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Cousins-voisins face au destin

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Un jeune fonctionnaire se rend chez un cousin. Il sort son PA. Une balle en sort... Le «288» est là!

Dans le domaine douloureux des «crimes et délits», le titre II «Crimes et délits contre les particuliers», section III, «Blessures et homicide involontaires», le «288» dispose: «Quiconque, par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou inobservation des règlements, comme involontairement un homicide on en est involontairement la cause, est puni d'un emprisonnement de six mois à trois ans et d'une amende de 1000 à 20.000 DA.»
Ces cas sont quasi-quotidiens. Les accidents peuvent avoir lieu sur nos routes, sur la chaussée, le trottoir, dans la cuisine, dans la salle de bains, au jardin, dans une salle d'attente, dans un cortège nuptial et plus près de nous au... stade. Oui, le jet de centaines de pierres a causé la mort du joueur Albert Ebossé de la JSK, car vous pensez bien que l'auteur du jet de pierre n'avait aucunement prémédité la mort. Il y a eu maladresse dans le geste, négligence dans la surveillance des lieux, inattention de ceux qui sont chargés de la sécurité...
Un jeune fonctionnaire se rend en visite chez des cousins. A un moment donné, il sort son P.A., une balle en sort sans crier gare. Un cousin est tué sur le coup. Voilà le fonctionnaire rendant compte à la justice face à Mme la juge à qui Maître Mohammed Bradaï réclame des circonstances atténuantes car c'était un accident et pas plus.
«Avec votre expérience, vous savez très bien que de tels accidents sont déjà arrivés et que d'autres auront lieu un peu partout», a sifflé l'avocat.
L'homicide involontaire est considéré aux yeux de la loi comme un accident. Samir R., un jeune douanier, est doublement affecté. Il a tué par accident. II a tué un cousin-voisin. Le père de la victime est venu dire haut et fort que le destin était au rendez-vous chez lui lorsque Samir a dégainé et qu'une balle était allée se ficher dans le corps du cousin.
C'est ici, l'exemple type de l'homicide involontaire. L'accident par excellence pour lequel le législateur a prévu un article de loi: le 288 du Code pénal.
«Que voulez-vous, M. le président, mektoub. Je ne demande rien, que mon fils repose en
paix», dit-il face au juge qui n'avait plus qu'à prendre acte des demandes presque murmurées par beaucoup de prudence du procureur: «Un an de prison ferme.»
Le prévenu-libre blêmit un instant. Il a cru que c'était le verdict. Mais lorsque son vieil avocat, la face pâle débuta sa plaidoirie, il se calma et son visage reprit des couleurs, contrairement à son défenseur qui venait de s'apercevoir que la magistrate était en train de transcrire le dispositif, peut-être allant à contre-coeur du... bon sens.
L'avocat reprit en cinq lignes les faits avant de révoquer l'accident, comme celui du procureur à Constantine: un homicide involontaire. Il a même rendu un vibrant hommage à la partie civile qui croit beaucoup plus au «qadha ouel qadar» et donc, le pardon, Maître Bradaï va plus loin en informant le tribunal qu'aucun nuage n'avait menacé les relations entre le prévenu et la victime.
Et pour mieux capter l'attention de la juge, le conseil revint deux minutes à l'antique Cirta.
«L'accident survint dans un parking. Le magistrat sortit du véhicule. Il sortit son arme. Un coup de feu était parti. La victime n'a jamais rencontré le pauvre magistrat.
Et pourtant, les non-initiés ont vite évoqué un 'crime''.
«Non, Mme la présidente, sauf dans une guerre sans merci, on tue n'importe comment. Mais dans le parking, les deux hommes ne s'étaient jamais rencontrés.» Il a sifflé le conseil qui revint au dossier du jour: «On aurait pu alors deviner un quelconque règlement de comptes familial. Il n'en est rien» a soufflé le défenseur qui a espéré un verdict bâti autour des circonstances les plus larges en vue de permettre à Samir de reprendre son boulot, une vie quotidienne comme celle de tous les citoyens normalement insérés.
La juge du siège avait un regard qui en disait long sur l'état de l'inculpé qui avait auparavant évoqué le jeûne suivant la mort: «C'est entre Allah et vous!» dit-elle. Maniant son stylo entre les doigts, la présidente préfère prendre un peu de recul en vue de prendre une décision qui va dans le sens le plus sain du geste, ce maudit geste d'une balle qui sort du canon pour tuer net un cousin qui ne saura jamais ce qui lui est arrivé, un matin d'un vendredi saint, juste après le bain hebdomadaire et la prière collective dans la mosquée voisine. Après une courte mise en examen, la juge inflige une peine d'emprisonnement de six mois assortie du sursis. Le 288 venait d'être appliqué. Reste que quelle que fut la peine, la victime ne reviendra plus et que l'auteur du coup de feu ne sera pas bien pour un bon bout de temps.

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