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Un Malien aux "Genêts"!

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Diabara, le Malien, a fait un sacré bon bout de chemin jusqu'à Tizi Ouzou... où...

Diabara est un jeune Malien trapu, aux jambes d'un marathonien grec de l'Antiquité, qui est poursuivi à la cour de Tizi Ouzou où le tribunal de cette belle cité lui a infligé un deux ans d'emprisonnement ferme pour faux et simulation de faux billets étrangers, une pratique aujourd'hui connue de tous sauf que ce Diabara, connu sous le pseudonyme de Hamza, se défend d'être coupable.
Devant le trio Abdenasser Faoussi-Abdelhalim Bezaoucha et Ouareth, le prévenu supplie la justice algérienne de lui constituer un avocat, le président marche et fait plaisir et prie une avocate (enceinte) de jouer son rôle bénévole de défenseur. Elle a même la gracieuse permission de la cour d'examiner le dossier, histoire de se faire une idée.
Et au moment voulu, alors qu'une pluie diluvienne arrosait la région de Tizi, le procès commence ainsi:
«Prévenu! Vous avez décidé de plaider innocent, c'est votre droit, sauf que vous êtes prié de nous raconter tout depuis votre départ de Bamako (Mali) pour l'Algérie, car Tam-Tizi ce n'est pas facile à traverser mâchonne le juge, pas lassé du tout vers les 14h42 et après avoir épuisé un monstrueux rôle.
- Monsieur le juge. Je suis venu à Bab Ezzouar confectionner des habits maliens aux clients d'ambassades des pays du Sud du Sahel. Je n'ai jamais mis les pieds à Tizi Ouzou. La seule fois que j'ai tenté une occasion avec quelqu'un que je ne connaissais pas, le rendez-vous à la gare routière de la ville ayant été arrangé par «phone», j'ai été surpris par l'arrivée de la police qui m'attendait...
- Oui, car celui avec qui vous aviez rendez-vous est la victime. Votre victime», coupe à dessein le président qui va alors constaté que le prévenu suait énormément, signe évident que Diabara avait toute sa carcasse qui tremblait au moment où il tentait de répondre sans bafouiller, sans trop donner l'impression qu'il était coupable. Le pauvre étranger perdait de sa superbe à chaque question posée et s'enfonçait encore plus en répondant.
Il est vrai que le dossier a été bien ficelé par les enquêteurs car le seul fait que Diabara fut arrêté à la gare avec une valise contenant les «outils» pour fabriquer de faux billets avec le fameux produit «sorcier», c'était l'évidence même surtout si l'on ajoutait les numéros d'appel sur ses deux portables avec la victime.
Au fur et à mesure de l'interrogatoire, le prévenu continuait à suer. Mais au moment où son avocate plaidait, il chialait, chialait, chialait sans émouvoir quiconque surtout lorsqu'il a eu la mauvaise idée de lancer à la cour: «Les Noirs ont mauvaise réputation ici.»
Une réflexion qui a fait réagir un avocat de la ville qui nous siffle à l'oreille: «Le pauvre mec ignore que nous avons plus de Noirs algériens dans notre pays qu'au... Mali!».
Entre-temps, Bezaoucha, le magistrat, avait sorti des photos et exhibé en direction de l'assistance les preuves matérielles du délit.
«Il s'agit bien de votre valise? dit-il et le prévenu de répondre - Oui, Monsieur le juge, mais j'étais venu à Tizi vendre des habits
maliens. Je ne comprends pas le comportement du monsieur qui m'a invité ici...» Le juge fait mine de ne pas avoir entendu.
Saâdou, le procureur général, venu de Béchar, fort de son expérience au Sud, est plutôt silencieux, et suivra tout de même, le monologue du Malien qui avait peut-être envie de tomber en beauté car il a su que tout était contre lui-même. Même Maître Goussem, son avocate, a tout tenté en vue de semer le doute. Bezaoucha était, tout comme ses deux conseillers, édifié sur la culpabilité du tailleur, selon ses dires.
Il faut tout de même souligner que le conseil a joué le franc-jeu en ne plaidant que ce qui était avalable en matière de droit. Les carottes étaient visiblement cuites pour le détenu qui sera interpellé par le président en ces termes:
«Diabara, vous êtes malade car vous suez depuis maintenant plus d'une heure?»
Le prévenu répondit par l'affirmative étant sûr qu'il allait être définitivement condamné même s'il avait pris la précaution de suivre l'énoncé de la date du prononcé de la sentence, le dossier étant mis en examen - sous-huitaine - une mise en examen qui devra permettre au trio de magistrats de bien revoir les zones d'ombre qui ont surgi durant les débats, surtout cette histoire non achevée qui soutient fermement que l'Africain du Sahel était déjà venu à Tizi Ouzou en compagnie d'une personne comme de la victime qui a même précisé que les deux hommes s'étaient donné le temps d'un tour de passe-passe qui voit du papier devenir un billet de banque!
Surréaliste situation sur laquelle n'a pas pesé l'«acharnement» à vérifier en convoquant le fameux témoin de la première rencontre. Mais pour la chambre correctionnelle, les preuves déposées étaient plus que suffisantes et édifiantes...

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