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Au "Saloon" de coiffure

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Est-ce qu'un salon de coiffure pour dames peut abriter un auteur de menaces et de diffamation?

Il arrive souvent que la justice ait sous ses aisselles de rudes dossiers qui valent le coup de perdre un temps précieux.
Mais lorsqu'une affaire laisse apparaître deux délits dans un salon de coiffure féminin, ici, la justice ne peut s'écrire qu'au... féminin.
Noura CH., 37 ans, a déposé plainte contre Rabah B., l'époux de sa patronne du salon de coiffure. Elle évoque les menaces et la diffamation. La procureure demande du ferme et du fort (deux ans). Les avocats sont ahuris. Entre le «sortez de suite» de Rabah et le «sors d'ici sinon...», monsieur le président tente de trouver la faille. Mais est-ce vraiment un flagrant délit?
Les faits sont vite énoncés et fixés par un juge qui a visiblement bien étudié le dossier.
Rabah en a marre de Noura, l'employée de madame l'épouse, propriétaire du salon. Il en a trop entendu sur la conduite de Noura qui ne supporte pas la manière peu cavalière d'avoir été «remerciée» par quelqu'un qui n'est que le mari de madame, la seule propriétaire. Elle finira par se désister à la barre surtout qu'elle a vu l'état psychologique du détenu, un cadre que ses conseils ont présenté comme un modèle dans notre société, du côté de Belfort, d'El Harrach. Alors menaces ou pas? Diffamation ou pas? La justice appelée à la rescousse se doit de trancher. Mais entre le désistement de la victime et les demandes de madame la procureure, celle-ci a fait de telle sorte à nous faire oublier les procureurs aux seules demandes mécaniques... Il faut souligner cette fois qu'il y a des audiences moroses par le contenu, soit de l'inculpation-bidon, soit par la présence manifeste de vices de forme, ce dont profitent les avocats rompus aux grandes manoeuvres pour introduire d'emblée des questions préjudicielles soit les plaidoiries sont pâles et n'ont donc point d'épices. Tristes!
Mais, depuis le siège du parquet, la jeune procureure de la fameuse promotion qui fait tant parler d'elle (la procureure de Sidi M'hamed) et a eu à croiser le fer avec Maître Lamouri et Maître Mohamed Kadri autour des demandes jugées excessives parce qu'elle a ressenti le besoin d'effectuer une réplique aux deux plaideurs qui défendaient un cadre inculpé de diffamation et de menaces. Elle a donc passé trois bonnes minutes à justifier les deux ans de prison ferme requis dix minutes plutôt. Et la réplique de tomber...
«M.le président, le parquet n'effectue pas de demandes sur un coup de tête. En intimant l'ordre d'évacuer le salon de coiffure», cela s'appelle des menaces en prétendant que Noura avait... hum, hum!!! c'est de la diffamation.»
Le «hum, hum» de la représentante du ministère public voulait dire mal, mal, mal, soit des «cochonneries» à ne point relater ici par respect à la déontologie, à presse et la justice.
D'ailleurs, le président a fait en sorte à ce que ce dossier ne soit pas débattu à huis clos.
«Ce sera une leçon pour tous!» avait-il balancé devant une assistance bon enfant.
Auparant, Maître Kadri et Maître Lamouri ont soulevé l'article 41 du Code de procédure pénale pour dire qu'en matière de flagrant délit, cette affaire a fait que les procès se tiennent quatre-vingt-dix jours après les faits: «C'est un scandale» s'est écrié Maître Benouadah Lamouri. «C'est malheureux» a dit Maître Mohamed Kadri qui a protesté contre cette manière de faire «car de toutes les façons, mon client ne s'est adressé qu'aux employées leur demandant de fermer la porte au nez de Noura. Il ne l'a jamais menacée. Pour ce qui est de la diffamation, «fermer la porte n'est pas une tare». Il est libre de le faire. Rabah ne veut pas qu'il le fasse au salon de coiffure, cela lui a coûté six mois avec sursis et une détention de trois mois», a rugi l'avocat de Khemis El Khechna qui, tout comme son confrère de Dar El Beïda, rappellera fermement les recommandations de Tayeb Louh, ministre de la Justice qui n'a cessé depuis son installation le 11 septembre 2013, de marteler que le parquet se doit de prendre en main toute enquête commencée par les éléments de la police judiciaire dont certains ont commis des bévues indignes de l'aura du ministère public, ce cher ministère public, la véritable colonne vertébrale de la justice quotidienne.
«Oui, dans cette histoire, monsieur le président, il y a eu beaucoup de vices de forme avec un Algérien en détention préventive!» s'est exclamé Maître Lamouri en s'adressant au tribunal avec un oeil sur la procureure qui, elle, ne voulait pas battre des cils comme si elle voulait marteler: «Maîtres, vous êtes libres de relever ce que bon vous semble, mais ce dossier a été excellemment ficelé car les faits sont avérés!»
Le malheur c'est que l'inculpé, lui, avait plusieurs fois répondu aux nombreuses questions du tribunal et du parquet pour dire une chose et son... contraire. De quoi pousser le siège à condamner au sursis à titre... humanitaire car le diffamateur, le «menaçant» a payé dur...

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