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La jurisprudence et Maître Fodil

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Maître Fodil a pris une dizaine de mots dans l´article 222 et s´est amusé sur la porte de la jurisprudence.
La circulation des «visas» bons pour l´entrée sur le continent européen, existe bel et bien. Elle est même devenue un fléau mondial. Chez nous, il y a une catégorie de spécialistes «régionaux» pour la débrouillardise de visas vitaux pour la survie de jeunes adorateurs de l´eldorado. Par exemple, les jeunes du Centre, à la recherche du «sésame» ne sortent jamais de la Blanche. A Bab Ezzouar, à Rouiba, à Zéralda, à Bab El Oued, à Hussein Dey, il y a toujours un intermédiaire prêt à vous fournir le précieux document contre le versement, sous la table, de soixante-cinq millions de centimes! Allez savoir pourquoi, ce n´est pas cent ou cent quinze millions l´unité! Bref! L´affaire de cette semaine s´est déroulée à El Harrach (cour d´Alger) où un intermédiaire avait été dénoncé par un jeune rêveur de Tizi pris à l´aéroport avec un «présumé faux visa». Oui, nous transcrivons «présumé» car, pour contrer le rude réquisitoire de Ali Marich Mohamed, le jeune représentant du ministère public, qui avait si bien grossi les faits, qu´il avait effarouché l´inculpé par le déversement du vocabulaire tranchant, propre aux gars du parquet en général, Maître Djamel Fodil, l´avocat du détenu avait espéré retenir l´attention de ce jeune magistrat fraîchement débarqué à El Harrach aux lieu et place de Radja Bouziani affectée à la tête de l´annexe du tribunal d´El Harrach où il n´est pas facile d´évoluer sans une main d´acier dans un gant de velours.
L´avocat avait espéré retenir l´attention du jeune juge du siège en faisant dans la jurisprudence, un mot qu´aiment beaucoup les avocats et les magistrats, mais qui demeure le dernier des soucis de la tutelle qui aime nager dans les profondeurs des lois souvent retapées, mais toujours obsolètes. «Monsieur le président, s´était alors écrié l´avocat de Bellevue, vous ne pouvez pas suivre le raisonnement par l´absurde dressé par le procureur, ce dernier a pris l´article 222. Il l´a lu à l´endroit et à l´envers en ne retenant pas une chose. Et cette chose, M.le président, est une expression consacrée dans l´article 222 et si vous permettez de vous relire les termes que nous mettons à l´index», a dit l´avocat. Le juge suit: «Ce que je voulais surtout vous expliquer, ce sont les mots utilisés dans cet article qui sont d´une clarté inattaquable. Je prendrai tout de même la liberté de relire trois verbes expressifs et trois autres qui suivent en vue d´éclairer le tribunal. Prenons d´abord les verbes: «Contrefait, falsifie ou altère». Ils veulent exprimer ce que nous lisons. Ils sont nets.
Quant aux trois autres mots, ils sont la clé de cette remarque qui m´oblige, moi, partenaire de la justice à m´y attarder: Il s´agit de l´expression: «Les documents délivrés par les administrations publiques. Nous y sommes «les administrations publiques» la précision est de taille! Et nous revenons à l´expression «administration publique». Le Code pénal vaut pour ce qui a été fait chez nous avec le sceau de l´Etat algérien. Or, M.le président, retenez bien que le visa est un document réalisé par des étrangers. Il n´y a pas dessus le sceau de l´Etat, où est donc le faux? Et pour terminer, M.le président, laissez-moi vous rappeler que mon client a parlé de trente visas: ce qui signifie que vingt-neuf Algériens se trouvent en Europe, dans l´espace Schengen, donc personne n´a été pris, donc aucun visa vendu à gros frais n´est faux! Or, M.le président, de quoi s´agit-il? d´un visa que l´on dit faux. Est-ce que ce document avait été délivré par une administration publique? Non, il a été délivré par un organisme étranger. Ce n´est ni le ministère des Affaires étrangères, ni celui de l´Intérieur et des Collectivités locales, encore moins par le ministère de la Justice. Non. Le visa acquis n´a pas été falsifié par mon client qui ne l´a pas non plus confectionné ni contrefait. C´est un dossier de relaxe, même pas au bénéfice du doute», a martelé l´avocat visiblement insatisfait du moment qu´à sa gauche, le procureur voulait aussi visiblement intervenir pour une probable réplique, mais la bienséance du parquetier l´en avait probablement empêché. Et Maître Fodil d´enfoncer le clou en appliquant debout le fameux concept qui dit que: la répétition est l´âme de la pédagogie. Et en avant pour un bref retour aux fameux trois mots: l´administration publique. Il s´écrie presque: «Tout visa n´est jamais délivré par une administration publique.»
Ali Marich Mohammed, le représentant du ministère public ne répliquera finalement pas. Le jeune président passera ses grosses mains dans sa chevelure (peut-être de soulagement). Il n´aura que le temps d´annoncer la date du verdict mis en examen sous huitaine. Le détenu, lui, n´avait retenu que deux choses: que son avocat avait cassé la baraque et qu´il passera encore huit nuits d´octobre 2010 en taule. Le reste relève de l´actualité et de la banalisation de l´achat à gros frais de visas permettant à nos jeunes d´aller dormir sur du carton et fouiller des yeux, ce que l´on doit envoyer, la nuit tombée, au plus profond de l´estomac.

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