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Ikhlef? En relief

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Le cadre de la Dgsn signale une anomalie. Il la signale. C´est lui qui est poursuivi mais...
Un procès poignant a vu un cadre austère de la Dgsn affronter la présidente de la section correctionnelle du tribunal de Chéraga (cour d´Alger). Et ce cadre expérimenté, poursuivi par les termes de l´article 222 du Code pénal, un redoutable article qui évoque le faux. Un faux mis à l´index, avec au bout du canon, un permis de port d´arme à feu. Et une arme à feu qui voit son permis être trituré par une ombre, n´est pas à sous-estimer.
Ce qui a été admirable comme bonne nouvelle dans ce procès où nous avions appris avec un réel plaisir que Mohammed Ikhlef, l´inculpé, n´a jamais perdu la confiance de la Dgsn, donc n´a jamais été inquiété, ni suspendu, ni même eng... Il faut dire que le faux lui-même réside dans une erreur de frappe née d´une étourderie probablement de la bureaucratie locale (cela existe) et même une faute de frappe peut soulever des interrogations et donc des ennuis en cas de découverte de bévues.
Il faudrait peut-être aussi dire, de suite, que la juge de Chéraga a eu la présence d´esprit de bien mener l´instruction pour bien comprendre ce qui s´est réellement passé. Ouahiba Mezaâche, la présidente, s´est avérée la digne fille de feu Abdelmadjid, ce grand commis de l´Etat qui a laissé une belle empreinte, nette, d´un homme sûr de ce qu´il entreprenait avec beaucoup d´abnégation et de probité.
Et Ouahiba est à saluer ici pour le remarquable boulot effectué durant plus de cinquante minutes d´écoute. Elle a écouté Ikhlef pourtant «out» à cause de son statut d´inculpé en liberté provisoire. Elle a entendu Mazari l´unique témoin dont les propos ont réellement éclairé le tribunal. Elle a lu les procès-verbaux de la Dgsn, a relu les conclusions de l´enquête et il n´y avait même pas un seul chat à fouetter. Elle a entendu Zaïm, le sombre représentant du ministère public, elle a suivi la plaidoirie remarquée du massif avocat, Maître Djamel Fodil, cet avocat qui a salué bas les responsables de la Dgsn qui ne sont pas tombés dans la bêtise de suspendre le cadre avant que la justice tranche.
«Il fallait bien que quelqu´un rende hommage à une institution qui joue le jeu du respect de ses cadres et employés. Je le fais avec beaucoup de conviction qu´il n´est jamais bon de traîner dans la boue un cadre pas encore jugé, ni entendu», avait-il souligné à deux reprises. Ikhlef, lui, a réussi malgré tout à placer quelques banderilles: «C´est moi qui ai déclenché cette affaire. J´ai découvert une bizarrerie qui est allée droit sur le déclenchement de l´enquête», a expliqué l´inculpé qui a rappelé que le port d´arme permis avait un numéro.
«C´était le 08, pas le 07, c´était ce numéro qui a mis le feu aux poudres. Dans le listing, ce numéro avait été mal repris. Le permis n´est pas faux. Le document n´a jamais été touché. Rien, absolument rien n´existe qui puisse mener vers l´article 222 du Code pénal», avait balancé Maître Fodil qui a aussi précisé que le correctif avait été exécuté sur le micro.
Même ce fameux Brahim de Aïn Defla, le propriétaire du revolver, avait régularisé sa situation. Il avait été convoqué et entendu sur la base du rapport de Ikhlef. «Où est donc le faux?», s´était exclamé le conseil Zaïm, en parquetier qui se respecte, il réclame un an de prison ferme pour faux. Des demandes effectuées en droite ligne de la solidarité du siège du ministère public dont l´indivisibilité est reconnue par la loi.
Cela n´émeut pourtant pas Ikhlef qui sait ce qu´il a fait et surtout ce qu´il n´a jamais fait. Après une mise en examen d´une semaine, Mezaâche relaxe purement et simplement Ikhlef, cet exemplaire cadre du 1er-Novembre. Place du maintien de l´ordre dont il faut saluer bas les responsables qui ont évité les désagréments à leur cadre qui était revenu au bureau juste après le prononcé du verdict qui a aussi réjoui l´avocat qui avait fait montre d´un professionnalisme sans égal en ce début de novembre 2010.
Quant à Ikhlef, assis face à son micro, il avance dans son boulot à la veille de cette fin d´année, une fin d´année qu´il n´est pas près d´oublier.

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