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Les coups et blessures volontaires demeurent un délit où certaines conditions doivent être réunies pour...

Maître Réda Bekkat et Maître Mohammed Ladjel, les deux grands avocats de Chéraga et Koléa, s'étaient croisés le matin au tribunal, constitués chacun pour une partie dans le même dossier. Ils ont discuté un bon coup de tout, sauf de l'affaire du jour, secret professionnel aidant. Oui, les avocats amis, voire alliés et même frères taisent leurs affaires jusqu'au coup d'envoi. Cette journée très chaude le sera à la barre. Il s'agit de coups et blessures volontaires appuyés d'un certificat médical très mal rédigé ce qui n'arrange personne et notamment le juge du siège. Les coups et blessures demeurent un redoutable délit prévu et puni par l'article 264 (loi n°06.23 du 20 décembre 2006) qui dispose: «Quiconque, volontairement, fait des blessures ou porte des coups à autrui ou commet toute autre violence ou voie de fait, et s'il résulte de ces sortes de violence une maladie ou une incapacité totale de travail pendant plus de 15 jours, est puni d'un emprisonnement d'un an à cinq ans et d'une amende de 100.000 DA à 500.000 DA. Le coupable peut, en outre, être privé des droits mentionnés à l'article 14 de la présente loi pendant un an au moins et cinq ans au plus.
Quand les violences ci-dessus exprimées ont été suivies de mutilation ou privation de l'usage d'un membre, cécité, perte d'un oeil ou autres infirmités permanentes, le coupable est puni de la réclusion à temps, de 5 à 10 ans. Si les coups portés ou les blessures faites volontairement mais sans intention de donner la mort, l'ont pourtant occasionné, le coupable est puni de la peine de la réclusion à temps de 10 à 20 ans.»
Dans cette affaire, on a parlé de cette histoire d'agresseur et d'agressé, de certificat médical «médiocrement» rédigé, d'épouse battue, agressée, humiliée et il y a eu même une «raclée verbale» en direction de l'auteur des piétinements de procédures i-e le ministère public. Pire! Les défenseurs ont croisé le fer autour de l'inexistence de témoins sur les lieux et chaque partie avait défié l'autre de ramener, ici à là barre des témoins, surtout que les faits s'étaient déroulés au crépuscule.
Le certificat médical est flou. L'inculpé sort cette histoire d'absence de chèques le 8 juillet 2014. Il a même donné le nom, le pseudonyme du vrai agresseur du 8 juillet. «Il y a substitution de personnes mises en cause dans ce dossier. Où est passé le témoin qui s'est interposé lors de la rixe qui s'est déroulée à la «Qaria» de Zéralda, près des marchés de la localité. «Nous n'avons vu aucun témoin crédible dans cette triste affaire. Le seul soi-disant témoin est un client de la victime.»
Le dernier plaideur sera Maître Réda Bekkat qui va déclencher une plaidoirie à «strophes».
Débutant son intervention par la description et l'impact du délit: «Est-ce que la partie civile démontre un seul détail qui prouve que Djemal Adalan soit l'agresseur?» s'est écrié le conseil de Chéraga, qui assurera que ce personnage aujourd'hui inculpé, était absent du centre du pays, mais au Sud-Est.
«A18 heures au mois de juillet, la journée est encore claire. Le crépuscule était à près de 140 minutes. On peut facilement reconnaître un agresseur. La vérité est que ce personnage a eu un comportement hideux envers l'épouse battue par-dessus le marché. Il y a vengeance dans l'air.
Il n'y a rien qui prouve que notre client soit coupable. Il n'y a que les seules déclarations de la victime. Et un tribunal juge sur preuves et en présence de témoins crédibles et sérieux.
Seulement, «ça»oui, madame la présidente!» a sifflé l'avocat blond qui a été égal à lui-même égalant même la prestance de Maître Ladjel qui a plaidé net et fort, ne s'était pas limité à rappeler les faits mais a longtemps souligné l'irrespect des procédures: «Tant que dans ce pays, l'honneur des familles et la liberté des personnes ne sont pas préservés, il y aura quotidiennement des plaintes expédiées avec désespoir au cabinet du ministre qui, il faut l'avouer, n'a pas le temps de lire les milliers de feuillets noircis par des termes où l'immobilisme du ministère public est roi!» s'est égosillé l'avocat brun qui allait aussi et surtout emprunter la voie de la sagesse en laissant la... voie face à une juge qui était en train d'imaginer cette histoire de crépuscule où les faces ne sont que des ombres, donc, difficilement reconnaissables. La présidente avait été plus que tolérante car les débats étaient brûlants mais aucune partie n'avait osé franchir la ligne rouge ni s'aventurer dans les «marécages» de l'outrage au tribunal lequel, bienveillant a suivi la petite et la grosse durant 42 minutes dont 20 consacrées aux deux brillantes interventions de Maître Réda Bekkat le blond et Maître Mohammed Ladjel, le brun.
Seule, la représentante du ministère public avait une mine sans teint, surtout après le tir nourri (que la loi permet) de Maître Ladjel descendu de la «citadelle» jouer son rôle de partenaire privilégié de la justice. Bien sûr, en face l'élégant conseil de Chéraga a lui aussi dégainé, tiré et touché la cible, mais en mettant le dossier en examen sous huitaine, la présidente a préféré mieux voir de près les documents remis notamment le certificat médical rédigé dans l'exclusif jargon médical propre aux légistes que les parties en présence n'ont pu décoder. Mais les magistrats ont tous les pouvoirs pour arriver à la vérité.
Et durant la semaine, la magistrate du siège aura eu tout le temps nécessaire pour une relecture adéquate des données versées dans le dossier. Avant de se séparer, les deux défenseurs ont quitté le tribunal côte à côte, direction le café d'en face, histoire de se dégourdir d'une audience où le plaisir était remplacé par le désir de gagner la course. Cela dit, les histoires de voisinage ne peuvent indéfiniment occuper les magistrats qui ont autre chose à faire que de jouer aux réconciliateurs armés du Code pénal dont certains articles ne semblent pas calmer les ardeurs.

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