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Des roses pour maman!

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Les violences envers les parents sont légion. La loi existe. Il reste le savoir-faire des juges. Belalta sait s'y prendre.

Devant le président de l'audience correctionnelle qui arborait une mine qui n'était pas celle qu'on lui connaissait d'habitude et qui augurait une affaire grave, une maman explique les raisons qui l'ont poussée à déposer plainte à l'encontre de son rejeton de fils pour coups et blessures volontaires et menaces de mort et tout le chapelet d'injures qui suivent généralement l'ire d'un enfant qui s'emballe follement et donc finit dans le puits sans fond, tournoyant, tournoyant...
«Je suis venue, accompagnée de ma fille et de ma bru, rendre visite à une parente malade au domicile de mon fils, domicile qui m'appartient d'ailleurs, quand ce dernier me barra la route en nous insultant, je l'ai giflé, il m'a tordu le bras et m'a repoussée violemment», a mâchonné la mère qui épelait presque devant tant de douleur. Une douleur doublée de chagrin, un chagrin ne devant cette assistance si nombreuse que l'on se croirait dans une salle de sport «co» où se joue une demi-finale de coupe d'Afrique et l'Algérie y est finaliste.
Le juge somme l'inculpé de répondre à cette très grave inculpation. Il nie tout ce qui lui est reproché. Le président invite les témoins, la soeur de l'inculpé et sa belle-soeur (la femme de son frère) à dire ce qu'elles avaient vu et entendu.
Nous assistons à la même rengaine que le récit de la maman. «Inculpé, on ne lève jamais, au grand jamais, la main sur une mère» tonne le juge, qui ajoute: «Quand elle a levé la main sur toi, il fallait, soit la serrer dans tes bras pour éviter d'être giflé, soit quitter les lieux mais encore une fois, jamais, au grand jamais, ne refaire ce que tu as fait. Car la malédiction de ta mère te poursuivra pour le restant de tes jours», dit le président, agacé, mais calme, avant de redemander à la mère si elle pardonnait le geste de son fils: «Ce n'est pas après lui que j'en veux mais à sa femme, c'est elle qui le pousse», dit-elle, sans craindre d'être contredite par personne dans la salle, comme si elle savait que son statut de... victime «la protégeait» de toutes les exagérations crachées sous l'effet de l'ire.
Le magistrat comprit que l'inculpé était entre le marteau et l'enclume, d'un côté, la mère, de l'autre la femme.
«Dilemme quand tu nous tiens et histoires qui suivent», devait-il penser au plus profond de ses tripes, car il ne lui est pas permis de penser haut et de ne jamais étaler au grand jour ses états d'âme et pire, de ne jamais faire dans les sentiments, car il ne fait qu'obéir à la loi en l'appliquant sans commentaire.
C'est ça le rôle d'un magistrat. Il a un dossier sous les yeux, deux parties en conflit, sa conscience et la loi à appliquer sereinement... Ya Allah! Combien de juges du siège se comportent ainsi?
De nombreux, certes, mais ceux qui ne le font pas, demeurent indignes, vis-à-vis de leur conscience mise à l'épreuve.
Pendant ce temps, l'inculpé avait tourné la tête à l'arrière de la salle pour vérifier si madame s'y trouvait bien. Vous pensez bien que non! On n'a pas idée à être derrière les ennuis du mari et venir jeter un oeil sur la suite des événements.
Probablement que madame suit les débats par portables interposés. Il y aurait bien une cousine, une voisine, voire une copine, tout simplement, en «mission» dans les parages. Ce qui est certain, la belle-mère, elle, est sûre que sa bru n'a pas intérêt à montrer le bout du nez...
«Tu peux suivre ta femme mais jamais pour agresser ta mère et ce, quel que soit le prétexte», dit le président, qui, devant cette famille déchirée, a perdu de sa jovialité et son regard serein, mais est resté raide, réservé. C'est ce qui est attendu d'un magistrat devant de tels spectacles!
Il est très rare que le président sorte de ses gonds, mais qui ne l'aurait pas été devant ce cas d'une extrême gravité? Presque toutes les personnes présentes dans la salle ont eu la larme à l'oeil, en voyant l'inculpé pleurer à chaudes larmes regrettant amèrement son geste.
Les remontrances du président y étaient pour beaucoup, il faut le souligner, et c'était très bien de la part de ce jeune magistrat nommé Mourad Belalta, qui fait la fierté de son papa retraité, à El Khemis, où il coule des jours heureux...
Après avoir été bien sermonné, l'inculpé, père de trois enfants en bas âge, et si ce n'était ces derniers et le pardon de sa mère, la loi aurait été appliquée avec sévérité et surtout dans ce cas.
Mohamed a écopé d'un an de prison assorti du sursis, de quoi calmer les esprits. L'inculpé saura les effets du sursis, cette véritable «épée de Damoclès» au-dessus de sa tête. Et gare à la prochaine fois, l'incarcération pourrait lui valoir beaucoup de désagréments.
Il l'a déjà essayée 12 jours, lors de la «préventive» ordonnée le jour de sa présentation devant le ministère public par un certain Mohamed Lamari qui avait pourtant averti la maman-victime qui a tenu à poursuivre son rejeton, peut-être pour qu'il réfléchisse à l'ombre...

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