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Deux frères ennemis?

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Jamais la noire expression: «Deux frères ennemis» n'aura été d'actualité comme ce sombre jour du lundi où deux frangins se sont savonnés pour de...

Deux frangins ont eu la malsaine idée de laver leur linge sale devant Nassima Saâda, le juge d'El Harrach, réputée, dure dans ses jugements car elle sait que le législateur a prévu l'appel et le trio de magistrats de la chambre.
Les deux frangins ont eu la libre expression à la barre car leurs deux avocats Me Ouardia Oufella et Me Cherif Messaoud se sont dépensés sans compter en vue de sensibiliser le tribunal attentif surtout qu'il s'agit d'une inculpation qui traîne en Algérie comme une traînée de poudre de Maghnia à Tébessa.
Les histoires de familles étalées en audiences publiques commencent à bien faire. Même les cours de justice où les traditions ancestrales - telles les Djemaâ - sont tombées dans le piège des dépôts de plaintes, de poursuites, de constitutions d'avocats et autres soucis moraux et financiers - suivis de miniscandales lourds à digérer.
Les deux frères qui s'étaient pris au collet poussant Nassima Saâda à faire les gros yeux, de quoi calmer les ardeurs, car les deux frères adversaires ont, à un moment oublié le tribunal et le parquet pour engager un violent dialogue où l'artillerie des hauts malveillants était déclenchée et la honte avec...
Nous avions même assisté à un moment de l'audience, à de graves révélations crachées par la colère noire concernant l'intimité des deux familles «soeurs».
De graves accusations avec des mots insultants, tels «cupides», «voleurs», «menteurs», «diaboliques», «indignes», «goujats», «fripouilles» et nous en passons. Dans la salle d'audience, un silence éloquent planait laissant l'assistance coite devant de tels comportements où la famille est malmenée pour une petite, grosse question de dinars.
Et dans ce domaine, la petite-menue-fragile juge en superforme et un mental debout à toute épreuve, a su d'abord écouter, suivre et tirer ce qui peut l'être surtout que Saâda était venue à El Harrach précédée d'une immense réputation de juge intègre à la main lourde dans ses décisions.
C'est le genre de juge du siège qui pense sérieusement que le tribunal est le seul et donc n'a que deux oreilles et deux yeux.
Une fois agacée par un consommateur récidiviste ayant écopé de deux ans ferme, qui l'avait priée d'avoir pour lui de l'indulgence, elle avait lancé, sans sourire ni bouger, un seul cri: «Condamné, vous avez le droit d'interjeter appel. Il y aura en face de vous trois collègues. Peut-être qu'ils liront mieux les faits avec six yeux et vous entendront mieux avec trois paires d'oreilles!»
Me Akila Drif -Teldja, alors son avocate, avait grimacé et jeté sans l'autorisation du tribunal:
«Ce n'est pas évident, madame la présidente!», Saâda n'avait rien dit, laissant cette remarque sur le compte d'une déception que chacun des présents peut ou ne pas prendre en considération.
Ce lundi, les deux frangins ont eu eux aussi les langues bien pendantes en vue de tirer la couverture et la «compassion» de la présidente qui venait de terminer une autre sale affaire de coups sur ascendant envoyant ce garnement pour deux ans ferme malgré le «pardon» de la maman victime et les 3 ans réclamés par le représentant du ministère public.
Ce qui est remarquable, c'est cette belle intervention de Me Cherif et l'émouvante plaidoirie de cette terrible Me Oufella qui n'a pas perdu de sa verve malgré le poids des années passées à la barre à défendre le droit et l'honneur des familles.
Me Chérif exprimera son plus beau sourire après que Nassima Saâda eut entamé la mise en examen du dossier qui n'aura pas eu le privilège de rester dans la mémoire des présents car les histoires de familles ressemblent étrangement à des matchs-derbies achevés sur un score nul vierge, donc à oublier au plus vite.
Oui, les audiences ressemblent étrangement à nos matchs de foot, au printemps.

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