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L'amour, cette braise

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Dix jours de fréquentations douces entre un jeune policier et une jeune fille d'un «ponte» et c'est la... «crim»...

Tayeb Hellali demeure, qu'on le veuille ou pas, un honnête et courageux magistrat. Il l'a, à maintes reprises, prouvé. Et sur le siège SVP.
Il le prouve à chaque fois qu'il préside une audience correctionnelle ou criminelle. Pour lui, c'est kif-kif. Il est égal à lui-même dans tous les dossiers qu'il décortique en se donnant beaucoup de mal et par ricochet, beaucoup de bien et de plaisir lorsque les gens l'évoquent en termes élogieux.
Mardi dernier, c'est Maître Mohamed Djediat, l'avocat de Patrice-Lumumba, qui a offert sur un plateau en argent brillant une occasion en or de se mettre sous les feux de la rampe.
Hellali avait en face de lui Riad B., un accusé de 29 ans, inspecteur de police de corps, de viol sur A.T., 25 ans (donc pas mineure de son état).
Et lorsque nous évoquons les termes de l'alinéa 1 de l'article 336 du Code pénal qui dispose que «quiconque a commis le crime de viol est puni de la réclusion à temps de cinq à dix ans...».
Et puisque nous sommes en train d'évoquer un dossier où le huis clos a été de rigueur, nous avions été donc obligés de quitter la salle d'audience pour y revenir 50 minutes plus tard en vue de prendre acte de la lecture du dispositif du tribunal criminel dont le président avait été formidable en lisant à haute voix les attendus, les questions et réponses des membres du tribunal criminel, le tout, en audience publique.
Et votre serviteur se contentera du seul dispositif et des avis des proches du procès pour vous servir cette chronique de la fin février. Il est nettement apparu à la suite de la lecture de la première question que l'accusé Riad B. a violé A.T. La réponse a été non. Seulement, la malheureuse rencontre entre Riad et A.T. allait permettre aux deux jeunes de faire fausse route par un début de câlins et autres sorties dans Alger.
Et un début de câlin va automatiquement à d'autres attouchements couverts par des promesses d'amour, des promesses d'amour qui s'avéreront des braises rouges brûlantes au toucher! On ne vous dit pas!
La chaleur des mots balancés par A.T., heureuse d'avoir trouvé un homme jeune, beau et par-dessus le marché, flic! Un flic, ça mène aux fantasmes.
Avec ses 25 printemps, la jeune fille sait que de nos jours, le mariage est une rude et périlleuse entreprise, voire une prise de risques à affronter quotidiennement. C'est pourquoi, au bout de dix jours de «roucoulements», la fille a dû se cogner le front sur le mur, le soir avant de se faufiler dans son lit... Et comme la nuit porte conseil, elle se réveillera le 11e jour pour demander à Riad le Annabi de s'avancer vers le papa, pas encore au courant du p'tit ami de mademoiselle A.T.
Alors, probablement, et cela Riad ne l'a jamais dit à la barre, il a dû imaginer que sa réponse pleine d'épines allait pousser A.T., la jolie, à réagir. Et réagir pour une p'tite amie, c'est tout simplement couper court à la relation des dix jours d'un amour... bancal, car visiblement insupportable pour la jeune sans mariage avec son cortège de demandes de fiançailles, la mairie, la Fatiha, le cortège, la robe blanche, les invités, la salle des fêtes, la musique, la danse, la soirée et la nuit de... noces avant le voyage pour une lune de miel... sucrée, aromatisée, veinarde!
Une autre probabilité (tiens, nous imitons la police judiciaire, le procureur, le juge d'instruction et celui du siège). C'est que le tribunal criminel avec un Hellali impérial, ce juge qui est en train d'aiguiser ses armes pour le dossier de l'autoroute Est-Ouest, a dû ne pas s'accrocher au viol, celui évoqué par l'article 336 (alinéa 1) mais, et cela peut être vrai, de viol, point et c'est pourquoi, seule la tentative de viol a été retenue!
A la question suivante de savoir si l'accusé a commis le délit de vol de bijoux de A.T., la réponse a été «oui» à la majorité des voix du tribunal criminel.
Toujours selon l'arrêt de renvoi, A.T. a expliqué qu'outre les coups et blessures, il y a eu un vol d'une chaîne en or et d'un phone de luxe ainsi qu'une somme d'argent en liquide.
L'accusé a évidemment rétorqué non, car les faits s'étaient déroulés du côté de la majestueuse forêt de Baïnem où le couple du moment se trouvait quasiment seul comme sur une île déserte. Ainsi, point de témoin au grand dam de la plaignante qui avait gardé une attitude digne, loin des séquences de «cinéma» vécues souvent dans les salles d'audience en vue d'émouvoir les robes noires.
De son côté, Maître Mohamed Djediat, l'avocat de Riad était ligoté par le devoir de réserve et le secret des débats avait dû, car le connaissant depuis maintenant près de 30 ans d'exercice au barreau et à la barre, casser la baraque face à un Hellali tolérant mais dans les limites des us et coutumes des juridictions.
Et lorsque nous écrivons que Maître Djediat casse la baraque, nous pensons sincèrement à tous les avocats qui font de même lorsque les justiciables qu'ils défendent valent le coup de l'être!
D'ailleurs, à la fin de l'audience, Maître Djediat nous a donné ses impressions avec beaucoup de... vigilance: «Avec ce que nous avons vécu aujourd'hui, je peux dire que notre justice est très près de l'Etat de droit dont rêve Bouteflika.» Riad B. a écopé de trois ans fermes alors que le parquet a demandé dix!

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