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Eclaboussée la famille

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Lorsqu'un inculpé de faux a pour témoin son propre frangin, toute la famille se sent plus qu'humiliée...

Depuis le temps que nous tirons la sonnette d'alarme à propos de l'amoncellement des affaires judiciaires et donc suggéré depuis des lustres un réaménagement des juridictions à populations incontrôlables, il nous paraît aujourd'hui opportun d'écrire: «A quand un vrai et solide découpage judiciaire? oui, quand?» Le comment relève des travaux d'une véritable commission avec un vaste et important chantier.
Karim B. a été condamné par défaut à 10 ans d'emprisonnement pour détournement de fonds puis acquitté après avoir suivi les voies impénétrables du recours. Aujourd'hui il est poursuivi pour faux. Son frère, un contrôleur des impôts, est...témoin.
Maître Nassima Aïd, l'avocate de Karim B., avait la gorge nouée pour tenter de sauver son client contre qui le procureur avait requis une peine de prison ferme de trois ans. Il faut dire que le conseil a dû improviser car elle a changé de stratégie à partir du moment où Karim s'est mis à table.
Après avoir «asséché» les lèvres épaisses que domine une grosse moustache noire et fournie, le président du tribunal fraîchement placé rappelle étrangement le juge des années 1990, aujourd'hui à Boumerdès venant de Tipasa où il exerça huit courts mois...
«Les photos du passeport et du permis de conduire sont les miennes. Les documents eux ne m'appartiennent pas» avait enfin articulé le jeune prévenu qui n'avait pas cessé de regarder sa jeune et charmante avocate. Cette dernière aura tout le temps de plaider la chance à saisir en Europe, la dépression qui l'a «ligoté» quand il avait entendu le verdict prononcé par défaut, le mérite d'avoir reconnu les faits qui lui sont reprochés, les circonstances atténuantes: «Même si vous le condamniez lourdement, ajoutez le sursis, il le mérite» avait conclu Maître Aïd, le visage bleu, les yeux rouges et à bout de souffle. Il y avait de quoi avec un taux d'humidité dans la salle d'audience à faire hospitaliser. Il est bon de rappeler l'épisode qui a vu le prévenu mentir et le juge se maîtrisant jusqu'à lancer un: «C'est inouï ce que les gens jouent à l'indifférence alors qu'ils risquent gros.»
Le président a grogné. Il a même rugi à l'intention du frangin de l'inculpé, venu à la barre en qualité de témoin: «Même si vous n'êtes pas inculpé, j'ai la nette impression que vous êtes un drôle de pauvre coco-complice.»
Il lui a même rappelé qu'en sa qualité d'inspecteur des impôts, il n'avait pas eu un comportement d'un agent assermenté. Puis il a eu soudain une question brûlante: «Qui a donc établi ce faux?» Le prévenu a répondu sans réfléchir: «C'est une jeune fille qui travaille à Bab Ezzouar.» Le magistrat marmonna quelque chose de ce genre: «Et allons-y pour une administration toujours si malade» malgré une lutte acharnée contre la bureaucratie...
Le temps du délibéré, l'épouse, la maman, la soeur, le beau-père pleuraient à chaudes larmes. L'avocate espérait au plus profond de ses tripes le sursis.
Hélas, le verdict va être autour de dégâts affectifs même si le frais condamné à une peine de prison de un an ferme a gardé la tête froide tout comme son avocate qui pense que Karim B. va interjeter appel et il n'a que dix jours pour le faire car il n'est pas dit que le verdict soit revu à la baisse.
Les voies de la justice restent impénétrables surtout que les sentences sont très rarement corrigées au bonheur des prévenus... des inculpés ou des accusés.
Des groupes à prendre en charge dans le strict respect des droits de l'homme car en 2014 et à sa fin, la société a besoin d'un coup de reins pour que plus jamais on ne parle de contrainte, d'actes répréhensibles des éléments des services de sécurité dont l'écrasante majorité se comporte dignement grâce aux efforts de l'Etat dans tous les domaines, en matière de justice en priorité.

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