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Cadeaux empoisonnés

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Le pauvre Liès T. a voulu, lors du 8 mars dernier, honorer deux femmes: son épouse et sa belle-soeur, aujourd'hui, en larmes devant les juges.

Louali Liès a écopé de trois ans d'emprisonnement ferme par-devant le tribunal de Tizi Ouzou pour le grave délit de vol par effraction, fait prévu et puni par l'article 350 du Code pénal; il s'était présenté avec un bras plâtré (une chute inattendue selon Liès).
Maître Adda et Maître Rahmoune l'encadraient, son épouse était présente dans la salle.
Le 8 mars dernier, elle a eu droit à deux cadeaux en or: un collier et une bague «que je n'ai pas volés! Je bosse dans un parking sauvage ainsi que des magasins».
Abdelhalim Bezaoucha, le président lui dit: «Quelle est votre réaction face aux récalcitrants dans le parking dont vous aviez fait une propriété privée?»
Le détenu répond: «Rien», tout en sachant le sens profond de la question pourtant claire.
Maître Rahmoune Aïssa, constitué pour Liès - débute en plaidant lentement, comme son «maître» de stage, Mostefa Bouchachi d'Alger. Il explique de la même manière que «Mostefa»que les procédures suivies sont nulles et non avenues, surtout que les bijoux supposés être volés, avaient été achetés au «Monoprix» de Tizi, situé entre trois institutions dont le tribunal de Tizi et la sûreté urbaine.
Le jeune avocat brun pose la question de savoir ce qui se passe au Souk Essebt.
«Vous y trouverez ce que vous cherchez et ce que vous ne cherchiez pas. Ce lot de bijoux achetés par mon client provient d'un revendeur de Souk Essebt. Et là, il s'écrie. Il crie. Il hurle, tout comme Maître Bouchachi, qui a tendance à élever le ton quant il le faut et juste ce qu'il faut pour se faire suivre.
Les débats ont été époustouflants grâce au juge expérimenté et honnête.
Maître Malika Adda, pour la partie civile, a effectué une brève, mais fulgurante intervention et demandé les dommages et intérêts conséquents.
Le comble pour Liès, c'est qu'il a reconnu avoir offert le lot de bijoux volés à sa belle-soeur (une bague, une paire de bracelets) et à madame (un collier et une bague), mais il a totalement oublié le flacon de parfum de luxe offert à la belle-soeur.
Bezaoucha n'en fait pas un drame face à ce gardien de parking la nuit et casanier auprès de madame, la journée, selon le témoignage spontané de la belle-soeur déprimée à un haut degré beaucoup plus que l'épouse pour, nous avait-elle signalé, l'avoir tiré du puits sans fonds de filles sans avenir et au destin «bastonné».
«Oui, je suis prête à écoper à sa place tant il a été gentil et humain en me rendant ma dignité que j'ai moi-même éclaboussée lors d'une tumultueuse adolescence dans un milieu dont vous ne pourrez jamais imaginer la gravité», a ajouté madame Touali, effarouchée à la barre comme jamais elle ne l'avait été, surtout qu'elle supporte mal les cinq ans fermes infligés par «la faute, selon elle, d'un casier chargé à souhait pour le ministère public et que Maître Aïssa Rahmoune vouera aux gémonies en expliquant que dans les pays avancés, dans tous les domaines, on ne prend plus cas du casier judiciaire.
«Oui, monsieur le président, ce n'est pas moi qui serait le premier avocat à renier votre largesse d'esprit, en ne prenant jamais compte de la présence, dans le dossier, d'une copie du casier», a martelé Maître Rahmoune qui effectuera une éblouissante intervention grâce à la tolérance du juge qui a permis à l'avocat de tout dire en un temps relativement long...
Il est vrai que pour la reprise de l'année judiciaire 2015-2016, Abdelhalim Bezaoucha, le président de chambre, encadré par le duo expérimenté Noureddine Misraoui (pas encore remis du congé!) et la talentueuse Djahida Mansouri, a montré d'excellentes dispositions ce mardi, le dernier d'août 2015 et ce d'autant plus qu'il avait une cinquantaine de détenus tous très jeunes et très beaux, mais le physique n'a jamais aidé les prévenus-détenus venus en traînant de lourdes peines infligées en première instance.
C'est pourquoi, Maître Aïssa Rahmoune, l'avocat du prévenu Liès T., a carrément emballé l'assistance puisqu'un témoin a même applaudi en fin d'intervention du jeune avocat brun.
Dans la foulée, il a même cité Edith Piaf qui avait, un jour, assisté à un bal où les stars de l'époque tel Jacques Brel et lancé: «Je ne parlerai pas de mon passé, car il est dépassé. Je suis au bal des noces justes...»
Cette mini-sortie culturelle a permis au défenseur d'attirer l'attention du trio de magistrats et de Saâdou, le procureur général de l'audience à propos du pauvre prévenu qui n'a pas eu de chance en allant à Souk Essebt acheter un lot de bijoux à offrir aux deux soeurs bienfaitrices que Liès a bien voulu honorer à l'occasion du 8 mars, la Journée de la femme, la Journée internationale, SVP. Rien que ça!
Liès attend beaucoup des trois juges qui l'ont longtemps écouté s'expliquer, souvent gauchement. Il est vrai que parler avec un cinq ans d'emprisonnement ferme au-dessus de la tête est un sacré pari que les détenus les plus endurcis ne peuvent risquer sans tiquer ni encore moins grincer des dents.
La décision sera annoncée en cours de semaine.
Le trio de la deuxième chambre va encore mieux réfléchir avant de...

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