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Une victime absente mais incisive

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L'ex-épouse poursuit son ex-mari qu'elle a envoyé en taule via un mandat d'arrêt, via un jugement par défaut

Lorsqu'une ex-épouse décide de «descendre en flammes» son ex-mari et père fautif envers ses enfants, il ne reste que les «anges descendus» du ciel pour lui venir en aide. Imaginez une seconde que l'ex réside à l'étranger, s'appuie sur les sentiments, le Code pénal, le parquet, le mandat d'arrêt, voire la transmission de fausses adresses de l'ex-poursuivi...
Maître Benouadah Lamouri, l'avocat de Mohamed K., s'avance vers la barre et explique à Mme la président, que l'ex peut récupérer son dû, en l'occurrence, le montant de la pension alimentaire de son enfant vivant avec sa mère à l'étranger. «Suite à un jugement prononcé par défaut (citation directe) mon client a fait l'objet d'un mandat d'arrêt et d'un an de prison ferme» signale l'avocat qui attire l'attention de la juge que cette affaire relève des tribunaux de Hussein Dey ou de Bir Mourad Raïs, lieux de résidence des belles-soeurs du détenu car la maman réside en Europe. Il a demande donc l'incompétence pour faire plus sérieux, plus crédible.
La question préjudicielle achevée, l'avocat a caressé son menton et revient près du pupitre du ministère public dont le représentant rectifie: «Ce dossier n'est pas sous la coupe de la citation directe, mais d'une autre procédure. Le délit présent peut être traité ici ou ailleurs.» Madame la Présidente décide d'aller au fond. Le prévenu rappelle que le.jugement du divorce a été prononcé par défaut. «Je n'ai pas vu mon fils depuis six ans. Je n'ai jamais eu de nouvelles. Elle adressait les convocations et la notification à une adresse fictive. C'est pourquoi je n'ai jamais été au courant de la pension alimentaire», récite l'ex-époux qui va entrer dans un monologue insupportable pour ce qui est des mille malentendus nés depuis le divorce et dira les larmes aux yeux l'ex: «Je ne suis plus en mesure de souffrir à cause de cette dame qui veut à tout prix se venger du destin.»
Et d'ajouter: «Je suis pour rien dans le divorce. C'est elle qui avait cette idée fixe et je...», «Arrêtez», ordonna le juge du siège qui prie les parties de ne pas déborder de l'inculpation et de cesser de parler au passé et du passé: «Le tribunal ne permettra plus aucun écart et je vous préviens, la loi m'offre un éventail de mesures si par malheur vous vous entêtiez à poursuivre cette bataille de mots et à distance» prévient la magistrate.
S'apercevant que son défenseur avait le dessus sur l'inculpation, Mohamed K. s'enhardit et entre dans une situation cocasse où il parle de l'indulgence du tribunal (ce sur quoi, s'étale Maître Lamouri, les conseils du ministre de la Justice sur l'abus de la détention préventive et surtout le fait que le tribunal sur «harcèlement» de son défenseur a compris le manège. Il dit: «Où est-elle? Où est la maman blessée, humiliée de voir ses enfants avoir faim?»
Le Procureur ne veut rien savoir: «Lorsqu'on a un enfant, on cherche après lui, on n'attend pas de notifications de justice». Il requiert une peine de prison ferme de un an. Maître Benouada Lamouri revient rapidement aux faits et refuse de faire perdre son temps au tribunal qui n'ignore pas que l'ex réside à l'étranger et tout le monde sait ce que cela veut dire.
«Cela fait plus de quarante jours de détention abusive, c'est un peu trop pour quelqu'un qui apprend son divorce par un mandat d'arrêt», murmure le conseil qui demande plus de lucidité dans cette affaire scabreuse, minée, bâtie par une ex rongée par la vengeance et l'ambition d'exercer en Europe: «La preuve? Elle est en Algérie pour cette semaine et elle est absente à la barre. Elle aurait pu venir confirmer le versement du montant dû.»
La présidente tape sur le pupitre: «C'est bon! On vous a assez entendu. L'affaire est mise en examen pour la semaine suivante», siffle la juge qui fait semblant que l'ex-époux négligeant son enfant restera en taule encore une huitaine.

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