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La vista de Bourezg

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Le juge de Bir Mourad Raïs a su comment redresser les préjugés d'un inculpé d'outrage à agent de police.

Abdelhamid Bourezg, le président de la section correctionnelle du tribunal correctionnel de Bir Mourad Raïs (cour d'Alger), a ceci de particulier: lorsqu'il a en face de lui un avocat accrocheur de la trempe de Maître Mohammed Djediat d'Alger, il n'oublie pas que le dossier qu'il a sous les yeux contient des éléments qu'il a appris à l'Ecole supérieure de la magistrature et en bilingue SVP.
C'est pourquoi le jeune détenu de 25 ans qui avait comparu mercredi sous l'inculpation d'outrage à agent de police dans l'exercice de ses fonctions, avait de suite saisi le fait que ce magistrat brun n'était pas n'importe qui. Et cela surtout que durant la courte détention préventive, Souhil O. avait dû apprendre pas mal de «trucs» à cracher durant le procès, même si son avocat a dû attirer son attention sur la gravité de son acte condamnable. Les faits remontant à la veille de l'Aïd lorsqu'un agent de police avait appliqué la loi, tout simplement. Le gus venait sur une ligne continue, la chevauchant sans penser une seule seconde que le pire pouvait arriver en face.
Le bonhomme s'arrête, tire le frein à main, retient les tempes et dit: «Qu'est ce qu'il y a? Je suis pressé!». Le policier n'avait même pas eu le temps de saluer et d'en placer une que le chauffeur entra dans un monologue où la «Daoula» prenait sa part de jurons dont l'inévitable «Daoulette Mickey»! Le flic fit le nécessaire. Le fautif sortit de sa voiture, le mobile dans la main et commença à composer le 066152...
Le flic happa de vue le portable: «Je m'adresse à vous et vous voulez passer un coup de fil?» gronda l'homme à l'uniforme bleu; celui-là même qui a été formé pour secourir l'aveugle, l'écolier, le vieillard, le malade, le handicapé, l'invalide, est donc criblé de mots et de maux insupportables. Entre-temps, vint à passer une V.R. en ronde de routine. L'officier vit le spectacle. Le reste, c'est Abdelhamid Bourezg qui va le narrer, sa fine paire de lunettes sur ses narines brunes et solides comme un roc au soleil dans le désert, du sud de Laghouat...
-«Alors on a joué au cow-boy? Le policier aurait pu jouer, lui au shérif. Les barreaux, le lasso, la corde, ça connaît les Yankees...» plaisante presque le juge qui ne veut pas montrer sa désapprobation à la lecture des faits...graves et inadmissibles.
L'inculpé, la mine défaite et surtout le minois décomposé car craignant une lourde peine, même si l'avocat s'appelle Maître Mohammed Djediat; réputé coriace et toujours à l'affût du moindre couac en vue de l'utiliser durant la plaidoirie, même si l'avocat sait que l'article du Code pénal n'y va pas de main morte. Le détenu tourna la tête vers l'arrière de la salle. Il était visiblement à la recherche d'un visage familier, d'un secours venu de l'espace, lui, l'enfant de Chevalley ou plutôt Rostomia. Un enfant connu dans le quartier comme étant un impulsif, prêt à la bagarre pour un oui ou pour un non.
Selon le rapport de police, l'inacceptable comportement du gus devant le flic était à la limite de l'agressivité outre les mots devenus maux entre-temps, surtout à l'arrivée des renforts et que des policiers aient tenté de raisonner le gars qui a tout entendu de la bouche du brigadier-chef qui avait articulé:
«Ecoutez, jeune homme! ce n'est ni le moment de jouer au superman, ni encore moins le lieu pour le faire. N'aggravez pas votre cas. Restez au délit commis et nous fermerons les yeux pour le reste...» L'inculpé, qui gesticulait, criait, vociférait, menaçait, se calma subitement comme par miracle.
A la barre, le juge qui a la bonne réputation d'éplucher les dossiers sensibles était prêt à fumer le «calumet de la paix» en crachant un salvateur «hugh!».
Le détenu ne cessait de regarder en direction de son avocat venu de Patrice Lumumba en passant par «Drid-Hocine», les Annassers et la «côte» avant de s'enfoncer à Saïd Hamdine où se trouve le tribunal de Bir Mourad Raïs (cour d'Alger).
Kassem, lui, détenteur de l'opportunité des poursuites, suivait avec un vif intérêt le bel interrogatoire surtout que l'inculpé s'était vite mis à table en demandant d'emblée pardon à tous et même à son avocat qui a dû en prison, l'informer sur ce qu'il risquait au moment du jugement. D'ailleurs, au cours de sa brève mais efficace plaidoirie, Maître Djediat rendit hommage à Bourezg qui avait joué au «pompier-moralisateur» car avec son expérience étudiée à El Harrach et à Bab El Oued, le juge sait désormais qui mérite quoi.

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