Accueil |Chroniques | La chronique judiciaire |

Ces logements qu'il faut quitter

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font

Une des plus grandes victoires de la justice, demeure ce crucial problème d'exécution des décisions de justice. A Alger, on y est...

La justice demeure, au quotidien, cette perche à laquelle s'accroche le citoyen. Pas que cela. La justice tranche quotidiennement des affaires de toute nature, même celles qui ne devaient pas quitter le commissariat de police du coin ou la brigade de gendarmerie des champs et les magistrats font en sorte à ce que chacun prenne son dû en toute équité, en toute transparence.
A Alger, les services administratifs ont souvent des litiges avec les citoyens. Ces derniers, soucieux de préserver leur dignité, saisissent la justice.
Et rien que pour cela, nous allons aujourd'hui aborder l'administratif, car de valeureux et courageux magistrats compétents travaillent dans la sérénité en totale harmonie avec les avocats.
Maître Mohammed Djediat, l'un des avocats de la wilaya d'Alger a, en ce début d'année 2016, de quoi s'estimer heureux dans ses entreprises à la barre, malgré quelques revers, respect des lois oblige, en administratif surtout...
L'avocat engage des joutes et il lui arrive d'en perdre au champ de bataille.
La dernière affaire en date, gagnée, ne l'a pas laissé indifférent et dès qu'il eut remis la requête et dit 10 phrases aux juges, nous l'avions abordé en vue d'avoir son impression autour de sa prestation de ce lundi, impressionnante prestation, on vous l'assure, surtout qu'un défenseur qui obtient satisfaction, devient un orateur hors pair, toute modestie contenue.
L'affaire du jour concerne un bouquet d'expulsions, une vingtaine prononcées en référé où Taâni excelle, avec à ses côtés, Malika Boubrik, Houria Zilaâbdi, Karima Laâbadi et sur le siège du commissariat, Taka Boussâad, un magistrat qui monte. L'objet est aujourd'hui l'expulsion de familles dont les chefs sont en retraite depuis des années. Et donc, ces récalcitrants portent préjudice à leurs remplaçants qui se voient donc devenir des locataires ailleurs.
«C'est plus qu'une question de droit!», s'est écrié Maître Djediat, c'est une question de principe. Vous avez pris votre retraite. Rendez le nid au suivant!»
La poignée de défendeurs était bouche bée devant tant d'audace émanant par ricochet du droit de la défense des intérêts de ceux qui attendent.
«La loi via le décret exécutif 10/89 du 07/02/1989 stipule que le logement est liée à la fonction et il disparaît avec la retraite ou la cessation de lien avec le travail.» Force donc revient à la loi et la force publique peut ici être lue: force de la loi dans un délai de 30 jours. Le terme «force publique» pouvant être lu: «Force reste à la loi».
Le logement doit être libéré au regard des dispositions dudit décret exécutif 10/89 définissant les modalités d'occupation des logements octroyés dans la nécessité de service ou en faveur du travail.
Dans cet esprit, le président du tribunal administratif du jour a confirmé que les logements en jeu concernent la cessation de travail et donc l'indu occupant est dans une position inconfortable par la force de la loi, sans autre considération.
Au pénal, à Hussein Dey, pour fausses déclarations, une vingtaine de candidats à l'octroi de logements dans le cadre social, ont dû rendre des comptes à la barre face à un Djediat des grands jours qui ne s'est pas gêné de flétrir ces actes indignes de notre éducation.
«Tout le monde sait que notre pays est l'un des rares pays au monde à offrir des toits, mais il ne doit pas être aussi l'un des pays où il existe un fort taux d'auteurs de fausses déclarations en vue de leurrer les autorités. Soyons sérieux, car dans la wilaya d'Alger, la vigilance est de même tout comme ce personnel qui s'échine en vue de contenter le maximum de familles démunies!», a tonné l'avocat brun qui rentrera tard chez lui, avec une profonde satisfaction du devoir accompli et pas seulement lui. La wilaya d'Alger est peut-être l'une des rares institutions du pays à passer concrètement à l'exécution des décisions de justice concernant les expulsions ou les régularisations de situations nées d'un passé triste pour l'administration et l'Etat ainsi que son autorité. C'est dire, si la justice est en train de voir germer les premiers bourgeons de la réforme-mère des profondes réformes voulues par le président de la République qui a fait, ne l'oublions jamais, de la justice, la priorité des priorités de son programme.

Suivez ces commentaire via le flux RSS Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha