Quelle indépendance madame?

A Sidi M'hamed - Alger, la juge a «ciselé» la loi et même franchi les fausses déclarations

Il nous arrive souvent de regretter la justice. Souvent, nous applaudissons les prouesses de magistrats du siège dont les aînés n'ont jamais eu les mêmes avantages, les mêmes privilèges ni les mêmes vies de famille.
Oui, il y a des procès pleins d'enseignements. Aujourd'hui, il s'agit d'un jeune Algérois de 26 ans, récidiviste notoire, qui a écopé d'une peine d'emprisonnement ferme de cinq ans pour effraction, donc tombé sous les coups de boutoir de l'article 350 du Code pénal.
Ce jeune récidiviste, qui a vu son papa bouder l'audience de Sidi M'hamed, Alger, un tribunal qui a perdu de sa superbe depuis quelques années, surtout depuis le déménagement, en 2003, de la cour, du bâtonnat et des services névralgiques sis rue Abane-Ramdane.
Or, selon la victime, un enfant du Nil bleu, c'est l'inculpé Mehdi B., qui l'avait aidée à retrouver le voleur de la voiture, un mineur que l'Egyptien avait grondé et laissé partir chez lui.
Mais alors, d'où sont tombés les cinq années d'emprisonnement infligées à Mehdi, ce grand récidiviste? Et ce n'est pas une critique d'un verdict.
Au Ruisseau, en suivant la longue et détaillée plaidoirie de l'avocate de Chéraga, Nassima Aïd, nous étions pris de maux d'intestins, sans parler de ceux d'estomac! Oui, ce que nous avions entendu en face des trois magistrates de la sixième chambre correctionnelle d'Alger, ferait reculer non pas Abdi Benyounès le président de cour d'Alger, mais El Hachemi Brahmi, ce loyal procureur général qui ne mérite pas de tels comportements.
La présidente de la sixième chambre pénale avait un air indifférent lors de la plaidoirie de l'avocate de Chéraga, mais intérieurement, elle devait se poser mille et une questions. Et pas seulement la présidente, mais ses deux conseillères, probablement estomaquées! Ce qui allait être récité dans une colère justifiée valait le coup d'être suivi et reporté. Follow-me! Serrez les ceintures lecteurs:
Un coup de tonnerre a eu lieu dimanche matin, devant le trio Meriem Djebbari-Rafika Mouheb et Fatiha Mokdadi de la 6e chambre correctionnelle d'Alger au moment où l'avocate de Chéraga (cour de Tipasa), Me Nassima Aïd, avait attiré l'attention et du trio de juges, du procureur général Ben M'hidi et des avocats (une quarantaine) après qu'elle eut hurlé cette longue phrase: «Madame la présidente, je suis désolée, mais je tiens à vous signaler - même si vous n'avez pas de temps - que mon client n'a jamais eu de conseil, son père ayant refusé de lui en constituer un!».
«Il me faut beaucoup souffrir. A chaque fois, je lui constituais un défenseur, en vain. Et voilà que madame la juge du tribunal de Sidi M'hamed- Alger, pas une novice, c'est sûr, a trouvé le moyen de faire... «plaider» un avocat qui existe, certes, mais en 2013, pas en 2015! Ma colère provient du fait que de fausses déclarations sont portés sur un jugement signé au nom du peuple algérien! C'est scandaleux! Cinq ans ferme! Quelle indépendance, madame, avec cette grossière bêtise? Oui, quelle indépendance?
Avec des attendus fabriqués de toutes pièces, ce jugement devait être lu par les chefs de cette juge qui croit jouer en plein intérêt et faire croire que tout jeu est permis.
Voilà du travail en perspective pour nos vaillants inspecteurs qui bossent, pourtant, avec une sage décision lâchée à Constantine par Tayeb Louh, venu ce jour-là, installer Hakim Dalach au poste de président de cour.
«Lever la répression!» avait presque crié le ministre à l'intention de son meilleur homme sur le terrain, l'inspecteur général. Mais hélas, nous dira un président de cour, partisan de «représailles» que certains collègues n'ont pas froid aux yeux, surtout que notre ministre crie à qui veut l'entendre, qu'il est le premier procureur du pays.
Et s'il pouvait être le premier juge du siège et passer à l'action, en vue d'être plus crédible? Non, la loi l'interdit! Mais au cours d'une courte visite à un magistrat racé, ancien, chevronné et calé, nous avions appris que ce genre de comportement n'est ni un faux ni un impair.
«C'est de la bêtise pour gagner du temps!» dit-il.