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Il était une fois une justice...

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Il y aura bientôt une quinzaine d'années les audiences de nuit étaient légion... La réforme est arrivée et...

Tayeb Louh, ministre de la Justice a toujours martelé qu'une justice transparente était nécessaire pour le bien de la réforme. Avant, il y avait les audiences de nuit.
Il y a de ces procès que nous ne cesserons jamais de rapporter tant cette sacrée opportunité des poursuites est mise à rude épreuve et souvent décriée à cause de nombreux vices de forme.
Depuis le temps que nous fréquentons les salles d'audience, nous n'avons jamais vu un président et un procureur dans la gêne que lors du traitement d'une affaire où l'inculpé M.B., dont le visage porte encore les stigmates de l'acné, a été incarcéré à la prison d'El Harrach pour avoir déplacé un bus alors qu'il n'était pas détenteur de la catégorie E sur son permis de conduire! Un comble scandaleux! Et la loi punit ce genre de comportement indigne.
«Une infraction!» a presque crié Kouchih, juge chargé beaucoup plus de faire attention à des bombes à retardement qu'à chercher à aller vite, d'où ces longues nuits de veille..., parfois jusqu'après le lever du jour. Triste période où les avocats baillaient sur le banc à zéro heure.
«L'application de la loi» dira Madani,ce modèle de parquetier dont les traits du visage trahissaient le fait qu'il était visiblement gêné par les propos du président de la section pénale qui a dit que ce gamin ne méritait pas la prison au vu des faits qui lui sont reprochés et qu'une amende aurait été largement suffisante. Il est tout aussi vrai que certains magistrats incultes, mal formés, cupides ne font jamais attention aux ratés qu'ils commettent...
Auparavant, les parents et amis de l'inculpé criaient leur colère en dénonçant l'injustice et le mépris «hogra» de l'Etat pour avoir fait goûter la prison à un gamin dont le seul tort est de ne pas avoir la catégorie et non le permis.
Evidemment, il y a 15 ans, le baudet enfourchait son propriétaire en justice...
Un monsieur, BCBG, sans doute un avocat, s'approcha d'eux et pour les calmer, leur dit que ce n'est pas l'Etat qui incarcère, mais le parquet qui, dans son excès de zèle, emprisonne à tout-va et que bien au contraire, l'Etat, représenté par le cavalier Belaïz, ne cesse de dénoncer ces magistrats qui incarcèrent à tour de bras, histoire de gonfler les statistiques.
Des statistiques- poudre aux yeux - juste de quoi éblouir les ministres «de passage» à El Biar. Or, Louh n'est pas de ces responsables à chiffres et à nombres...
Ce qui, plus tard dans la soirée, lors du verdict, le président comme pour s'excuser du mal qu'on venait de lui faire subir et dont la voix presque étranglée par l'émotion et la compassion lui octroya une amende de 500 DA en lui lançant: «Demain, tu seras libre mon fils» sur un ton paternaliste et ce, sous les youyous et les acclamations. Le père, digne, se leva et souhaita longue vie au président Bouteflika et au juge, il a scandé le nom de notre cher président, initiateur de la réforme, venu à temps effacer tous les dysfonctionnements de la magistrature...
Une justice humaine telle qu'on voudrait voir et revoir avec, en filigrane, un ministre qui fait tout pour rattraper un gros retard en tout et pour tous. Une chose est sûre les justiciables regretterons et pour longtemps le «Mehdi» de Chéraga. Mais les vrais magistrats, courageux, compétents, débarrassés de complexes paralysants et surtout ayant foi en notre justice, ce bien précieux qui veut qu'un peuple où la magistrature est reine, n'a peur de personne et ne craint rien, oui rien et personne.

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