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Porte ouverte, bijoux volés

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La victime, un septuagénaire, a dit ses regrets d´avoir accueilli Amine...

La victime, un septuagénaire a dit ses regrets d´avoir accueilli Amine L. La victime de vol par un habitué des lieux, a crié au délit de ce jeune marié qui fréquente ses quatre enfants.
Boualem Bekri le président de la 4e chambre veut des détails:
«Cet inculpé connaît mon home, il est accueilli plus que mes enfants. Il a eu tout le temps de visiter des yeux les lieux. Le jour du vol, mon épouse était sortie pour des courses.
Au retour, elle a découvert la disparition des bijoux d´une valeur de 72 millions et sept millions de centimes en espèces. Et la découverte avait eu lieu après le départ de Amine, l´inculpé», se lamente la victime qui est contrée solidement par celui-ci qui se dit être un enfant du quartier.
«Avez-vous déjà eu affaire à la justice?», demande soudain Bekri qui va apprendre que cet Amine est un repris de justice (une année ferme pour vol et libéré lors de la grâce présidentielle). Ce qui fera marmonner le juge: «La grâce, hein? Nous verrons plus tard.» Vigilant, le procureur général pose deux questions pour conforter la récidive.
Ce qui va encore pousser le trio de juges que mène avec doigté le président, en forme en ce Ramadhan 2010. Khemkhoum, le témoin, édifie la composition et le procureur lorsqu´il a déclaré que ce jeune détenu prévenu lui avait proposé de quitter le Maghreb par Ceuta vers la France, «dès que j´aurais de l´espèce», avait-il précisé, allant jusqu´à faire sourire Bekri car le témoin, avait pris le risque de préciser: «Ceuta, c´est l´Espagne au Maroc». L´avocat demande à savoir s´il lui avait précisé la provenance de l´espèce... Le représentant du ministère public dit: «Cet inculpé déjà expulsé de France a tout entrepris pour y revenir.» Tous les moyens étaient bons pour y parvenir, y compris voler des gens qui l´ont accueilli à bras ouverts.
Maître Naouel Gadouche, le conseil de Amine pèse de tout son poids sur les propos contradictoire de la victime qui vient même de se désister sur ses droits en demandant à «l´Etat» de punir ce voleur. Petit raccourci qui veut que certaines victimes baissent la garde en attendant de la «Daoula» de faire le sale travail à leur place.
«Et puis qu´est-ce que ce monsieur vient vous raconter à la barre? Qu´il savait que c´était un repris de justice. Pourquoi donc lui a-t-il ouvert sa porte? Et pourquoi madame l´épouse était-elle sortie laissant le gamin seul à la maison? Nous pouvons citer mille exemples pour prouver que la victime y est pour beaucoup dans ce dossier. Oui, c´est vrai, nous n´avons pas les mêmes textes que certains pays tels les Etats-Unis d´Amérique qui mettent dans la balance la personnalité de la... victime! Oui, nous dans notre pays et c´est malheureux de le dire, nous nous sommes endormis sur cet abject concept: «La loi ne protège pas les naïfs», «mais ce n´est pas suffisant» s´est écriée l´avocate qui avait ajouté, au titre d´un baroud d´honneur, que son client n´a rien contre lui. Ni pauvres ni témoins au pluriel.
Avant que Amine n´ait droit au prononcé du dernier mot prévu par la loi, le procureur général a demandé à reprendre la parole pour regretter que certaines victimes fortement protégées par la loi et les juges, ne savent pas s´y prendre à la barre et viennent donc se désister purement et simplement.
«C´est regrettable et lamentable», murmure le parquetier qui voulait ainsi profiter du plein de la vaste salle d´audience de la cour d´Alger pour tenter de «piquer» certains esprits mal tournés pour ce qui est du concept: «Nul n´est censé ignorer la loi.»
D´ailleurs et comme toujours, Boualem Bekri finit en beauté: «Monsieur le procureur général doit savoir que cette composition en a entendu d´autres comme, par exemple, une victime venue à la barre prendre carrément la défense du prévenu allant jusqu´à demander, geste à l´appui, la relaxe de l´adversaire. Mais que voulez-vous, nous ne commentons jamais les lois. Nous sommes ici pour les appliquer, seulement les appliquer.» Le procureur général acquiesce...

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