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Samira saine et sauve

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Une jeune fille, Samira, aime un voisin de 27 ans qui va lui tenir compagnie vingt-quatre heures... Brrrr!

Il y a des magistrats courageux qui préfèrent aborder des délits en audience publique et donc éviter le huis clos, pas toujours nécessaire. Et cette manière de procéder permet au plus grand nombre de gens de suivre les débats qui tournent autour des mauvaises fréquentations ou encore de parents qui ne surveillent pas assez leurs enfants, ici leurs filles. Aussi, les gens doivent savoir.
Mohamed Tayeb K. est un jeune et beau brun de 27 ans qui comparaît devant le sympathique président du pénal d'El Harrach (Alger) pour détournement de mineure après le dépôt de plainte du papa de Samira, âgée de 19 ans. «Nous nous connaissons depuis quatre belles années» dit mi-triste, mi-heureux Mohamed Tayeb, le prévenu, qui est encore agréablement surpris lorsque le juge lui montre une photo-minute du «couple» prise aux pieds du parc de la Victoire d'El Madania, eux qui venaient de la lointaine Cherarba. «C'est vous?» dit sans froncer les sourcils le magistrat en tenant la photo devant les yeux de l'inculpé.
Ce dernier répond gaiement par l'affirmative. Puis il raconte en cent mots la mésaventure ou l'aventure. Cela dépend de quel côté on se trouve. Après un rendez-vous fixé à Kouba, les deux jeunes flâneront jusqu'à midi, puis Samira propose à son chevalier d'aller chez lui où ils arriveront vers 13h30. Dans la chambre de Mohamed Tayeb K., les deux tourtereaux roucouleront jusqu'au lendemain 13h30. Le juge du siège, qui a permis les débats publics, veille au grain et au vocabulaire de l'inculpé souriant...
Mal en point et sur un ton grave, le procureur pose une question, histoire de situer exactement le délit: «Qu'avez-vous fait durant ces vingt-quatre heures?» Le détenu rétorque: «Rien. Rien que de petits flirts légers.» Le parquetier est plus grave. Il n'est pas convaincu et c'est le juge qui va trancher: «En tout cas, il n'y a rien eu de bien grave puisque nous avons dans le dossier un certificat médical qui révèle que l'hymen est intact.» Pourquoi donc évoquer l'état de l'hymen et plus tard le moral du père de la jeune fille, heureusement majeure à son âge et au moment des faits? Simple. Dans ces cas d'outrage public à la pudeur, il y a aussi l'attentat à la pudeur sur mineure. Or, dans ce dossier c'est l'article 333 (loi n° 32-04 du 13 février 1982) qui va tout à l'heure trancher. Et les termes de cet article qui relève des attentats aux moeurs de la section VI du chapitre II: «Crimes et délits contre la famille et les bonnes moeurs» sont simples dans la lecture et la compréhension: «Toute personne qui a commis un outrage public à la pudeur est punie d'un emprisonnement de deux mois à deux ans et d'une amende de 500 à 2000 DA. Lorsque l'outrage public à la pudeur a consisté en un acte contre nature avec un individu du même sexe, la peine est un emprisonnement de six mois à trois ans, et d'une amende de 1000 à 10.000 DA.» Autour de cet article, Maître Djediat qui s'est écrié que rien de grave ne s'était produit, avait réussi à rendre élastiques, certains termes du Code pénal lorsque le juge le... juge d'une manière positive, i-e, un petit dérapage d'envie. «Monsieur le président, je vois aujourd'hui que vous êtes un juge. Vous n'êtes ni bon, ni formidable, ni grand, ni mauvais. Vous portez des valeurs! Oui, vous êtes tout simplement un magistrat du siège et vous devez vous comporter en tant que tel! Alors jugez, mais pas en tant que partie 'sympathisante'' envers qui que ce soit!» avait chantonné l'avocat de Patrice Lumumba. En père de famille exemplaire, le magistrat va tout entreprendre en vue de dédramatiser ce dossier où le seul papa joue à l'homme blessé, humilié, sali et tout et tout... Dans son regard clair, le président, à deux ou trois reprises s'était écrié en direction du père? «Alors, monsieur! Qu'allons-nous faire de ce jeune qui a osé passer quelques heures en compagnie de votre 'gamin''. Et cessez de répéter 'gamine'' (bnita!). C'est déjà une femme heureusement en... bon état!» Evidemment, entre penser et dire, il y a la loi. Le papa a un statut privilégié mais il ne faut pas faire prendre aux gens des vessies pour des lanternes. L'ambiance dans la salle d'audience est neutre les gens suivent, ils écoutent, seuls quelques avocats font d'interminables va-et-vient pour une raison ou pour une autre. Le couple en pleurs gigote. L'une veut vite, mais alors très vite en finir. L'autre, Mohamed Tayeb a envie de s'asseoir histoire de se reposer de la lassante position debout qui fouette les membres inférieurs, surtout que dehors le froid glacial qui sort de la... Glacière n'encourage pas à quitter le tribunal, sa salle d'audience qui sont au chaud et aux... shows, avec comme acteur une excellente magistrate très près de la justice et des justiciables. Maître Mohammed Djediat, l'avocat du jeune «Casanova», met l'accent sur justement «la sauvegarde de l'honneur de la jeune fille. «C'est une erreur de jeunesse puisque, M. le président, vous aviez averti que lorsque les deux jeunes se sont connus, Samira était mineure», a récité le conseil qui a réclamé les circonstances atténuantes tout en se conformant aux demandes du parquet, mais assorties du sursis: «Un sursis salvateur. Tendez la main de l'indulgence.» M.le juge suit M.le procureur et Maître Mohamed Djediat. Il flanque une peine de prison de un an assortie du sursis. Le papa de Mohamed Tayeb K. est heureux du verdict. Pas le papa de Samira. Et il quitte la salle d'audience, le tribunal et El Harrach avec une tête, mais avec une tête, Mon Dieu! On ne vous dit pas... Mais que voulez-vous? C'est là aussi une question d'éducation «car certains parents, comme l'a souligné Maître Djediat, lâchent facilement les rênes des gamins...»

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