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A main armée, l’attaque

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Le 17 de Bou Ismaïl grésille. C´est un SOS d´un citoyen qui signale un vol, une agression et les agresseurs sont vite neutralisés...

Le 1er janvier dernier à Bou Ismaïl, à 3h30, le standard de la police reçoit un appel. Un vol venait d´être commis sur le dos de Aziz Touami qui s´était plaint d´une agression à main armée d´un couteau, avant qu´il ne fut sommé de remettre, tous les objets de valeur qu´il avait sur lui. Il signale, par ailleurs, que des citoyens alertés ont accouru et ont neutralisé les malfaiteurs qui ont, auparavant, fracturé la portière de son camion. A leur arrivée, les policiers ont effectivement trouvé Sofiane F. et Fathi R. neutralisés, mais non malmenés.
La victime est entendue par la police judiciaire dont le responsable lui restituera plus tard le matériel volé: l´auto-radio, une batterie neuve, une courroie, une chaîne de distribution et un...portable (évidemment!). Entendus par Hadj Rabah Barik, le président de la section correctionnelle du tribunal de Koléa de la vaste cour de Blida, on évoquera pas mal de faits plus ou moins graves. Il y avait eu aussi cette histoire d´une auto de tourisme garée sur le trottoir et victime d´une effraction avec la disparition de documents et de pièces s´y trouvant. Puis, la victime a été priée de décrire la situation alors, découverte et les suites heureuses qui s´en étaient suivies. «J´ai eu la chance de voir deux jeunes courir et de les poursuivre juste pour ne pas les perdre de vue. Ils s´étaient alors réfugiés dans un bosquet. Un citoyen est venu m´aider. Sofiane, le plus âgé des deux voleurs, a brandi un couteau. Il sentait mauvais. Il était visiblement ivre mort. Vite neutralisés, ils ont eu tout le temps de passer à l´état normal avant d´être entendus et écroués», a récité calmement Touami qui était plutôt serein contrairement aux deux détenus défendus plus tard farouchement par Maître Naouel Saïdani, Maître Karima Zane et Maître Hayet Kadi.
Farouchement, les deux avocates avaient pris en compte le fait que Sofiane et Fathi avaient une toute autre version. Sofiane balancera par la suite que Touami les avait menacés. «Nous nous étions accrochés; les policiers que j´avais alertés ont mis cinq minutes pour arriver et rétablir l´ordre sur les lieux», a dit le premier inculpé qui sera vite pêché au vol par le juge du siège. «La police est formelle, c´est la victime qui avait téléphoné à trois heures trente minutes et c´est noté sur la marge du registre des appels au secours.» Et Fathi de se précipiter dans le «vide du désespoir». «Nous n´avions pas de couteau. Il était très loin de nous et puis si nous étions réellement armés, nous n´aurions jamais utilisé nos poings.»
C´est tout trouvé comme parade et c´est au tour de la victime de réclamer les dommages, juste avant que Malek Drissi, le procureur, ne requiert une peine de prison ferme de trois ans. Les deux avocates, elles, ont surtout axé leurs interventions autour des nombreuses zones d´ombre qui «noient» ce dossier où la victime a été lui-même victime des «on dit que ««il paraît que». «Il n´a vu ni le délit du vol, ni les voleurs c´est ici le fruit de son imagination», a déclaré Maître Karima Ziane qui avait ajouté, avant de céder la parole à sa cadette Maître Kadi, que «la victime a vu peut-être les voleurs, mais de dos. Et puis, qui a brandi l´arme blanche? Sofiane ou Fathi? il y a un doute et un gros, d´où un seul verdict: la relaxe», avait chantonné le conseil. Maître Kadi, elle a effectué des remarques à propos des désastreuses déclarations de la victime qui avait certifié avoir récupéré les objets volés à deux cents mètres du lieu du vol: «Quel vol? Il n´a rien vu! Aucune empreinte digitale n´avait été relevée: ni sur l´auto, ni sur les objets volés et retrouvés, selon la victime qui n´a aucun témoin venu conforter ses dires», a murmuré l´avocate qui attendra la fin de l´audience pour prendre acte des deux ans d´emprisonnement ferme écopés par les deux compères que le dossier a enfoncés. Il est vrai aussi que la jeune avocate, Maître Nawel Saïdani, avait, elle, plaidé le pourquoi de la demande de la victime en partie civile: «Pourquoi? encore faut-il que mon client soit coupable! Ce fait que la victime ait pris le matériel volé ne constitue nullement une preuve, surtout que l´on n´a jamais pris les inculpés en flagrant délit de vol ou même une tentative de vol!», s´était offusquée l´avocate de Koléa qui apprendra avec intérêt le verdict pour l´appel...

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