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Escrocs à la mauvaise étoile

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Hamid F. est un jeune petit escroc qui appelait Houcine B. et ses autres victimes en se faisant passer pour un...officier supérieur de l´ANP, voire pour plusieurs...

Contrairement à ce que l´on pourrait croire, le crime n°1 dans notre pays, n´est ni le meurtre, ni le vol qualifié, ni l´homicide involontaire (délit), ni la tentative d´assassinat, ni l´émission de chèque sans provision; non! c´est bel et bien l´escroquerie, ce délit prévu et puni par l´article 974 du Code pénal.
Et donc, on peut affirmer sans crainte d´être contredit qu´il y a plus d´escrocs que de...tueurs.
L´affaire du jour d´El Harrach, a vu deux inculpés comparaître devant cette terrifiante juge qui sait à quoi s´en tenir lorsqu´elle obéit à la loi. Et dans ce dossier, il y a une véritable bouillabaisse: des militaires au bout du fil, un wali, des patrons de restaurant, café, fast-food et autres personnalités.
Houcine.B., un sympathique homme d´affaires, fan de la JSK, avait fait l´objet d´un coup bas de la part de son ancien copain Hamid, condamné pour escroquerie à son...encontre!
«Un peu plus tard, à sa sortie de taule, il est venu me voir pour présenter ses excuses. En vérité, il était revenu se venger en pire!», a dit Houcine.B., une des nombreuses victimes des agissements de ce duo de présumés escrocs aux dépens de victimes ayant pris pour argent comptant le fait que la voix qui grésillait du mobile était celle d´un...officier chargé de ramasser des fonds pour la campagne électorale en cours.
Question: y-a-t-il encore en 2011, une seule personne, lucide pour croire qu´un officier supérieur pouvait parler avec un étranger au téléphone?
Et pourtant, cela a existé avant 2011, 2010 et même 2008! Lorsqu´on a en face de véritables escrocs professionnels, on est tenté d´arrêter ici la chronique.
Mais nous préférons continuer pour éclairer l´opinion publique sur les faits et gestes de certains sinistres personnages cupides, fascinés par le gain rapide, qui ne se gênent pas de prendre le portable, appeler une connaissance aisée et se faire passer pour les officiers Zeyed ou Amor etc...
Hamid, le détenu, a tout fait pour éviter d´être entendu, car il avait mesuré toute l´ampleur des dégâts commis, des dégâts matériels: plus d´un milliard quatre cent millions de centimes et un très grand préjudice moral!
D´ailleurs, après quatre renvois, Houcine.B., présentait une glycémie de quatre grammes et quelque...
Eh bien, il n´a pas pu se rendre à l´audience, le jour J, alors, qu´il s´était présenté à trois reprises face à la présidente de la section correctionnelle «détenus» du tribunal d´El Harrach.
L´avocate de Hamid l´inculpé avait pourtant insisté pour un autre renvoi «car», dira-t-elle en direction du tribunal, elle avait pas mal de questions à poser à cette victime présumée.
«C´est non. Nous allons passer au fond», trancha Selma Bedri, qui s´était armée d´un sens unique de conviction que c´était ce mardi, et pas le prochain, qu´elle devait en finir avec cette grave affaire.
Et puis, Hamid avait beau tenter des diversions, des dribbles, des mensonges même, mais le tribunal veillait. Le second inculpé, l´inamovible second et complice des faits, gestes et déplacements, lui n´a pas voulu se faire tirer les oreilles par cette fougueuse juge et a craché le morceau avec cette nuance qu´il n´était pas au courant du contenu des enveloppes qui lui étaient remises par Houcine.B., et les autres victimes. A un moment donné, Hamid ricanait, histoire de démontrer qu´il ne voulait plus continuer à jouer la comédie. «C´est Houcine qui m´a manipulé» a-t-il dit à plusieurs reprises. «Oui, mais vous l´aviez déjà escroqué et vous aviez été condamné pour ce délit et votre ingratitude. C´est pourquoi vous étiez revenu à ses côtés pour mieux vous venger», avait déclaré sentencieusement Bedri qui semblait satisfaite du déroulement des débats. Fathia Benghanem, la procureure, voulait, elle aussi, participer à ce procès, mais elle avait su, dès le début que la présidente était bien dans sa peau et donc capable du destin de ce procès. Elle ne se manifestera qu´au moment où elle allait requérir une lourde peine pour les deux détenus qui recevront un toit de tuiles rouges sur la tête-cinq ans d´emprisonnement ferme-chaque fois que l´un des deux détenus évoquait la campagne électorale à Béjaïa, qui a vu les deux larrons téléphoner et recevoir de nombreux coups de fil, concernant la remise de «primes» à tous ceux qui participaient activement à la «présidentielle» «Quant à moi, avait-il clamé au milieu des débats, je n´ai jamais touché un seul dinar.»
«Liwadj Allah», commente Bedri qui n´avait d´yeux que pour les PV d´auditions des principales parties au procès. Des procès-verbaux où tout avait été dit sans contrainte, avec des questions-réponses claires, de quoi faciliter le boulot de la juge du siège. Hamid, le principal inculpé avait, à plusieurs reprises, crié au complot mis en place par Houcine. Et à plusieurs reprises, la présidente rappelait d´un air grave et solennel qu´il avait purgé une peine de prison à cause d´une plainte de ce même Houcine.B., et qu´en sortant de taule, il était revenu vers lui s´ excuser pour mieux le mettre en confiance et se venger de fort belle manière. A l´issue d´une mise en examen d´une semaine, Hamid et son copain écopent de la lourde peine de cinq ans ferme pour escroquerie. «Je suis innocent» cria Hamid. La loi vous permet d´interjeter appel si le verdict ne vous arrange pas. Et vous n´avez pas un siècle pour le faire», tonna Bedri, comme si elle venait d´abaisser le glaive sur le cou de la liberté des deux escrocs qui se faisaient passer pour des officiers supérieurs de la valeureuse ANP!

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