Le bout du tunnel pour le maire?
Le maire de Zéralda croupit en taule pour avoir refusé de régulariser des factures... «retouchées»!
L'affaire du maire de Zéralda montre le bout du nez à Hadjout où la présidente de la section correctionnelle du tribunal de Sidi M'hamed, Alger, devait l'entendre avant-hier pour escroquerie où la victime est un commerçant de Bou Ismaïl, lequel, dit-on du côté du maire, n'avait jamais déposé une plainte. Avec Maîtres Djamel Fodil et Zeghimi de Blida, Samir Sidi Saïd, on s'attendait à des débats prenants. Détenu depuis le début du mois de juillet 2011 (six mois) Khatir Mouhib ne cesse de crier à la hogra. Ses proches, ses amis et beaucoup d'administrés fans n'ont cessé de clamer son innocence et réclamer sa libération «immédiate». C'est méconnaître la marche et la démarche de nos magistrats dont beaucoup évitent de lire les canards en vue d'éviter la pression de la rue.
Certains chefs de cour ont même ordonné à leurs juges de ne pas parcourir certains titres dont les représentants sont «persona non grata» partout où ils demandent à être reçus.
Heureusement que les audiences sont publiques. L'honneur est sauf et nous pouvons exercer loin de toute pression... Passons! Pour revenir au maire qui traîne neuf boulets (une plainte dans chaque tribunal de la cour de Blida), il doit s'en mordre les doigts, car d'une grève de la faim aux fréquentes visites de ses conseils, il attend impatiemment le jour du procès pour crier sa douleur d'avoir été malmené sur du vent! «On aurait pu lui signifier un mandat de dépôt à Boufarik, Blida ou Koléa. Non, on l'a arrêté à Hadjout où la prison est aux confins de l'Algérois. Ce n'est pas gentil d'avoir usé de sa bonne foi», nous confie un fan du maire qui se dit déçu de la justice, partie prenante dans tous les dossiers cousus de fil blanc.
Pour Maître Samir Sidi Saïd, le maire de Zéralda est poursuivi sur du solide, du béton et du béton goudronné. «Lorsqu'on commet un délit, on assume. Vous serez surpris durant les débats d'apprendre ce que vous ignorez!» siffle le massif avocat du commerçant de Bou Ismaïl et de Lila de l'hôtel Nour qui ne veut pas lâcher la bride de ses poursuites.
Quant aux Maîtres Tahar Sidoumou et Messaoud Nouasria, en attendant qu'arrive Maître Djamel Fodil, retenu par une infernale circulation, ils nous assurent du boucan qu'ils créeront dans la salle d'audience pour ce qui est du piétinement des droits du maire de Zéralda par la juge d'instruction, qui n'était pas allée de main morte avec l'inculpé qui est plutôt victime dans ce dossier. «Vous aurez tout le temps de constater les irrégularités flagrantes commises à l'encontre du président de l'APC, surtout que cette magistrate est une digne juge qui saura s'y retrouver», martèle Maître Sidoumou, motivé beaucoup plus par cette affaire et considère que la justice se doit d'être à la hauteur des espérances du peuple dont l'unique rêve est de vivre à l'ombre d'une justice indépendante, ce voeu que partage avec les justiciables le président de la République, initiateur de la réforme de la justice.
A midi pile, Khatir Mouhib, l'ex-maire de Zéralda, est à la barre. Un de ses quatre défenseurs n'est pas encore arrivé à Alger. Sur la demande de Sihem Benmabrouka, la présidente, il va vers les débats: «Mon avocat, Maître Fodil, est en route. Il sera là au bon moment», dit-il avant de répondre aux questions de la juge. Il confirme connaître Farid, la victime. «Je l'ai connu à Staouéli lorsqu'il commerçait dans les paraboles», dit-il après que Benmabrouka lui ait signifié le délit: «Escroquerie autour de Iphones pris et impayés.» Le procès est engagé. Le tribunal est prêt. Le détenu parle calmement, sans stress. Il est même en forme. Depuis les 185 jours de détention préventive, il a appris à vivre avec, sans se faire d'illusion sur la suite des événements. Il explique la démarche sur l'opération «Iphones impayés». Il parle de bons de commande, d'arrangement, de promesses de remises de factures, promesses non tenues... Il affirme être innocent dans cette affaire. Ce qui ne sera pas l'avis de Farid Boucif, la victime qui dira autre chose, c'est-à-dire de quoi le faire condamner pour ce qu'il considère être un gros préjudice financier et un plus gros moral. «Je ne le connaissais pas bien. Je n'ai jamais mis les pieds chez lui, comme il le prétend», articule Boucif qui va appuyer sur le champignon: «Il a pris du matériel électronique chez lui, pas à l'APC. Il m'avait même promis de me régler les appareils destinés à sa famille.» Les débats vont s'étaler avec l'interrogatoire de 35 témoins, le réquisitoire de la charmante procureure Amel Sahli qui a eu la géniale idée d'écrire son intervention. Ce qui poussera Maître Fodil à regretter qu'elle n'ait pas pris les grands moments forts des débats riches et instructifs pour le tribunal.
Puis, après les cinq plaidoiries de Maître Samid Sidi Saïd pour Boucif, la victime, Maîtres Sid Ahmed Ezzeraïmi de Blida, Nouasria, Tahar Sidoumou et Djamel Fodil, la non moins délicieuse juge du siège, Sihem Benmabrouka annonce la mise en examen de l'affaire pour le 31 janvier 2012.

- LE PRÉSIDENT FRANÇAIS EN VISITE SURPRISE EN AFGHANISTAN
Hollande, pour un retrait «ordonné et coordonné» - GUERRE DE TRANCHÉES AU SEIN DU FLN POUR LA PRÉSIDENCE DE L'APN
Deux hommes pour un fauteuil - LES DEUX PRÉSIDENTS VONT SE RENCONTRER BIENTÔT
Bouteflika et Hollande prônent un partenariat d'exception - PROJET DE RETRAIT DE LA POLICE DES STADES
Que vise le général Hamel? - AGRESSION CONTRE LE PRÉSIDENT MALIEN
Trois responsables pro-putsch entendus







Réagir à cet article