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Les larmes, ce cri du silence

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Un dossier de violation de domicile et de coups et blessures volontaires a été arrosé de larmes du papa de la fille mineure, victime de...

Les larmes du vieillard, dont la fille mineure avait été agressée chez elle, ont dû pourfendre les tripes de l´inculpé de violation de domicile (pas de témoins) et de coups et blessures volontaires (certificat médical à l´appui) surtout que c´est la rugueuse Faïza Mousrati, la représentante du ministère public, qui est là ce mardi, assise à six mètres du pupitre où trône la terrifiante Selma Bedri, la présidente de la section correctionnelle du tribunal d´El Harrach (cour d´Alger). Le vieillard a lâché. Il a craqué. Il a même essuyé ses grosses larmes à l´aide des deux paumes rugueuses de ses fortes mains, des mains qui ont dû longtemps manipuler, toucher, bâtir, peser, prendre, agripper, attraper et peut-être même battre (Ah jeunesse qui abandonne!). Le vieux a d´abord entendu sa fille, I. Dibili la mineure, reprendre le récit de la violation de domicile, délit vite avalé par la juge laquelle avait posé la bonne question pour avoir l´excellente réponse: «Vous connaissez l´inculpé?», dit-elle entre les dents I. Dibili est embarrassée. Elle veut visiblement dire quelque chose et ce sera Hadj Rabah, le papa qui vient à la rescousse de sa fillette coincée entre l´émotion et les séquelles des coups reçus. «C´est un proche, Madame la présidente», jette Hadj Rabah D. qui va d´abord laisser sa bambina aller au bout des faits. Emmitouflée dans un hidjab couleur encre de Chine, la mineure raconte, la voix brisée par l´émotion comment il s´était introduit chez le proche, avant de sauter sur elle et la malmener. Bedri sadresse à Mohamed Lamine B. le détenu debout tel «i» majuscule, la mine défaite surtout depuis qu´il était arrivé à la barre, effarouché par la présence de la victime et de son tuteur. «Alors, que vous a-t-il donc pris de vous attaquer à cette mineure qui est pourtant une proche?», dit la présidente qui voulait absolument que l´inculpé dise quelque chose qui aille dans les regrets, les remords, les «je regrette», désolé, confus...Rien de tout cela. Au contraire, il nie farouchement. Et comme si le détenu avait eu vent en taule des deux articles de loi qui allaient lui être appliqués, il va alors s´accrocher, s´entêter à ne pas reconnaître. Il ne reconnaît ni la violation de domicile ni les coups et blessures volontaires infligées à la fille mineure. C´est même à croire que Mohamed Lamine B. connaît très bien la peine prévue par l´article 295 (loi n°82-04 du 13 février 1982) qui va de un an à cinq ans et d´une amende de mille à dix mille dinars. Et comme il n´est pas assisté d´un avocat, il ignore que la victime, elle, a une avocate et pas n´importe qui! La jeune et dévouée Maître Souhila Mohandi qui sait elle, que l´alinéa II de l´article 295 évoque «l´aide de menaces ou de violences» et dans ce cas, il est alors question d´une peine de cinq à dix ans d´emprisonnement et de cinq mille à vingt mille dinars d´amende. Et comme Bedri est une juge qui a horreur de perdre son précieux temps, elle a stoppé net le vieillard qui avait ajouté, la rage au coeur, que le «bandit» s´était jeté sur sa fillette, tentant de l´étrangler et en finir avec. Alors que Hadj Rabah était au bord de l´évanouissement, l´avocate, Maître Mohandi qui s´apprêtait à casser la baraque lors de sa courte mais bruyante intervention, s´était alors mise à jouer au pompier, d´abord, en soutenant le vieux et, à l´infirmière disponible ensuite, en lui tendant une petite bouteille d´eau, cette bouteille bien placée sur le pupitre de la jolie greffière de l´audience qui semblait bien suivre tous les débats, car de temps à autre, elle notait les faits et gestes et mêmes certains propos qui peuvent peser sur les débats. Juste après, Mousrati, la procureure effectue les demandes sans état d´âme, ou battre des cils: «Trois ans ferme pour violation de domicile et coups et blessures volontaires ayant entraîné une cessation de travail de quatre jours avec des ecchymoses au cou», marmonne-t-elle.
Après quoi, c´est au tour de Maître Souhila Mohandi d´entrer en scène.
Elle va effectuer une brève sortie qui va aller droit aux tympans de Bedri qui adore qu´on fasse court et bien: «Madame la présidente, vous avez entendu la victime. Vous avez vu son papa et l´état dans lequel il se trouve. Les larmes versées sont un appel à l´esprit de justice qui anime ce tribunal. Nous réclamons justice tout simplement», a-t-elle récité. Le dossier a été mis en examen.

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