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Entre copains!

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Le bras de la justice frappe là où il faut et au moment où il faut...Le bras de la justice frappe là où il faut et au moment où il faut...

Deux jeunes copains de Bordj El Kiffan en sont arrivés aux mains et à l'arme blanche. Cette fois c'est une arme blanche qui a noirci la rixe...

Il y avait dans la salle d'audience du tribunal criminel d'Alger, pas moins de trente deux jeunes, tous de joggings vêtus, venus assister au procès de leur jeune camarade de quartier de Bordj El Kiffan (Alger) qui s'était rendu coupable d'une tentative de meurtre à l'encontre de Mohammed El Aïd venu à la barre avec une version des faits rejetée, depuis le siège du ministère public, par Larbi Akrout, le procureur général, qui avait fouillé profondément le dossier la veille en vue de donner un sérieux coup de main à la composition criminelle présidée par Abdenour Amrani très bien, assisté de Amira Benamir et Mongi Aït Saïd et des deux jurés tirés au sort avant le coup d'envoi des débats.
Il est apparu que la victime et l'accusé étaient de bons copains soudainement pris d'une... démence passagère (non avérée, ni vérifiée) le 2 mars 2015 à quelques encablures de la cité Faïzi, sise Bordj El Kiffan (Alger).
La rapide rixe entre les deux copains voisins et aujourd'hui adversaires face à Dame Justice avait eu lieu apparemment sans aucun motif.
La victime passera près de trois semaines de coma à l'hôpital à la suite des trois coups d'arme blanche portés au thorax dont l'un a vu la lame passer près du plus gros muscle du corps: le coeur, ouf!
Tout l'intérrogatoire a vu le jeune accusé qui venait de sortir le jour du drame du statut de mineur balbutier, radoter, dire la chose et son contraire.
Son adversaire, la victime fera mieux: elle donnera une version qui fera en sorte que Akrout, le représentant du ministère public prenne la parole et entame une mini-instruction dont les éléments n'avaient rien à voir avec ceux débités par-devant le juge d'instruction.
Après avoir vérifié certaines déclarations lues sur le procès verbal du juge d'instruction donc de l'arrêt de renvoi, le parquetier crache sans colère ni agacement visibles:
«Je crois que ce matin, vous n'êtes plus la victime de ce drame, mais l'avocat de notre agresseur celui qui a tenté de vous voler ce qui vous reste comme décennies à vivre!»
La victime, la gorge nouée, semblait planer tant elle n'avait pas l'habitude de vivre de tels moments dans un tel décor.
Saäd Belahoune, le greffier fixe Zinou l'huissier de l'audience qui surveille l'environnement immédiat comme le lait sur le feu.
Les deux conseillers suivent tout comme les deux jurés le dialogue Akrout «victime qui tournera à l'avantage du magistrat lequel enfoncera le clou: «Vous êtes des amis. Vous n'avez aucun problème.» Soudain l'accusé est violemment attaqué par votre masse de chair, d'os et de graisse (la victime n'atteint pas les...cinquante kg!!!), s'empare d'une arme blanche qui traînait par là et vous pique à trois reprises ratant de peu des organes vitaux et évitant la tombe.», récite Akrout convaincu que l'agresseur était parti pour l'homicide et une vie de moins.
La victime entre dans ses petits souliers car elle réalise que l'assistance avait compris, tout comme les membres du tribunal, criminel que «quelque chose» s'était passée en attendant le lancement du rôle de la session criminelle et la tenue du procès. Passons, quittons la fiction et les insinuations pour revenir aux débats.
Amrani, le président comme à l'accoutumée sait placer des banderilles pour terrasser le «taureau» avant d'attendre le «Olé» des délibérations.
N'ayant plus de question et donc pas de réponses, il invite Akrout à requérir.
Debout, le procureur général va prendre son temps, pour aller vers ses dures demandes: 20 ans de réclusion.
«Monsieur le président, madame et messieurs de la composition criminelle, personne ne me fera avaler que l'agresseur avait trouvé une arme blanche dans les airs pour s'en emparer et asséner trois mauvais coups qui auraient semé le drame et à Bordj El Kiffan et dans toute la capitale où malgré une vigilance à toute épreuve et une présence appréciable des services de sécurité, le crime arrive à se frayer un sentier», balancé sans ponctuation, le parquetier qui avait mis le paquet en vue de pousser les juges et les jurés à aller droit dans l'application de la loi et l'intime conviction.
Lui succédant, planqué de sa belle consoeur maître Karima Abdelouhab, maître Saïd Kassimi l'avocat brun d'El Harrach s'est évertué à ne pas sauter le mur du témoignage de la victime. Il dit: «Aviez-vous pris conscience que la victime était venue blanchir mon client? Oui, il s'est contredit car aujourd'hui, elle n'était confrontée à aucune pression.
Personne ne lui a soufflé de dire quoi que ce soit. Il vous a raconté il y a une année et trois semaines.
La victime a dit la vérité. Elle a dit n'avoir pas vu la nature de l'arme blanche.
Les coups avaient été portés sur les côtés car elle avait voulu fuir l'accrochage et l'étreinte, mais l'accusé cherchait seulement à s'en tirer. Il n'y avait aucun témoin dans les parages: «Mieux messieurs-dames du tribunal criminel: «L'accusé aurait pu évoquer la légitime défense non. Il a dit la vérité et n'a cessé de la crier haut et fort.
Le parquet a réclamé 20 ans sans apporter ici les preuves en vue de faire appel à l'ultime conviction laquelle devrait pencher en faveur de mon client!», avait dit maître Kassimi qui a fortement réclamé que l'on éloignât l'article de loi retenu et qu'on aille vers les circonstances atténuantes.
En effet, après quarante-neuf minutes de délibérations, le tribunal criminel est revenu pour condamner l'accusé à une peine de 5 ans ferme. On était loin des 20 requis. Reste que le bras de la justice frappe là où il faut et au moment où il faut...

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