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Dossier sans arguments

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Deux jeunes sont poursuivis pour trois délits. L´un d´eux a laissé 400 millions et quelques centaines de centimes sur le carreau et un million de soucis nés de poursuites insupportables et insurmontables...
Salim se dit victime: «J´ai payé 400 millions de centimes pour l´acquisition d´une voiture que je n´ai jamais eue. Mourad est inculpé d´association de malfaiteurs, de vol, de faux et d´usage de faux. Ses trois avocats sont d´accord sur un point, le dossier est vide et ils ne comprennent pas comment peut-on inculper quelqu´un chez qui des photocopies d´un reçu de remise au guichet de cartes grises, avaient été découvertes lors d´une expéditive perquisition. «Un véritable flop!», dira plus tard Maître Ladjel, un des trois défenseurs.
Salim confirme avoir remis deux photos seulement pour l´acquisition d´un véhicule avec ses papiers. Naïma Dahmani, la juge, coince Salim qui a fait des déclarations autres que celles faites par devant le juge d´instruction. Le fameux reçu délivré et remis s´est avéré être un faux. Boussaâda, lui, qui n´était qu´un intermédiaire entre Salim et le revendeur en fuite, est mal dans sa tête. Il ne tient pas debout, car il se sent responsable de l´escroquerie dont a été victime Salim qui a dit avoir remis 400 millions de centimes, somme évaporée avec l´escroc qui aura réussi un bon coup aux dépens d´un jeune citoyen qui ignorait jusque-là que «la loi ne protégeait jamais les naïfs». Et ce qui est curieux, c´est que cette catégorie de «joués» par plus malins qu´eux, voit son nombre grandir à chaque procès où l´escroquerie est reine.
Comment par exemple, peut-on remettre une grosse et énorme somme à quelqu´un qu´on vient d´aborder pour la première fois de sa vie et de connaître, le temps de prendre un café en sa compagnie?
Et le drame, c´est que ce genre d´entreprises va en augmentant. Les naïfs sont-ils aussi riches que cela?
A quoi est donc dû ce phénomène? Mystère, mystère...
Dahmani va aller vite. Les procès-verbaux semblent la satisfaire. Une peine de prison ferme a été requise par le procureur: trois ans ferme. Pour B.Mourad, inculpé de faux, Maître Aboubaker Boumaza dit s´étonner quant à l´inculpation d´association de malfaiteurs car son client ne connaît pas Salim. «Il vous a dit que la voiture trouvée en sa possession lui avait été échangée contre une autre chez un certain Ramdane en présence d´un certain Haoua», s´est exclamé l´avocat qui a insisté sur l´absence des délits qui peuvent l´envoyer en prison pour trois ans.
Par ailleurs, le défenseur écarte le faux constaté sur le reçu confisqué: «Il n´y a pas de condamnation pour une photocopie et on ne pourra aller que vers la relaxe», avait insisté l´avocat qui a choisi de plaider juste le dossier autour duquel il n´avait pas trouvé grand-chose qui puisse pousser la présidente de la section correctionnelle du tribunal de Chéraga (cour de Blida) à aller vers un verdict tuant. Maître Ladjel, constitué pour Mourad M., prend le même sillon de défense que son jeune confrère et décortique l´inculpation d´association de malfaiteurs. «Mon client a été arrêté dans sa propre voiture. Il n´a rien coordonné avec d´autres malfaiteurs dont celui qui est en fuite», a énoncé le conseil qui passe au vol. «Où est la victime de vol?» souffle le défenseur qui demande que l´on veuille bien ramener la victime. Si réellement elle avait un préjudice, elle se serait présentée à la barre en vue de réclamer le montant du préjudice relevé: elle n´est pas ici, donc elle n´a rien à réclamer, donc, le verdict doit aller dans la direction de la relaxe. Pour le faux enfin, Maître Ladjel, calmement, s´étalera sur l´absence de documents falsifiés. «Ce sont des copies de cartes grises, elles ne doivent pas constituer un délit, surtout qu´il n´a jamais été question d´expertise graphologique. Montrez-nous ce boulot», a conclu le défenseur qui demande la relaxe.
Une relaxe dont ne veut pas l´énigmatique Zaïm, ce jeune représentant du ministère public qui a bien suivi les débats et où il n´avait pas trouvé à redire ni même répliquer en fin d´audience, avant que les deux jeunes inculpés ne prononcent le traditionnel dernier mot que la loi leur confère. Et Zaïm silencieux, reste une faille pour les juges du siège qui peuvent aller vers un verdict heureux pour les inculpés, heureux de l´aubaine: le silence du parquetier.
Ces trois avocats qui ont dû probablement se concerter avent d´entrer dans la salle d´audience, avaient la même conviction: pousser la présidente à se passer des procès-verbaux pour ne prendre en considération que ce qui s´est passé à l´audience ce mardi. Ni plus, ni moins. D´ailleurs, la juge n´aura d´autre choix plus tard, que de mettre en examen l´affaire; Maître Gaouar, lui, débute lentement sa plaidoirie par un cinglant: «C´est un dossier vide. Je l´ai lu, relu, j´ai tourné, retourné les pages, je n´ai rien trouvé de quoi poursuivre Mourad», tonne le conseil qui se pose des questions autour des inculpations retenues à l´encontre de son client. Il reprend, en plus long, les propos de ses deux confrères qui l´ont précédé, abjure la présidente de bien ouvrir l´oeil sur ce dossier qui ne peut être clôturé que par le prononcé d´une relaxe réparatrice des gros dégâts moraux engendrés par la procédure lancée contre Mourad. «Il s´agit Madame la présidente de la liberté des gens avec laquelle on ne doit pas jouer», recommande Maître Gaouar dont la conviction était plus solide que le ficelage du dossier par les éléments de la police judiciaire dont le gigantesque boulot est souvent perturbé par des ratages.

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