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Coups et non-assistance à...

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La réforme avance au milieu des flots, des vagues, des turbulences d'une actualité pas toujours toléranteLa réforme avance au milieu des flots, des vagues, des turbulences d'une actualité pas toujours tolérante

Un peu partout dans le pays, les coups devancent les paroles... ce qui n'arrange personne.

L'inculpé joue à celui qui sait tout. Tout récidiviste qu'il est en matière de vol et de tentatives (au pluriel), il est cependant bloqué par le regard vif du juge qui semble lancer des «cartons jaunes» en direction de cet effronté de détenu qui ne fait même pas attention à sa pauvre maman prostrée sur un banc désagrégé par les gigotements de justiciables impertinents, de patients juste pour passer à la barre et se plaindre, se plaindre à satiété, quelle que soit l'issue.
Le détenu Mokrane marmonne que le trafic des documents est juteux. Le juge et le parquetier font comme si rien ne venait d'être dit. Ce n'est pas le moment ni le délit. Me Mohammed Djediat fait de l'humour, histoire de décontracter l'atmosphère en s'apitoyant déjà sur le sort de l'inculpé.
«Mansour c'est en français, triomphant?» lâche-t-il avec un gros sourire qui illumine sa face brune et luisante, humidité oblige...
Le représentant du parquet requiert deux ans ferme et une amende de 5000 dinars.
Le président ne perd pas de temps, évite la fameuse mise en examen et assomme le voleur qui a eu tout de même le courage d'avouer non pas le vol, mais la tentation puisqu'il a été surpris à temps, par la victime, les papiers et le couteau à la main. Si ce n'est pas un flagrant délit, c'est quoi?
Pour un Triomphant, c'est plutôt... perdu, mais Me Djediat quitte la salle d'audience avec la satisfaction du travail accompli et très bien accompli.
Il faut vite préciser que depuis le temps que nous courons la correctionnelle et la criminelle, les citoyens s'avancent du juge, ignorant tout des procédures et de la marche de l'appareil judiciaire tout simplement.
Cette tare n'est pas propre aux seuls nationaux, mais beaucoup de pays se trouvent dans le même cas, sauf que chez nous la fâchante expression disant «qu'il n'y a pas de justice», n'est pas usitée ailleurs.
Quitte à nous répéter et qu'on le veuille ou non, la justice est le second socle après l'ANP qui permet à l'Algérie de rentrer dans la cour des grands pays avancés au moins sur le plan de la présomption d'innocence, sacré principe qui fait des heureux lorsque la compétence comme le ministère public dont les représentants ne peuvent qu'être dignes de la confiance placée en eux.
Chez nous, la réforme avance au milieu des flots, des vagues, des turbulences d'une actualité pas toujours tolérante, mais que voulez-vous? il faut bien qu'un coiffeur soit d'abord passé par des «coupes au rasoir» sur la tête des orphelins, comme le précise un adage de chez nous. A Allah, va!

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