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Les bourreaux de mon fils

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Voilà maintenant près de trois semaines que le jeune Sid Ali D., 20 ans, a été agressé. Ses agresseurs se trimballent à Oued Koriche.

C'est connu depuis la nuit des temps que durant le mois sacré de Ramadhan, la police, la gendarmerie bossent dur et plus que les onze mois de l'année réunis. Tous les soirs et souvent dans la journée, dans les marchés publics ou informels, des rixes éclatent entre individus ou bandes organisées. Heureusement qu'entre 21h45 et 23h15, les prières des taraouih occupent un bon nombre de fidèles loin du boucan pratiquement dans chaque quartier. Tous les soirs et jusqu'à l'aube, les commissariats et les hôpitaux font le plein. Cela va de l'indigestion au mauvais voisinage.
Les services de sécurité, tous corps confondus, courent dans tous les sens. Et ne pas rendre hommage aux troupes du 1er-Novembre de Bab Djedid ou de Béni Messous serait ingrat tant les gens s'appliquent à veiller sur la sécurité des biens et des personnes.
Des biens et des personnes dans le sens propre et large de l'expression vu que notre peuple ressemble depuis fort longtemps à ses voisins des quatre points cardinaux. Notre société connaît la mafia du foncier, celle agricole, la camora des dealers qui organisent de véritables toiles d'araignée en employant des jeunes qui, pour 2 000 DA la soirée, écoulent la «blanche» en sous-main, parfois savamment cachée au milieu de confiseries maison, des confiseries qui ne sont que la partie visible de l'iceberg.
Il y a les vols par effraction et des quartiers comme Oued Koriche (Bab El Oued) sont difficilement gérables. Un résident nous confiait, vendredi soir déjà, au deuxième jour de Ramadhan 1436, qu'il «faudra songer à utiliser l'armée (comme si l'ANP n'avait rien à faire aux frontières) pour neutraliser des récidivistes traînant un mandat d'arrêt.
Les policiers sont pratiquement hypnotisés par ces malfaiteurs qui encadrent le quartier grâce aux pots-de-vin offerts à tous ceux qui cherchent à rétablir la paix dans ce merveilleux coin d'Alger où de grands hommes et d'immenses femmes ont vu le jour. Il y a tant de crimes impunis et des dizaines de délits divers que les gens ont baissé les bras de désespoir, de peur de représailles. Surtout avec cette histoire révoltante et qui ne devrait pas exister sous l'ère de Tayeb Louh, le ministre de la Justice, garde des Sceaux. Follow me.
Il y a une vingtaine de jours au Climat de France (Bab El Oued), un jeune de 20 ans est séquestré par des gens sans scrupule. Il est tabassé, traîné sur la chaussée, enfermé dans un hangar, déshabillé, filmé tout nu avec la danse du «feu» et autres sévices. Il s'en tire avec un arrêt de travail du professeur Boussayoud K., qui certifie sur un... certificat de constatation de coups et blessures volontaires de plus de 20 lignes où on peut lire: «De multiples plaies au visage, au cou, sur les bras, sur le dos, des points de suture et autre jargon propre à la médecine.»
Se plaignant chez Anouar Sadat, le percutant procureur de la République, le papa est alors envoyé, flanqué de son avocat, Maître Nabil Oucherif à la sûreté urbaine où l'accueil sera chaleureux mais... hésitant de la police vis-à-vis du papa amer...
Une semaine d'attente, le papa qui est constamment harcelé par ces agresseurs, ne voit rien venir. Il attend sur conseil de son... conseil la lourde machine judiciaire.
Le papa apprendra même que ces agresseurs sont sous le coup de mandats d'arrêts et ne comprend pas qu'ils se trimballent dans l'artère où se trouve le commissariat. Mais ô comble de perte de l'autorité de l'Etat, le papa allait perdre connaissance lorsqu'un officier de police l'aborda, il y a trois jours, pour lui signifier «gentiment» qu'il lui est conseillé de... déménager!!! «Déménager, moi? Jamais!» Bachir, le papa de Sidi Ali, est catégorique: «Jamais je ne pardonnerai à ces criminels qui sont allés jusqu'à m'envoyer des gens du quartier pour que je retire la plainte. Non, non et non! Je ne reculerai jamais. Que croyez-vous donc? Mes deux jeunes filles étudiantes ont pleuré des larmes de sang en entendant les grossièretés proférées au niveau de mon domicile. La rate de ma femme a éclaté. Elle est diabétique. Elle souffre. Nous souffrons. La loi doit être appliquée.
Un policier m'a même affirmé qu'au moment où des agents sont allés les 'convoquer'', seulement il leur a été répondu qu'il fallait des gendarmes ou des militaires. Ils ne reconnaissent pas la Dgsn. J'ai même l'impression que la peur a gagné les uniformes. Vous n'avez qu'à constater ce qui se passe autour des étals. Ils sont prêts à constituer une bande armée grassement payée pour punir tous ceux qui leur résistent. Je vis un cauchemar.»
Depuis près de trois semaines et durant toute cette mi-Ramadhan, le père ne cesse de faire le trajet sûreté urbaine, sûreté de daïra, tribunal, avocat, sans pour autant que les «bourreaux» (une dizaine) de son fils ne soient inquiétés. Pis encore! Les malfaiteurs font du rodéo, la nuit... Le papa n'en revenait pas surtout qu'il venait de regarder le journal télévisé avec des images cauchemardesques des terroristes courant sans être inquiétés quelque part au Moyen-Orient.
«Je suis chez moi et compte y rester! J'attends car j'ai confiance en la justice et en la personne du procureur de la République de Bab El Oued qui sait ce qu'il lui reste à faire», pleure le papa de cinq enfants.
Affaire à suivre, et comme pour paraphraser Louh, le ministre, une affaire qui bouleverse l'opinion publique relève de l'opportunité du seul procureur de la République qui se doit de se décarcasser, prendre les choses en main et arriver au plus vite à des résultats probants: c'est la loi qui le veut, pas seulement Louh ou Zeghmati!

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