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Le beau "rôle" lourd

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Nous ne cesserons pas de le répéter. Koléa a un tribunal de l'envergure d'une cour de l'intérieur du pays.

Avec 26 détenus, le jeune président de la section correctionnelle du tribunal de Koléa (cour de Tipasa) devait penser au plus profond de ses tripes que le mois de septembre 2015 commençait bien sur le siège, Sahel, pas Hamid, l'actuel procureur général de Relizane, mais son tout jeune frangin Amine, attend le moment favorable pour jouer son rôle de représentant du ministère public. Abdelhak Nouri, le juge, écoute les interventions et réponses des uns et des autres. Il écoute sans passion, indifférence.
Il suit la petite et la grosse.
Depuis le temps où au tribunal de la «cité El Djamel d'Oran, Abdelhak Nouri sait s'y prendre. Le pénal, pour lui, est peut-être son gagne-pain, mais aussi et surtout son dada qui est de rendre justice selon la loi, sa conscience et le dossier. Côté avocats, il fait l'unanimité. Les robes noires sont à l'aise avec lui, car il a, à Koléa, jusqu'à présent, fait son boulot correctement sans se soucier de ce que peut avoir comme sentence, l'inculpé coupable qu'il a puni et qui a interjeté appel à Tipasa, cette nouvelle cour en plein apprentissage...
Ce mercredi, les délits passés au peine fin à la barre défilent sans encombre.
Maître Hayet Kadi, une des «anciennes» avocates, attend son tour avec beaucoup de patience. Elle est revenue d'un petit congé, pimpante et prête à casser la baraque, un père de famille comparaît avec la grave inculpation d'usage de faux. Il a été pris avec un passeport français excellemment contrefait mais excellemment gauche puisqu'il a été pris. Le mandat d'arrêt vidé, il est debout face à Nouri qui lui signifie le verdict prononcé par défaut (un an ferme d'emprisonnement). L'inculpé regarde avec beaucoup de crainte ses deux avocats qui vont tout entreprendre: le minimum de la sanction que la loi a prévue. Un autre dossier de coups et blessures volontaires à l'aide d'une arme blanche appuyés d'un certificat médical peu réaliste vis-à-vis des faits. Maître Hayet Kadi allait s'enflammer en flétrissant les faits... déformés par des témoignages plus faux que le faux. L'unique témoin du drame avait certifié qu'il s'était interposé en désarmant l'agresseur au poignard. «Les faits remontant à juillet 2015, ne sont réapparus que 45 jours après», s'était écriée l'avocate qui a bruyamment réclamé la relaxe, car les faits sont montés de toutes pièces y compris l'arrêt de travail. «Est-ce que la victime a réellement été agressée en juillet? Nous sommes en septembre 2015 et rien ici, dans le dossier ne prouve les faits. Monsieur le président, notre juridiction exige les preuves et le concret, pas les ragots ni un faux témoignage bancal et escamoté. Mon client est innocent. Il doit retrouver la liberté et les siens. La loi est claire. L'inculpation est non fondée», a conclu l'avocate de Koléa qui attend le verdict sur des braises...
L'avocate qui traîne plus de 12 ans de plaidoiries quasi-quotidiennes à Koléa, Tipasa, Chéraga, Hadjout, Blida (sa cour chouchou) et El Affroun (son tribunal chéri) était dans son jour ce mercredi pour tenter de démolir le fracassant réquisitoire d'un Sahel... pas... facile que son prénom puisse le laisser supposer.
«Monsieur le président, tout le monde vous reconnaît certes, une main d'acier mais aussi et surtout, votre droiture. Vous ne savez pas ce que c'est que le mépris, la hogra. Vous êtes un juge équitable. Je vous demande, lors de la mise en examen, d'être encore plus juste et surtout, vigilant, car les éléments de la police judiciaire sont, encore une fois, passés à côté de la plaque. C'est dommage! Oui, c'est même regrettable, surtout que les témoins ont eu le beau rôle...
Le conseil avait l'ouïe en direction du jeune procureur qui avait balancé les termes durs de l'article 264 (loi n°06-23 du 20 décembre 2006) qui évoque «la peine d'emprisonnement de un an et d'une amende de 100 000 à 500 000 DA, quiconque volontairement fait des blessures ou porte des coups à autrui ou commet toute autre violence ou voie de fait, et s'il résulte de ces sortes de violence une
maladie ou une incapacité totale de travail pendant plus de15 jours.
Et ce n'est pas Maître Kadi qui va contester cet article, car elle estime que son client est plutôt victime... Elle revient au dossier et à Nouri qu'elle ménage en vue de le voir plus vigilant que rigoureux dans sa décision qu'il prendra à l'issue d'une mise en examen d'une semaine.
Entre-temps, l'inculpé restera en taule, histoire qu'il médite sur son geste, même comme l'a si bien souligné son défenseur, il a été provoqué, poussé à bout... Une chute brutale dans le ravin des délits... L'audience de ce mercredi gris (encore un!) a valu par la célérité de Nouri qui a fait preuve de beaucoup de lucidité.
Il faut préciser ici que la moitié des détenus qui sont très jeunes, rend compte pour des coups et blessures et résident quasiment tous dans Bou Ismaïl et ses environs. Ah! Bou Ismaïl et ses armes blanches! Un calvaire pour la police judiciaire, le parquet et les juges du siège qui ne passe pas inaperçu! Et c'est précisément ce jeune Abdelhak Nouri au portait tout craché de son papa Abdelouahab, ministre en exercice, qui s'attache à bien traiter ses dossiers. Maître Abdellah Hamoud, le délégué du bâtonnier de Blida, s'applique à bien expliquer l'inculpation de son très jeune client poursuivi par les termes de l'article 284 du Code pénal traitant des «menaces» ne sont pas un cadeau du ciel. Huit affaires avaient été renvoyées à une date ultérieure pour des raisons diverses dont quatre voulaient d'abord constituer des conseils avant d'aller jeter un oeil dans «l'ardent âtre» de Nouri, très à l'aise décidément... ce mercredi gris avec un ciel menaçant mais sec. En deux heures, Nouri avait déjà entendu neuf détenus avec beaucoup de sérénité. Nous étions loin des audiences hachurées de certains juges tellement gauches qu'ils poussaient l'adversaire de face dans le camp des révoltés... Voire!

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