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Pluie de délits

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Les gendarmes de Bordj El Kiffan (Alger) viennent de tirer d'affaire une mineure fugueuse! Ah! la famille...

En attendant la prochaine ouverture du nouveau tribunal de... Dar El Beïda dont les travaux avaient débuté en 2008!!! le tribunal d'El Harrach (cour d'Alger) qui a une envergure plus importante que n'importe quelle autre cour de l'est ou de l'ouest du pays hormis Oran, Constantine, Tlemcen, Sétif par exemple, travaille dans des conditions terribles. Les deux chefs du tribunal prient cinq fois par jour pour enfin se débarrasser des localités situées autour de Dar El Beïda et il y en a.
En attendant, les Boulanouar, Nassima Saâda et l'excellente Fella Ghezloune se débattent les dimanche, lundi et mercredi en vue de liquider les monstrueux rôles qui leur sont confiés par les services de sécurité et le dernier en date qui va obtenir sur un de ces pupitres - Si l'affaire n'est pas criminalisée - est celle traitée récemment par les gendarmes de Bordj El Kiffan (Ben M'rad) qui avaient neutralisé trois jeunes auteurs de constitution d'association de malfaiteurs, attentat à la pudeur, initiation à la débauche et, plus grave encore de non-dénonciation, incitation à la débauche et, plus grave, de non-dénonciation de crime et complicité sur la personne d'une jeune fille de 16 ans et ô comble de facilité lors des actes vils, elles avait reconnu avoir déguerpi du domicile familial en vue de «roucouler» avec son copain âgé de 28 ans qui l'avait connue en février dernier.
Le second comble, c'est que le jeune de 28 ans traînait un mandat d'arrêt pour atteinte à l'article 350 du Code pénal i-e le vol sur la voie publique.
Le récit débité par les trois «amis» dont l'un a été mis sous mandat de dépôt avait permis aux «Verts» de prendre acte de déclarations aussi graves les unes que les autres.
«Avec mon copain, j'ai embarqué la demoiselle consentante dans ma Clio avec le secret espoir de passer de doux moments car elle a dit 'oui''. Le tout s'était passé dans une baraque déserte et isolée de Bordj El Kiffan où elle aurait été violée, battue pour avoir refusé de rester au même endroit lors du premier viol.
Les coups et blessures volontaires n'ont pas été retenus faute de certificat médical, mais l'attentat aux bonnes moeurs (article 333) (loi n°82-04 du 13 février 1982) qui prévoit à lui seul «un emprisonnement de deux mois à deux ans et une amende de 500 à 2000 DA» «l'association de malfaiteurs» article 176 à 182, le 176 seul a été retenu voit les peines allant jusqu'à cinq ans d'emprisonnement - l'incitation de mineurs à la débauche qui entre droit dans les bras de l'article 342 (loi n°82-04 du 13 février 1982) et qui dispose que:
«Quiconque incite, favorise ou facilite la débauche ou la corruption des mineurs de moins de 19 ans de l'un ou de l'autre sexe ou même occasionnellement des mineurs de moins de 16 ans, est puni d'un emprisonnement de cinq à dix ans et d'une amende de 500 à 25000 DA. La tentative des délits visés au présent article est punie des peines pour ces délits.»
Précisons de suite que l'adolescente a 16 ans! alors que le 342 évoque des mineurs de moins de 16 ans. Cela reste donc à l'appréciation du juge du siège, surtout s'ils comparaissent «immédiatement» selon la nouvelle procédure qui a pris la place du «défunt, flagrant délit»! Quel gâchis pour ces jeunes!
Il y a aussi la non-dénonciation de crime et complicité qui pourrait ne pas être retenue car tout le monde a participé au viol de l'étrangère qui avait été remise à son tuteur juste après qu'elle fut retrouvée le jour-même de sa fugue.
Le magistrat instructeur a accordé le contrôle judiciaire et n'a mis sous les verrous que le mineur copain de la jeune fille qui se trouve dans de beaux draps avec ses parents dont nous n'avions pas eu de nouvelles.
Restent ces tristes histoires de fugues épisodiques signalées ça et là un peu partout qui n'arrangent nullement les services de sécurité pris normalement dans de plus utiles, plus urgentes avec se qui se passe à nos frontières, toutes nos frontières comme menaces, menaces et menaces...
Heureusement que nos dits services comptent dans leurs rangs des jeunes qui récupèrent vite mais jusqu'à quand? Les profondes réformes engagées dans notre pays annoncent un avenir meilleur à condition que toutes les couches de la société s'y mettent, à commencer par les familles qui doivent mieux surveiller les enfants, les filles surtout en vue de tuer dans l'oeuf ce fléau nommé «fugue».
Oui, le flagrant délit a été «dissous» au seul profit de la comparution immédiate, mais cela reste insuffisant là aussi, vu l'ampleur des infractions, délits et crimes.
L'école elle aussi interpellée, n'arrive pas à suivre. Il n'y a qu'à assister aux sorties de 16h30 pour constater l'ampleur des ratés des familles en matière d'éducation et de respect des autres.
Attendons donc le dénouement de ce drame, un autre drame qui balafre notre société.

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