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Le dentiste perd... une dent

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Le parquet reste sur les cendres du...parquet qui va, dès 2016, perdre le privilège et l'opportunité de...

Il était 15h42, lorsque Abdelhamid Bourezg, le président de la section correctionnelle de Bir Mourad Raïs (cour d'Alger) appela à la barre l'inculpé-détenu, dentiste de son état, poursuivi pour...destruction de bien d'autrui, fait prévu et puni par l'article 407 du Code pénal (loi n°82-04 du 12 février 1982). Maître Adjel, l'avocat de la partie civile (absente), salue ses deux adversaires de l'après-midi, Maître Samir Sidi Saïd et Maître Tahar Boukhari, les deux conseils rouquins constitués en faveur du dentiste qui a passé trois minutes à expliquer son fâcheux geste qui lui a valu des jours et des nuits de détention préventive. Il avait une mine des mauvais jours. Ses cheveux sel et poivre démontrent, si besoin est, la souffrance qu'il endure de par son statut d'inculpé-détenu aux «Quatre Ha».
D'emblée, Maître Adjel évoque la provocation. Les tirs qui ont fusé de partout. «Il est devenu le souffre-douleur, une cible, un homme insulté, humilié. Les témoins? parlons-en. Même ces témoins ont maille à partir avec lui. Il vit une difficile situation. Il faut le comprendre. On l'a poussé au délit.» «L'indulgence est demandée? Jamais.
- Mon client a perdu matériellement!»
Il faut dire de suite que les faits en eux-mêmes étaient plutôt graves, car en 2015, voir un dentiste incarcéré relève de la science-fiction pour certains même si, en ces temps où la justice est interpellée, même des officiers supérieurs sont derrière. Les barreaux. Les temps ont changé, l'Algérie aussi. On voudrait bien que la justice suive même la lqngue tirée, histoire de contredire les adversaires de la réforme que Tayeb Louh aimerait mener à bon port. Et les faits font que le dentiste a pour voisin à El Biar dans le plus grand, long et fréquenté boulevard, un vulcanisateur. L'échange entre les deux voisins chute rapidement sur la violence. Bourezg, le juge dans un bon jour, le regrettera à son tour. Il l'a dit. Il l'a même répété: «Un dentiste et un vulcanisateur! Tous deux étaient appelés à arranger, à réparer, à joindre les bouts. Pourquoi donc cette déviation? Pourquoi ne pas se regarder dans les yeux et faire appel à la raison?»
Le détenu soutenu dans la salle par près d'une dizaine de membres de la famille (tous médecins et cadres se trouvant dans un état mental déplorable) avait du mal à répondre. Il s'était accroché à cette réplique du juge: «Si je l'ai insulté, c'est que c'est lui qui a commencé à le faire!» L'inculpé avait suivi un pan de l'intervention de Maître Adjel, le jovial défenseur, qui avait crié face au juge: «Monsieur le président, la loi frappe durement quiconque, volontairement, détruit ou dégrade par tout autre moyen, en tout ou en partie, l'un des biens visés par l'article 396!» Oui, l'avocat de la victime s'était écrié ainsi pour reprendre que «Ighil s'est rendu coupable de bris du déflecteur de l'auto d'un copain du vulcanisateur!» Un vulcanisateur que Maître Sidi Saïd aurait bien voulu voir en face du tribunal, car «nous avons des questions à lui poser. Non! Il a préféré rester aussi muet qu'un pneu'' usé!». (rires dans la salle). Maître Samir Sidi Saïd entre en scène en s'écriant: «Je ne souhaite même pas une demi-heure de détention, car il est issu d'une famille honorable. Un vulcanisateur n'a pas voulu comprendre le mal causé par le bruit des automobilistes qui viennent réparer leurs roues.
C'est un honorable citoyen que cet Ighil poussé à la faute. Les témoins? Je n'en parle pas. Où est donc la réforme née pour mettre bas ces mandats de dépôt? Oui, quand cesseront ces mesures répressives? Et le contrôle judiciaire? Maître Tahar Boukhari, le second défenseur de Ighil va sur le droit «uniquement le droit», promet-il devant un Bourezg attentif comme d'habitude dans de pareilles joutes à la barre. «On a prétendu qu'il l'a insulté sans préciser qu'eux avaient commencé à cracher des vulgarités. Un couple de médecins malmené pour du bruit émanant du voisinage. Si nous étions vraiment des musulmans dignes, des voisions dialoguent à la sortie de la mosquée et même devant un atelier de vulcanisateur.» Le détenu, lui, était quasiment assommé à la suite des demandes de Nouredine Kassem, le jeune procureur de l'audience: «Deux mois ferme!». Et deux mois de prison, voire d'emprisonnement dans le subconscient d'un individu qui ne sait pas ce que c'est que la taule, brrr! L'épouse de l'inculpé, elle,... la soeur, le beau-frère, les amis et même un patient, on ne vous dit pas... Pourtant, à l'issue du prononcé de la sentence, vers 17 heures et quelques, ces personnes avaient retrouvé une mine colorée, car Ighil avait écopé (seulement) d'une amende de 20.000 DA pour destruction de bien d'autrui, étant primaire en l'espèce. Et ces proches, tous universitaires, ont des doutes autour de cet incident, mais devaient savoir qu'en droit, Ighil, le dentiste, s'est rendu coupable de destruction de bien d'autrui qui demeure un délit puni par la loi. L'essentiel est que le hic dans ce dossier reste le mandat de dépôt qui vit ses dernières semaines car, à partir de janvier 2016, le juge du siège aura sur les épaules la liberté des suspects... Et cela est un des plus succulents fruits de la réforme.

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