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Une erreur ça se corrige

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Les erreurs judiciaires ne sont «pondues» que lorsque la police judiciaire se leurre et le parquet qui suit se goure...

Il arrive assez souvent que des magistrats se trompent sur l'état d'un prévenu. Comme ils dépendent en partie d'autres parties prenantes à l'enquête, ils vont droit sur l'erreur judiciaire, allez, nommons-là primaire, car la vraie erreur judiciaire ne se rencontre pas à chaque rue. Non, elle est vraiment rare. La police judiciaire se leurre? Le parquet se goure. Et le juge du siège répare...
Disons-le et écrivons de suite. C'est parce que l'erreur judiciaire primaire «kayène minha», que l'appel et la cassation existent, sinon comment se sortir du pétrin dans lequel on a été jeté lors de l'enquête préliminaire? C'est lors de ces «charivaris» que les justiciables crient leur dégoût de la justice.
Le cas de M'hamed D. est assez éloquent et mérite une petite chronique pour que d'autres ne disent plus, à l'avenir, nous ne savions pas que la justice pouvait... déraper. Seulement, lorsqu'un chauffeur dérape et réussit à redresser la conduite, il évite à tous les coups une catastrophe. M'hamed D. est dénoncé pour un vol qu'il jure n'avoir pas commis. Les gendarmes ont confiance dans le témoignage fourni: «Le voleur portait un manteau en cachemire» avait-il certifié aux enquêteurs. Au village, la virée des gendarmes permet l'arrestation du propriétaire du manteau. M'hamed aura bau crier, pleurer, jurer un million de fois, rien à faire, c'est la présentation et l'écrou à El Harrach où il passera quinze longues journées et quinze très pénibles nuits dans un monde qu'il n'aurait jamais dû connaître. Le pauvre citoyen croupissait en prison lorsqu'un miracle se produisit.
Les éléments de la Sûreté nationale réussissent à mettre la main sur les véritables auteurs du vol qui a envoyé M'hamed pour un mandat de dépôt. Un M'hamed qui n'a eu de cesse de crier à l'erreur de la police et donc du parquet et donc de la justice.
A l'audience, donc, Madame la présidente de la section détenus du tribunal de Bir Mourad Raïs emballe l'audience: «Le tribunal est tout ouï pour que justice soit faite.» Les deux compères avouent en effet être les auteurs du fameux vol et blanchissent par là M'hamed. Mais et cette histoire de manteau cachemire? simple. M'hamed l'avait emprunté à un des deux prévenus. «Oui, j'ai commis le délit avec le manteau de M'hamed D.» dira, les mâchoires serrées, Mohand sous le regard neutre de Saïd, le second prévenu qui était meurtri par tout le chapelet des poursuites sans être sûr d'une fin heureuse.
Le tribunal avait donc deux dossiers que le procureur met en jonction. «Il faut que justice soit rendue» récitera, entre autres, Lamari qui demandera deux ans ferme à l'encontre des deux vrais prévenus et sans complexe, la relaxe pour M'hamed qui a eu droit aux excuses tacites du parquet via son jovial représentant qui a bien assisté le tribunal.
Samira Kirad, la juge, rend le verdict sur le siège: Mohand Y. et Saïd M.écopent de deux ans ferme. L'émotion était à son paroxysme, la satisfaction se lisait sur le visage du procureur, la joie était visible sur les mines des membres de la famille de M'hamed D. Seule, Madame la présidente restera austère, impassible, sûre d'avoir accompli sa mission. En effet, une erreur judiciaire corrigée, ça réchauffe le coeur, le cerveau, tout le corps humain sauf qu'ici ce n'est pas une erreur judiciaire, on est très loin. Il s'agit d'une faute technique, simplement. Et la justice est belle lorsqu'elle se remet en question sans tambour ni trompette.

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