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L'AFFAIRE SE DÉROULAIT À LA COUR D'ALGER

Le prévenu voulait épouser la juge

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...Nous sommes au tribunal. Il est 10h40. La salle d'audiences est pleine à craquer, si pleine, que la juge, une déjà ancienne dans le pénal, avait ordonné au service d'ordre de ne plus autoriser de nouveaux citoyens à entrer. L'affaire qui va passer dans un moment, concerne un gaillard de 57 piges qui a le malheur de négliger sa famille, nombreuse, par ailleurs. Et ici, négliger est le grave délit de ne pas s'être acquitté de la pension alimentaire: 36 millions de centimes, soit le dû des trois enfants abandonnés par le papa. La magistrate passe rapidement sur l'interrogatoire d'usage et d'emblée, après avoir noté un brouhaha, elle remet de l'ordre dans la salle d'audience et débute par l'appel d'une grave affaire de coups et blessures à l' encontre d'une épouse, mère de quatre enfants et l'inculpé n'est autre que l'époux qui a pris le risque de ne pas avoir choisi un conseil, lequel aurait été d'un précieux apport. La juge bien installée et de bonne humeur s'étonne de la présence de deux femmes aux alentours de la barre, alors que normalement, une seule personne (la victime, l'ex) doit se trouver derrière le prétoire. Elle bat des cils et demande à voix basse: «Laquelle de vous deux a été appelée?» interroge la juge. La plus jeune répond, alors que l'autre hausse les épaules, ce qui pousse la présidente à vouloir connaître la deuxième dame: «Oh! moi? Je suis sa femme et je m'appelle Baya T.A.C. Aziza, est l'ex-épouse..... Et je dois vous dire que.... «Heu....Non! Vous n'avez rien à déclarer au tribunal? Allez vous asseoir...
- Mais madame, je voulais seulement attirer votre attention que Belgacem cherche à refaire sa vie...», achève la deuxième épouse. Des murmures emplissent la salle d'audience. Madame la présidente fait les gros yeux avant de se maîtriser et de s'exclamer: «Dites donc! Ici, on, travaille et le tribunal n'a pas de temps à perdre. Mais qu'est-ce donc que cette histoire?» Elle fixe bien la dame dans les yeux et finit par cracher: «Alors, ça vient?» Et la petite d'enchaîner:
-C' est que à dire vrai, si je trouvais une femme mûre, jolie, gentille et surtout cultivée comme vous, madame la juge, je serais preneur.»
Encore une fois, des murmures, et de longs, envahissent la salle. Tandis que la lourde main de la présidente s'abat sur le pupitre, les éclats de rire s'élèvent dans toute la salle d'audience. La juge garde son sang-froid, mais ne peut s'empêcher de balancer: «Ah, non ça ne peut pas continuer de cette manière! L'audience est levée. Le tribunal a pris la mouche et lorsqu'il en est ainsi, un peu de repos ferait du bien à tout le monde y compris l'inculpé qui serait bien inspiré de se passer de commentaires désobligeants.»
Le tout balancé sur un ton neutre par la magistrate, pas révoltée par la sortie de l'inculpé qui ignorait qu'il venait de frôler l'outrage au tribunal. La juge entra dans la salle de délibérations alors que le représentant du ministère public préféra rester comme la jeune greffière qui ne montrait aucun signe de lassitude. Le public, lui, se comporte autrement, les va-et-vient sont légion. Le service d'ordre est égal à lui-même. La pause n'allait pas s'éterniser et la reprise est sans fausse note. La juge passe directement à l'interrogatoire du prévenu qui se tient mieux.-«Pourquoi ne voulez-pas régulariser vos enfants?» Silence radio. La juge reprend la question sans pour autant s'énerver. Belgacem sort la tête de son cou menu et entre dans un monologue inaudible qu'on ne saurait vous livrer. Heureusement que la magistrate va nous faciliter la tâche en avertissant l'inculpé du risque...
«Ecoutez! Nous n'allons pas nous amuser au chat et à la souris. J'ai posé une question et je compte bien obtenir une réponse, claire, si possible», dit la juge, sans trop de conviction.
Un lourd silence envahit subitement la salle d'audience. Tout à coup, comme si une fée était passée par la barre, Belgacem leva sa grosse main calleuse et cria: «Madame la juge, si vous avez l'intention de me demander de payer la pension alimentaire, c'est négatif pour la simple raison que je suis démuni.»
Les gens retiennent leur souffle.
Que va-t-il se passer?
Va-t-il être embarqué? Passera-t-il la nuit en taule? Les minutes qui vont s'écouler vont sembler une éternité.La présidente sombre dans une réflexion compréhensible pour les initiés de la barre. Que va-t-elle décider? Le ramasser comme un vulgaire malfaiteur qui ne veut point se ranger? Le laisser en liberté et prendre le risque de laisser ses enfants dans le besoin. Elle choisit de trancher: sur le siège la magistrate condamne Belgacem à une peine de un an d'emprisonnement ferme appuyée d'une amende tout aussi ferme. Elle lit le dispositif en levant les yeux en direction du frais condamné avant de prononcer le mot: «Ferme», histoire de clignoter comme un avertissement. En effet, le prévenu-libre est sommé de régulariser les mômes avant l'appel à la cour (esplanade «Emiliano-Zapata du Ruisseau). A défaut, il irait en prison, perdrait sa liberté et personne ne gagnerait au change, surtout les enfants qui demeurent l'enjeu. C'est somme toute, le verdict qu'il fallait prononcer, afin que force reste à la loi.
Le ministre avait, lors d' une de ses tournées, rappelé qu' il fallait pour les présidents de cour au moment de la répartition des tâches aux magistrats, veiller à la responsabilité de chacun, surtout pour ce qui est, par exemple, du Statut Personnel, qui doit être pris en charge par des magistrats bien au fait de la famille. Il ne s'agit pas de répartir pour répartir. Cette remarque a été faite par Louh, non pas pour la «galerie», mais beaucoup plus pour tous les juges du siège dont le rôle est capital dans le règlement des conflits nés au sein des familles. Cette recommandation semble avoir eu des échos favorables au sein de la famille des magistrats. Une famille par ailleurs jeune, surtout depuis le départ en retraite de la génération intermédiaire et l'arrivée d'une autre, plus incisive, celle des enfants de Facebook, Tweeter, YouTube...

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