le nonchalant président de la section correctionnelle du tribunal de Koléa (cour de Blida), le défenseur avait pris les devants durant l´interrogatoire pour poser des questions aux deux pseudo-auto-stoppeurs pris en cours de route et qui s´avèrent être de parfaits complices du détenteur de ces maudits cachets.
Plaidant le dossier vide pour ce qui est de son client, Maître Laceb avait tout entrepris pour démontrer qu´à aucun moment son client n´avait été inquiété: «S´il est devant vous, c´est parce que les vrais trafiquants ont donné ses cordonnées. Et ça, ce n´est pas bon pour la justice. Que peut devenir le commun des citoyens si chacun venait à désigner le voisin, le collègue, voire un passant comme étant un trafiquant de cause?», s´était exclamé le conseil qui avait de bonnes raisons de jouer à fond la carte de l´offensive pensant à raison que pour un bon avocat, la meilleure défense demeure...l´attaque à outrance, surtout que ce même avocat sait mieux que quiconque qu´un tribunal ne juge que sur preuves, jamais sur l´intime conviction, ou à la tête du client du jour.
Le président, lui, en magistrat rompu aux bruyantes interventions, joue lui aussi sur le dossier et son contenu. Et jamais depuis qu´il préside la section pénale à Koléa, il n´a eu à expédier en taule des innocents puisque les échos qui lui parviennent depuis Blida, où les procès en appel le rassurent, surtout les verdicts pour ne pas dire toujours confirmés grâce à de solides attendus mûrement tracés, rédigés, alignés et consolidés.
Le comble dans cette histoire, c´est que le client de Maître Laceb risquait les foudres de l´article 17 de la loi 04-18 du 25 décembre 2004 que les avocats bilingues et francophones avaient baptisée affectueusement «la loi de Papa Noël», une loi douloureuse pour tous ceux qu´elle frappe de plein fouet.
Et c´est parce que l´avocat de Koléa savait que cet article 17 prévoyait la lourde peine, pas de prison mais pire! d´emprisonnement de dix à vingt ans et d´une non moins lourde amende de cinq millions à cinquante millions de dinars pour le trafiquant avéré, qu´il avait retroussé les manches de sa robe noire et remis en place le rabat de cette même robe noire pour aller à l´abordage de cette dénonciation qui ne reposait sur aucune preuve ni aucun témoin ayant assisté à la transaction qui voulait que le client de Maître Laceb soit un dangereux commanditaire de la détention de cette grosse quantité de cachets psychotropes et donc envoyer à l´ombre pour un bon bout de temps l´inculpé.
Samir Hemali, pour ne pas changer, et depuis le siège du ministère public, avait effectivement requis la peine de vingt ans d´emprisonnement pour l´inculpé qui était ligoté par la trouille de voir Hadj Barik suivre le parquetier et l´envoyer à l´ombre pour un bon bout de temps avec en sus, aucune chance d´échapper en appel au glaive de la justice.
C´est pourquoi, à l´issue de sa brillante et émouvante plaidoirie, l´avocat voulait examiner le «blanc» de l´oeil de son client qui avait mal entendu la date du verdict que le juge avait mis en examen, le temps de revoir le dossier pour ne pas porter atteinte aux gens et à leur liberté.
Ce qui est certain, c´est que ce dossier a été confectionné par les éléments de la police judiciaire qui ont refait le chemin des cachets psychotropes trouvés quelque part à Sehaoula et Birtouta, avec le détour sur Tipasa et probablement Oran, un port par où transitent de drôles de cachets, des poisons sous couvert de médicaments bizarres. Une chose demeure cependant certaine: la drogue et tout le chapelet de «cousins» de ce poison avancent à grands pas de géant. Il n´y a qu´à voir les abords de nos collèges, lycées et même instituts pour avoir une idée de l´ampleur qu´ils prennent.

Suivez ces commentaire via le flux RSS Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha