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La bru, la belle-mère et la juge

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La juge d'Hussein Dey (cour d'Alger) n'avait pas eu trop de soucis pour être fixée sur le différend entre la belle-maman, la bru et les... hostilités...

Samira Ayadi, la brillante présidente de la section correctionnelle du tribunal d'Hussein Dey (cour d'Alger) est revenue sur le siège dimanche dernier après une mise en dispo de deux années, le temps que les bébés deviennent des gamins. Et dès dimanche, la brave Ayadi était en superforme, car pour une magistrate du siège, ça en est une et une sacrée juge.
Devant elle, un couple mal en point est debout pour répondre de son comportement qui a vu la belle-mère le poursuivre.
«Oui, mon fils m'a malmenée, mais il a été téléguidé. C'est elle (i-e la bru) qui tient la télécommande. La preuve? Les voisins disent que ma bru est le... mari de mon fils et c'est elle qui porte le pantalon!», dit-elle alors que dans la salle, des rires fusent, car effectivement, la dame porte un... pantalon!
Coïcidence ou pas, la belle-maman n'a pas encore fait de déclarations mensongères.
Le fiston a la mine défaite. Il est triste et doublement. Sa mère le poursuit publiquement et sa moitié est humiliée car il a vu des voisins venus de Garidi II et donc bonjour les bobards à la fin de l'audience.
La juge, elle, est comme d'habitude, toute ouïe. Elle écoute bien! Il lui arrive de prendre des notes éventuellement pour le dispositif du jugement. Elle est surtout vigilante car la vieille dame est venue vider le sac à petites et grandes histoires. Dans la salle, des justiciables semblent loin de ce qui se dit à la barre. Chaque justiciable a ses petits malheurs. Un gus en liberté provisoire attend de s'expliquer sur les joints trouvés par les policiers à Brossette, à proximité de la voiture du papa... Une dame serre contre sa poitrine une gamine d'à peine quatre ans. Elle attend de voir son ex comparaître avec le statut de détenu vidant le mandat d'arrêt lancé à son encontre pour non-paiement de la pension alimentaire (trois ans! soit la coquette somme de 36 millions de centimes).
Ayadi, elle, venait de suivre les deux courts récits des deux tourtereaux. «C'est ma mère. Je ne peux pas lui faire du mal. Je ne peux même pas y penser...», dit-il entre les dents en espérant, à ce moment même, que la dalle de sol placée du temps de Tayeb Belaïz s'ouvre et qu'il s'y enterre.
Madame, elle, une petite haute comme trois pommes nie tout ce qu'avance la belle-maman.
«Oui, je porte un pantalon, mais pas pour télécommander mon époux qui me respecte beaucoup.
Et moi, je l'adore. Mais ce que je voudrais vous dire, madame la présidente, la belle-mère a des arrière-pensées... surtout que...».
- Par exemple, demande sans sourire Ayadi qui sent le déclenchement à la barre d'hostilités dont elle n'en veut nullement.
- Elle vous le dira. Ne vous en faites pas. Je la connais et trop bien même... rétorque la dame.
- Quoi, tu me connais? C'est quoi ça? coupe la belle-mère.
- Hadja! Pourquoi cette petite guerre à la maison? Votre fils affirme être innocent et votre bru de même... martèle la juge qui va enfin être édifiée autour du dossier...
- Ils sont chez moi. C'est ma maison. Qu'ils aillent habiter ailleurs. Ils peuvent louer... crie la vieille dame qui est vite interrompue par madame la belle-fille: «Voilà, madame la présidente! Je vous avais informée sur le pourquoi de ce scandale. Elle ne veut pas de son fils chez elle!»
Et Samira Ayadi, magistrate, balance, l'oeil vif: «El Hadja, si vous n'abritez pas votre chair, qui le fera? Ce n'est pas juste. Réfléchissez un peu. Cela vous fait de la compagnie et puis Allah vous récompensera de loger votre chair.» La belle-mère ne dit rien. Elle a d'ailleurs tout dit, surtout que sa manière de regarder et son fils, et sa bru et même la parquetière, jeune, par ailleurs. Lorsque le moment était venu pour le tribunal d'ordonner la cessation des hostilités, la bru mit du sien: «Madame la présidente,» articula-t-elle, «nous vivons mon époux et moi une vie tranquille. Nous n'avons rien derrière la tête, dans le coeur. Nous ne voulons que vivre en paix. Maintenant, si la vieille» (El Hadja! corrigea en souriant Ayadi qui aime, de temps à autre, dégeler les crispations et les nerfs à fleurs de peau... La bru continua son petit récit en essuyant une larme argentée: «Maintenant, si la vieille ne veut pas de vous, qu'elle nous le dise. On peut louer dans les parages en attendant qu'Allah soit miséricordieux avec nous.» La bru a pleuré, contrairement à la belle-mère venue vider ses tripes à l'encontre du fils et de madame.
La parquetière, quoique nouvelle au ministère public, requiert l'application de la loi que beaucoup de non-initiés assimilent à la relaxe. Avec Ayadi, les réquisitions font partie du procès. Elle met sous examen le dossier avant de décider une prolongation de la mise en examen en vue de mieux avoir une idée sur sa décision somme toute juste, car Ayadi n'est pas une magistrate née des dernières pluies. Elle fait partie des juges du siège du IIIe millénaire et c'est de bon augure.

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