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Le tort des absents

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Tout comme l'appel contre un jugement, l'opposition aussi a ses vertus et ses délices.

Maître Mohammed Djediat d'Alger a débuté sa plaidoirie par l'«expres sion» qui a inspiré le titre de cette chronique. Constitué en vue de tirer du bourbier son client condamné par défaut avec, en sale prime, ce fâcheux mandat d'arrêt pour vol, l'avocat a laissé planer le doute. Et le juge alors? Pas celui qui a condamné Katali par défaut, non, c'est Dahmani, réputée rigide, compétente et adroite dans ses décisions.
Hichem Katali était à Djelfa sous les drapeaux lorsque le juge l'avait convoqué, car impliqué pour vol. Il n'obtient pas la permission salvatrice. Il est absent des débats le jour du procès tenu à Chéraga (cour de Tipasa). Ce lundi, il comparaît devant Mme Naïma Dahmani, la présidente, qui sera vite édifiée par le témoignage de Housseim T., lui-même victime d'une bévue de l'instruction avant qu'il ne soit blanchi par la justice trois mois auparavant, alors que le parquet local avait trébuché suite à un dérapage des enquêteurs de la police judiciaire, pour une fois à côté du sujet. «M.le président, Hichem n'y est pour rien dans ce dossier, tout comme moi. J'ignore comment son nom a atterri sur le pupitre du magistrat instructeur», dit le témoin dans un silence imposant. Et c'est Sarah Tabarout, la charmante et vigilante procureure, qui sursaute en prévenant Housseim quant à sa déposition qui pourrait contenir des déclarations contradictoires. Elle demande la confirmation du jugement prononcé par défaut: trois ans ferme pour vol, fait prévu et puni par l'article 350 du Code pénal qui dispose que «quiconque soustrait frauduleusement une chose qui ne lui appartient pas est coupable de vol et puni d'un emprisonnement d'un an à cinq ans et d'une amende de 100.000 DA à 500.000 DA. La même peine est applicable à la soustraction de l'eau, du gaz et d'électricité. Le coupable peut, en outre, être frappé pour un an au moins et cinq ans au plus de l'interdiction d'un ou de plusieurs des droits mentionnés à l'article 9 bis 1 et d'interdiction de séjour dans les conditions prévues aux articles 12 et 13 de la présente loi. La tentative du délit prévue à l'alinéa précédent est punie des mêmes peines que l'infraction consommée».
Et heureusement pour l'inculpé du jour, il aurait commis sans violence ni menaces, ni à l'encontre d'un malade invalide! Car il aurait été poursuivi par l'article 350 bis (loi n°06-23 du 20 décembre 2006) car la peine d'emprisonnement est carrément doublée. De deux à dix ans, SVP!
Pour le pauvre Katali, les faits qui l'accablent sont d'une nature routinière pour les jeunes délinquants. Il aurait, selon l'inculpation, rendu visite à un véhicule en stationnement en compagnie de Housseim T., un jeune B.C.B.G qui n'est pas prêt à oublier les affres des poursuites et les sarcasmes des voisins qui ne ratent jamais l'occasion de colporter et de grossir des faits souvent imaginaires...
Une chose est certaine, selon l'avocat de Patrice-Lumumba, «il n'y a ni preuves ni témoins, et les objets volés n'ont jamais été retrouvés, et encore moins dans le domicile du malheureux Katali» que la juge regarde avec beaucoup d'intérêt, surtout lorsqu'elle apprendra plus tard que le jour du délit, le gus était avec les bidasses très loin des Dunes et des Vergers.
Maître Djedia, décidé, est si sûr de la cause défendue qu'il plaide en deux langues avec l'aimable tolérance du juge à qui il importe de chercher la vérité dans n'importe quelle langue. Le défenseur pourfend le procès-verbal du magistrat instructeur.
Mademoiselle la procureure ironise en proposant de poursuivre le juge pour... faux. Le conseil s'accroche au témoignage de Housseim: «Si l'honorable tribunal se penchait sur les dates transcrites sur les procès-verbaux du juge d'instruction, il s'apercevrait qu'au même moment, mon client se trouvait au Service national», s'est écrié Maître Mohammed Djediat qui a supplié madame la présidente de laisser Hichem rentrer chez lui, car les termes de l'article 350 du Code pénal sont plus qu'éloquents et que son client n'avait rien à voir avec cet article: «Il n'a ni volé la voiture. Il n'a pas épié durant le vol. Il n'a pas été receleur de cette voiture, n'était-ce Mimouni qui a évoqué le nom de Hichem, nous ne serions pas ici.» Dahmani sourit, remercie l'avocat d'avoir été concis et décide de réfléchir, le temps de revoir les arguments des uns et des autres.

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