Prévisions pour le 23 Octobre 2018

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"Oui, j'ai frappé ma mère"

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En 2018, nous assistons à des procès en correctionnelle où le détenu n'est autre que le fils de la victime.

La présidente était réellement désabusée devant l'état de la vieille maman, victime de coups et blessures. Et l'auteur des coups, n'est autre que le garnement de fils. C'est ce qu'on appelle dans le jargon judiciaire «coups sur ascendants», fait prévu et puni par l'article 267 du Code pénal qui dispose (ordonnance N°75-47 du 17 juin 1975) dans ses alinéas 1 et 2 que: «Quiconque, volontairement, fait des blessures ou porte des coups à ses père ou mère légitimes, ou autres ascendants légitimes, est puni ainsi qu'il suit: 1°) de l'emprisonnement à temps de 5 à 10 ans, si les blessures ou les coups n'ont occasionné aucune maladie ou incapacité totale de travail de l'espèce mentionnée à l'article 264; 2°) du maximum de l'emprisonnement de 5 à 6 ans, s'il y a eu une incapacité totale pendant plus de 15 du...» Les deux autres alinéas du 267 ne concernent pas cette affaire. Ce qui nous amène à écrire que les coups sur ascendants donnent l'image la plus hideuse du garnement. La juge entre d'emblée dans le vif du sujet: «Voulez-vous un renvoi, le temps de constituer un avocat, comme le prévoit la loi?» dit la magistrate, visiblement émue mais pas ébranlée par la vue de la victime, pas du tout prête à l'interrogatoire. Le jeune de 22 ans, détenu, a la tête baissée, les genoux rentrants et le dos rond. Visiblement, il a honte. Il a honte, surtout qu'en entrant dans la salle d'audience, il a aperçu l'oncle maternel (Brrr), tapi entre deux gaillards à l'air pas du tout rassurant ni pacifique.
Un oncle venu voir la «bravoure» du neveu-agresseur de la grande soeur, celle-là même qui a veillé sur lui jusqu'à la fin de la scolarité. L'assistance est émue. La très jeune représentante du ministère public est debout. Elle tient à jouer son rôle en entier. Oh! oui, son devoir est de demander l'application de la loi et seulement cela! Entre-temps, la juge lance un regard de feu, comme pour pouvoir «fusiller» le geste condamnable du jeune homme: «Vous avez certainement lu le Saint Coran!». Il fait oui de la tête. «Citez un seul verset.» Le détenu ne bouge pas. Il ne parle pas. Il semble loin de la salle d'audience. Soudain, il prononce une phrase, dont on ne retiendra que le nom d'Allah.
-«Tiens, donc! Voilà un mot agréable à l'ouïe! II fallait penser à Dieu avant de lever la main sur votre génitrice! En fait, il avait probablement récité le verset où Allah recommandait aux gens Son Adoration uniquement, et d'être bons avec les parents qui ne méritent même pas 'ouf''! ou si vous voulez un 'souffle!''. Cette réflexion a rassuré la magistrate qui a probablement estimé que la leçon a été retenue.
«Vous n'avez rien à dire à maman? murmure maternellement la juge, qui jette au passage un oeil en direction de la parquetière, laquelle attendait probablement une invitation aux réquisitoires.
- Si, si! S'empresse de déclarer l'inculpé qui n'en peut plus.» Son crâne va éclater en 1000 morceaux. Il a même peur de vaciller et chuter derrière la barre! L'atmosphère se détend. Les deux magistrats jettent un regard comme seuls les magistrats savent en lancer. Finalement, la pression tombe et on attend la chute et la fin des débats qui n'auront valu que par la demande de pardon du fils meurtri, blessé et humilié par les poursuites et le procès qui a vu l'inculpé écoper d'une lourde peine d'emprisonnement ferme de 2 ans! Il aura tout le temps de méditer et de savoir, une fois pour toutes, que le paradis est sous les pieds des mères.

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