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Les tragiques maux du... faux

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Le faux demeure aux yeux de la loi, un redoutable délit que même les magistrats les plus courageux redoutent...

Le délit de faux est si redouté qu'il a sur le dos des articles de loi du 197 (loi n°06-23 du 20-12-2006) au 241, relevant du chapitre VII: les faux pour les faux possibles et inimaginables que le Code pénal a mis en action en vue de punir les auteurs qui savent souvent où ils mettent les pieds... pardon, les mains, car on ne signe qu'avec les mains!
Karim B. a été condamné par défaut à dix ans de réclusion pour détournement de fonds puis acquitté après avoir suivi les voies impénétrables du recours.
Aujourd'hui il est poursuivi pour faux. Son frère, un contrôleur des impôts, est... témoin. Me Naïma Demil, l'avocate de Karim B., avait la gorge nouée pour tenter de sauver son client contre qui le procureur avait requis une peine de prison ferme de trois ans. Il faut dire que le conseil a dû improviser car elle a changé de stratégie à partir du moment où Karim s'est mis à table après avoir «asséché» les lèvres épaisses que domine une grosse moustache noire.
Le président de la section correctionnelle rappelle étrangement le juge des années 1975-2002, Mohamed Boukhatem. Oui, Khaled Benyounès n'a pas le même physique que l'actuel président de chambre de Tipasa, mais il a les mêmes tics et la même vigilance.
«Les photos du passeport et du permis de conduire sont les miennes. Les documents, eux, ne m'appartiennent pas», avait enfin articulé le jeune prévenu qui n'a pas cessé de regarder sa jeune et charmante avocate.
Cette dernière aura tout le temps de plaider la chance à saisir en Europe, la dépression qui l'a «ligotée» quand elle avait entendu le verdict prononcé par défaut, le mérite d'avoir reconnu les faits qui lui sont reprochés, les circonstances atténuantes: «Même si vous le condamniez lourdement, ajoutez le sursis, il le mérite», avait conclu Demil, le visage bleu,!es yeux rouges et à bout de souffle: il y avait de quoi.
Il est bon de rappeler l'épisode qui a vu le prévenu mentir et le juge se maîtrisant jusqu'à lancer un: «Ce n'est pas possible ce que les gens jouent à l'indifférence alors qu'ils risquent gros.»
Le président a grogné. Il a même rugi à l'intention du frangin de l'inculpé venu à la barre en qualité de témoin: «Même si vous n'êtes pas inculpé, j'ai la nette impression que vous êtes un drôle de coco complice.»
Il lui a même rappelé en sa qualité d'inspecteur des impôts, qu'il n'avait pas eu un comportement d'un agent assermenté. Puis il a eu soudain une question brûlante: «Qui a donc établi ce faux?» Le prévenu a répondu sans réfléchir: «C'est une jeune fille qui travaille à Bab Ezzouar.» Le magistrat marmonna quelque chose de ce genre: «Et allons-y pour une administration toujours si malade.»
Le temps du délibéré, l'épouse, la maman, la soeur, le beau-père pleuraient à chaudes larmes. L'avocate espérait au plus profond de ses tripes le sursis. Hélas, le verdict va être autour de dégâts affectifs même si le frais condamné à une peine de prison de un an ferme a gardé la tête froide tout comme son avocate qui pense que Karim B. va interjeter appel et il n'a que dix jours pour le faire car il n'est pas dit que le verdict soit revu à la baisse.
Les voies de la justice restent impénétrables surtout que les sentences sont très rarement corrigées vers!e bonheur des prévenus... souvent très mal entendus en appel à cause de l'énormité du rôle du jour. Et lorsqu'un juge du siège a sous les yeux et entre les mains un gros rôle, il fait dans la justice expéditive.
Et cette pratique n'est pas désirée par Tayeb Louh, le ministre de la Justice, garde des Sceaux, chargé de mener une profonde réforme qui permettra d'extirper la mauvaise graine, les mauvaises pratiques et les mauvais esprits.

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