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Chaker échaudé

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Chaker B. B. est un jeune fils de famille propre et au-dessus de tout soupçon, mais la justice a découvert en lui un complice de vol de matériel d´un fast-food...

Chaker B. la trentaine, un détenu au casier vierge a été carrément exécuté par le juge du dimanche du tribunal de Bir Mourad Raïs où il a écopé de la lourde peine de prison ferme de cinq ans dont un ferme pour recel. Il a été exécuté selon ses proches car leur enfant est non seulement un délinquant primaire avec un casier vierge mais encore, il ignorait que les objets acquis étaient volés. Il les a payés trente-deux millions de centimes. Devant le trio de juges de la 2e chambre pénale d´Alger où trône Brahim Kherabi, le président, il a tout déballé pour ce qui est du délit. Il a supplié les trois magistrats de bien écouter sa version. Et ce que les trois juges ignorent à leur tour, c´est que le président de la section correctionnelle du tribunal de Bir Mourad Raïs est un novice et donc la correctionnelle pour lui est un peu le scapel pour un tôlier ou un ferblantier. Et cela coûte la liberté aux gens et aux jeunes.
Lorsque Chaker B. B., ce beau gosse, s´avance vers la composition correctionnelle d´Alger, il a envie de hurler qu´il n´a rien à faire en taule. Il n´a pas compris pourquoi il a écopé d´une peine d´emprisonnement ferme de cinq ans dont un ferme pour recel alors qu´il avait eu le temps d´expliquer au juge de la première instance qu´il ignorait la provenance frauduleuse des objets achetés.
Le juge l´a certes, écouté mais pas suivi surtout que l´article 387 du Code pénal est plus qu´explicite. En effet, cet article dispose entre autres que «quiconque, sciemment recèle, en tout ou en partie, des choses enlevées, détournées ou obtenues à l´aide d´un crime ou d´un délit, est puni d´un emprisonnement d´un an au moins et cinq ans au plus et d´une amende de cinq cents dinars à vingt mille dinars.
L´amende peut même être élevée au-delà de vingt mille dinars jusqu´à la moitié de la valeur des objets recelés. Le coupable peut, en outre, être frappé pour un an au moins et de cinq ans au plus de l´interdiction d´un ou plusieurs des droits mentionnés par l´article 14 du présent code. Le tout sans préjudice de plus fortes peines, s´il y échet, en cas de complicité de crime, conformément aux articles 42, 43 et 44. Et cet article est «né» le 13 février 1982 - loi n°82-04. C´est dire si les termes sont secs et éloquents si le juge est un novice. Or, Kherabi n´est pas né de la dernière pluie. En écoutant le prévenu, le juge et ses deux chers «joyaux», Mansour Ouchan et Nadia Amirouche ont écouté Chaker débiter sa mésaventure en allant acheter du matériel pour un fast-food. Mis en confiance par le voleur, il s´est rendu à deux reprises voir de près ce matériel pas si neuf si l´on peut écrire ainsi. C´était du matériel pour ma cuisson de pizza, un point, c´est tout. Même le prix demandé était à la limite du raisonnable. Ce n´était même pas donné comme prix à casquer pour un matériel ayant trop servi. Puis, tout était allé très vite. Pris dans le filet, les voleurs «donnèrent» Chaker qui fut ramassé, entendu et écroué en attendant que les deux graves inculpations, associations de malfaiteurs, vol et recel, délits prévus et punis par les articles 176-350 et 387. Au tribunal, on a passé l´éponge sur l´article 176 car point de constitution d´association de malfaiteurs et le juge s´en était tenu aux seuls vol et recel. C´est pourquoi Chaker dont les parents n´ont pu rapporter un tel affront après la détention préventive et l´an d´emprisonnement ferme et quatre autres assortis du sursis. Et en retenant la complicité de vol outre le recel, le juge a peut-être tenu compte du passé blanc de Chaker, ce qui explique le verdict que Kherabi va revoir et décider de maintenir celui prononcé par le tribunal dont le juge avait décidé du vol et de la complicité de vol estimant tout comme le trio de la 2e chambre correctionnelle qu´il n´y avait pas de recel et que par conséquent Chaker, qui s´était déplacé à minuit tapantes en vue d´acquérir le matériel volé, savait au moins que l´heure avancée de la nuit était suspecte. Or, Chaker avait juré qu´il venait de l´ouest du pays vers vingt-trois heures et quelque et donc le déplacement à zéro heure était plausible.
La famille de Chaker est en état de choc car toutes les générations de ce jeune homme, qui n´a jamais mis les pieds dans un commissariat, n´avaient connu pareille humiliation. Commercer, OK, faire des affaires, c´est bien mais faire attention, c´est mieux. Hélas, Chaker n´a plus l´occasion de refaire le chemin de Birtouta où il s´y était rendu en cette fin 2010 pour mettre les doigts dans l´engrenage de l´article 350 du Code pénal, un article que Kherabi, Amirouche et Mansour Ouchen ne peuvent qu´appliquer, les preuves et les déclarations ayant tracé la sentence, rude mais nécessaire pour le bien-être de la société.

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