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Victimisation forcée?

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Devant tout traumatisme, un certificat médical est nécessaire. Samia K. est venue devant la justice sans ce précieux document...

L'audience de lundi dernier à El Harrach (cour d'Alger) aura été haute en couleur s'étendant de 9h à 18 h. Il faut dire qu'avec une vingtaine de détenus, le double de non-détenus dont une grosse partie était passée l'après-midi, il y avait foule avec la comparution immédiate, une nouvelle procédure qui fait jaser outre de nombreux avocats, de nombreux membres de la police judiciaire qui trouvent l'attente agaçante.
Pourtant, avec une solide juge du siège qui entre dans sa douzième année de siège, l'audience était bien menée même si le procureur du jour n'a servi à rien.
Il aurait pu, durant les débats, mettre son grain de sel en posant de bonnes questions ou encore éviter de quitter le siège pour n'importe quel motif! La toute nouvelle procédure qui a vu la disparition du flagrant délit arrange probablement les magistrats du siège même s'il leur arrive de rester un peu plus longtemps.
Avec une dizaine de comparutions immédiates, Nassima Saâda a réussi à tirer son épingle du jeu avec la moitié d'inculpés qui est rentrée chez elle. Un gain de sympathie vis-à-vis de la justice, car pour certains avocats jamais solidaires de leurs pairs, l'essentiel est que la comparution devant le procureur est morte et bien morte. Le privilège du parquet a disparu et le siège a comblé le vide laissé par le ministère public.
Me Samir Khadraoui, Me Saïd Dadache, membres du Conseil de l'ordre suivaient ces comparutions sans commenter. Me Zine El Abidine Arhab, lui, trouve cette procédure nulle. Il explique pourquoi. «Cela va créer une grande jalousie entre les magistrats du siège et ceux debout!» ironise-t-il. Me Fadila Attaïlia, elle, est subjuguée par la conduite des débats. «J'adore la justice. Je l'aime encore plus lorsque c'est une magistrate qui est derrière le pupitre. La femme sait s'y prendre et elle tente de bien faire», dit-elle le regard clair avant de répondre discrètement et à voix basse à son petit-fils qui trouve que sa mémé Fadila a trop tardé et doit rejoindre Rouiba pour s'amuser avec lui.
Entre-temps, Saâda, encore pas harassée, entre dans un dossier dont elle n'aime pas l'intitulé, mais qu'elle mènera jusqu'au bout, car depuis le temps qu'elle écoute les voisins raconter la dernière, elle a appris, sans qu'elle juge nécessaire de brandir le Saint Coran pour jurer de ne dire que la vérité. Elle sait désormais qui dit vrai et qui fabule.
La jeune étudiante frêle, même malgré ses 179 cm, était dans le bain des lamentations devant ses trois adversaires qu'elle accuse de l'avoir battue, humiliée, salie, traînée dans la boue et ce, sans la présentation du moindre certificat médical. (Ah! Ce parquet).
Elle dit, debout à la gauche de Saâda et devant une trentaine d'avocats debout et assis: «Madame la présidente, ce qui m'a encore plus fait mal, ce n'est pas tant que j'ai été malmenée par le fils ici présent, mais encore verbalement, ses parents aussi s'y sont pris avec une langue dont les coups ont été plus ravageurs qu'un coup de lame sur mon visage!»
Elle sait parler la «gamine» de 21 ans. Franchement, si elle continue, elle ferait une excellente avocate spécialisée dans la correctionnelle. Mais elle ignorait qu'elle avait affaire, elle, Samia, la victime, à Nassima, la juge qui sait lire dans l'ivraie et l'orge si cela s'avérait utile pour la suite des débuts. Les trois inculpés, eux, ne disent mot au moment où la victime se plaignait.
Ils quitteront la salle d'audience avec un rictus de dédaim comme pour marquer Samia qui ignore que tout ce qu'elle a débité devant l'assistance est émouvant mais inefficace, car on peut toujours se lamenter, crier sa colère mais sans preuve, ni témoin, c'est le vase qui s'égare sur les flots dans l'oued. Ah! Un détail.
A un moment donné, elle a dit: «Mon papa était à côté à la maison!» Pourquoi donc ne pas lui avoir fait appel? Mystère que seuls les mauvais voisins savent décrypter.

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