Prévisions pour le 21 Septembre 2018

 Adrar Min 26 °C Max 38 °C
23
 Laghouat Min 16 °C Max 28 °C
34
 Batna Min 13 °C Max 23 °C
30
 Biskra Min 19 °C Max 32 °C
32
 Tamanrasset Min 20 °C Max 28 °C
30
 Tlemcen Min 17 °C Max 25 °C
32
 Alger Min 17 °C Max 26 °C
30
 Saïda Min 15 °C Max 25 °C
30
 Annaba Min 21 °C Max 26 °C
47
 Mascara Min 15 °C Max 26 °C
30
 Ouargla Min 24 °C Max 33 °C
30
 Oran Min 21 °C Max 25 °C
30
 Illizi Min 22 °C Max 35 °C
32
 Tindouf Min 24 °C Max 36 °C
34
 Khenchela Min 13 °C Max 22 °C
30
 Mila Min 17 °C Max 25 °C
39
 Ghardaïa Min 21 °C Max 30 °C
30
Accueil |Chroniques | La chronique judiciaire |

L'amer, le salé et... le sucré

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font

En créant l'appel, le législateur a, en quelque sorte, sauvé la face de Dame justice.

En 2008, la société Abdi loue une bâtisse chez Zohra Sahnoun pour une somme astronomique, car le loyer étant raisonnablement élevé et la location a été conclue pour plus d'une dizaine d'années. En principe, car le futur sera indécis, voire parasité jusqu'au passage en justice...
La transaction s'est effectuée sur paroles réciproques. Abdi verse un lourd acompte à la vieille dame, venue ce jeudi à Tipasa raconter exactement la version inverse de son adversaire, hier amis consentants sur tout le quotidien depuis 2009. «Nous partagions l'amer et le sucré, tout comme le salé», diront-ils l'un après l'autre à la barre. Le président veillant à l'ordre dans les interventions. Au cours de l'interrogatoire excellemment mené par le non moins excellent Hamoud Benhaoua, le président de la chambre correctionnelle de Tipasa, était solidement assisté des conseillers Salah Bouaziz et Samia Boudjellal. Nabil Doukani, le procureur général, a bien voulu participer aux débats, mais en ne posant des questions qu'aux deux témoins susceptibles d'aider le cours de la justice, en l'occurrence les banquiers qui sont sûrs et certains de ce qu'ils avancent: «C'est cette dame qui s'est présentée au guichet de la Société générale encaisser le plus normalement du monde son montant», ont-ils déclaré, car à un moment donné, la plaignante disait une chose et son contraire. Du noir, elle va au blanc et vice versa. A un moment, elle a même paniqué au cours de ses réponses, ce qui l'a poussée à s'écrier, à crier, à g... et donc il ne restait plus à juger que le rappel à l'ordre...
La relaxe allait commencer par se dessiner d'abord, par la manière de se défendre de Abdi qui a eu un comportement d'un lion défendant ses petits face aux charognards de la savane. Ensuite, le flot de bonnes questions du trio de la composition correctionnelle qui a eu la lumineuse idée de poser surtout deux questions: «Madame, savez-vous compter les millions?» La dame répondra: «Non, je suis analphabète!» Et quelques dizaines de minutes plus tard: «Madame, en ouvrant un compte en banque, aviez-vous songé vous faire accompagner d'une personne sachant compter?» Et hop, Sahnoun, sans réfléchir: «Pourquoi donc? Je sais compter mes sous, moi. Je n'ai besoin de personne...»
Dans la salle, les gens étaient interdits, alors que Maître Kenza Lemlikchi, l'avocate de Abdi, laissa échapper un rictus qui en disait long sur la suite et surtout la chute du mensonge qui n'a que trop flotté dans cette salle où des juges vigilants veillaient. Abdi venait de prouver son innocence, surtout que les banquiers ont exhibé à la face du procureur général, lui-même interdit, une copie du débit du fric tiré de la banque avec tout ce qu'il y avait de réglementaire.
On était loin, très loin de Chéraga. Les originaux étaient bel et bien là, et Linda Dabouci, la juge de la première instance, continuera «de passer à côté de la plaque», comme dirait notre ami Mohamed Chérif Ould El Hocine de l'Epsr, et aussi pour reprendre Tayeb Louh. «L'appel est créé pour corriger la faute du tribunal et interdire formellement de critiquer un verdict. Ali dit «Salim» Abdi a bel et bien régularisé la dame qui était très excitée, et pour cause... Elle lui a demandé de n'en souffler mot. Maître Lemlikchi utilisera plus tard toutes les réponses contradictoires de Sahnoun que Abdi louera par moment lorsque tout baignait dans l'huile entre eux: «C'était une bonne locatrice car elle a évalué ma correction, mais elle m'a trompé. C'est honteux. Je ne cherche que la justice!».
Maître Zaïdi, l'avocat de la plaignante, va cadrer sa plaidoirie autour de l'empreinte digitale et du faux réalisé sur le chèque et le reçu. Nous réclamons 18 millions de dinars pour le préjudice causé et trente autres millions sans conviction, car le pauvre avocat a vu sa cliente faire «eau» de toutes parts face à un inculpé sûr de lui.
Le procureur général demande l'aggravation de la peine, sans avoir suivi le dossier!!! Pleurez, Louh...
Maître Kenza Lemlikchi pour le prévenu, reprend la genèse de l'accord effectué par Sahnoun et Abdi. «Abdi est un sérieux entrepreneur dans un domaine encore plus sérieux. Concernant les signatures, aucune signature graphologique à vue d'oeil ne ressemble à une autre. Cette dame crie à celui qui veut l'entendre qu'elle n'a jamais encaissé le montant du chèque, mais a reconnu devant le juge d'instruction qu'elle a reçu 900 millions de centimes de la part de Abdi qui s'occupe de l'illumination de toutes les bâtisses de l'Etat et des entreprises. Il n'a pas besoin d'un milliard pour être riche. Quant à la lettre-certificat du débit du fric de la Société Algérienne, elle est authentique. Elle a encaissé. Vous avez sous les yeux la reconnaissance de la banque. Elle a eu le malheur de recevoir des tuiles de la part des impôts, ce n'est pas la faute à Abdi qui n'est que son locataire. Il a attaqué sur tous les fronts pour qu'elle rouvre les portes de la villa louée. Elle vous déclare qu'elle ne sait pas compter les millions et d'un autre, elle dit qu'elle a reçu des «morceaux» de sommes d'argent.
Elle s'attaque à l'expertise qu'elle trouve contradictoire: «Il y a des différences, mais aussi des ressemblances», dit-elle avant de revenir au milliard du chèque et les 900 millions du reçu signés par Sahnoun. «C'est une affaire montée de toutes pièces. C'est un dossier où le droit seul prime, rien d'autre. Le compte de Abdi a été débité le même jour du retrait de la somme par Mme Sahnoun qui n'a pas eu froid aux yeux en niant farouchement avoir reçu le règlement par chèque du loyer. Mon client me l'a confié: «L'infâme tromperie doit être démasquée!» Et c'est à vous les trois juges à le faire!», avait conclu l'avocate, optimiste car elle a eu raison: Abdi a été relaxé!

Suivez ces commentaire via le flux RSS Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha