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Des alibis en béton

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Oyé! Oyé! Décideurs! Une armée forte sans une justice forte, est vouée à...

Lundi dernier, la cour de Tizi Ouzou, sise boulevard Mohamed-Seddik Gantri, a résonné, vers les 18 heures passées, de centaines de youyous avec des cris de joie tels: «Vive la justice!» «Vive le droit!», «Vive la vérité!», lancés par les proches de cinq accusés de tentative de meurtre, voire d'homicide volontaire à l'encontre du nommé Rabah Daoud Farès, s'étant présenté comme cultivateur et qui s'était plaint de nombreux coups et blessures à l'aide de nombreuses armes blanches tous calibres confondus et le tout appuyé d'une solide cessation de travail de 60 jours et une hospitalisation de six jours.
Les cinq gus étaient mal partis. C'était méconnaître la justice, son fonctionnement et surtout Abdelhamid Bezzaoucha, le président du tribunal criminel, solidement encadré par Khatir Nadir et Amal Chalki alors qu'à sa droite, sur le siège du ministère public, trônait Rabah Bouchachi. Les débats prouveront, en fin de journée, que la justice, lorsqu'elle est sereine et réfléchie, réussit son coup.
Djamel F., Karim B., Mounir D., Marzouk D. et Mohamed Amine C. avaient une mine, mais alors une mine, surtout trois d'entre eux qui étaient en détention préventive.
Il y avait de quoi, surtout aussi que dix ans de réclusion criminelle avaient été requis par l'intéressant parquetier qui n'est pas allé plus loin que le président au moment de poser des questions dont les réponses pouvaient aider dans la recherche de la vérité.
Outre les huit témoins,
il y avait les cinq accusés: Foudhil Djamel, Belhadef Karim Mounir Daoudi., Marzouk Daoudi et Mohamed Amine Chiane. Et d'ailleurs, les huit témoins: Ismaïl D., Bellal, Mouloud A., Fateh Ch., Youssef Q., Nasser M., Alim M., et Mohamed A. seront l'élément clé qui fixera définitivement les membres du tribunal criminel où trônait un magistrat, Abdelhalim Bezzaoucha, brillamment secondé par un duo en or: Khatir et Chalki.
Les débats seront sereins à divers moments de l'interrogatoire où les réponses rapides et nettes des accusés allaient permettre à la justice de passer à la vitesse supérieure.
Précisons de suite que l'appareil judiciaire n'est pas un «club sportif» où la morale, souvent bafouée, n'est jamais à la hauteur pour sévir.
La magistrature a ceci de particulier: toute enquête bâclée à l'instruction peut, au cours de la tenue des procès, être redressée et la vérité d'éclater dans toute sa splendeur.
D'un mot à une expression, d'une phrase à un paragraphe, l'acquittement s'annonçait à l'horizon des débats, car quelque chose ne tournait par rond.
La victime, Farès, partie civile, a certes été agressée, malmenée, battue, blessée, humiliée par une bande, mais pas par les Djamel Foudhil, Karim Belhadef et autres Mohamed Amine Chiane qui avaient des alibis en béton.
La méprise découverte, il ne restait plus au tribunal criminel que de se retirer, délibérer et revenir avec le verdict qui se trouvait aux antipodes des demandes du procureur général. Les faits décrits à la barre n'avaient rien à voir avec les nombreux témoignages recueillis dans un silence que seul ce renard de Bezzaoucha savait imposer.
Mieux! Il y avait aussi et surtout les alibis étalés publiquement au grand bonheur des proches des accusés venus nombreux à la cour et qu'ils quitteront avec les «viva» et autres «Vive la justice!», «Vive l'Algérie!» et même, allons-y, écrivons-le «Vive Bouteflika!».
Regardez un peu ce que peut faire la justice qui acquitte des innocents lesquels en rejoignant la salle d'audience et dans le fourgon, étroitement surveillé, se voyaient être «brûlés vifs» par un verdict, tuant par la grâce de procès-verbaux des services de sécurité qui se sont, encore une fois, gourés en envoyant à la crim' d'honorables citoyens tel ce fameux Djamel Foudhil qui était en pleurs lors de la lecture du mot «acquitté».
Oui! Djamel Foudhil venait ainsi grossir le lot de citoyens prêts à offrir le meilleur d'eux-mêmes en cas d'agressions extérieures ou même intérieures. Qu'elle est belle notre justice lorsqu'elle se prononce sereinement.
L'affaire «Sonatrach 1» nous avait fâchés avec la justice et un juge d'instruction au «garde à vous» lors de sa noble mission: celle d'écouter à charge et à «décharge» surtout un certain Mohamed Chaouki Rahal ou encore cet honnête (le mot est de Regad, le président du tribunal criminel d'Alger) Belkacem Boumediene, l'ex-désormais vice-président de Sonatrach qui devrait revenir aux commandes, histoire de le réhabiliter... Espérons-le!

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