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Suspends ton vol, gamin!

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Un tout jeune désoeuvré a été surpris en train de commettre un cambriolage au 3e étage d'un immeuble...

La jeune présidente de la section correctionnelle du tribunal avait pris ses précautions avant d'interpeller l'inculpé de vol, fait prévu et puni par l'article 350 du Code pénal.
Les précautions se résumaient en la résolution de la juge d'éviter que les incidents de la précédente audience, suspendue et reportée à aujourd'hui, ne se répètent. Il faut vite préciser que les incidents ne font que retarder le cours d'une audience et installent une atmosphère électrique qui ne fera que gêner les magistrats, les avocats et assez souvent, les justiciables qui veulent en finir avec le dossier du jour afin de rentrer définitivement chez eux, rassurés et, donc, libérés. Alors, pour bien comprendre ce qui va suivre, rappelons brièvement ce qui s'est passé au cours de l'audience du dernier jeudi de la fin de l'année 2017.
Au cours de l'interrogatoire, le tout jeune inculpé qui mettait les pieds dans un tribunal, pour la première fois de sa vie, avait vu rouge au moment où la présidente demanda les coordonnées des parents de Abderrahmane W.
-«Comment, comment? Vous me demandez de vous donner le prénom de ma mère ici, devant toute la salle pleine d'étrangers?», cria presque le tout jeune inculpé, qui venait à peine de sortir de l'adolescence! Il avait presque sangloté de désespoir en pensant au plus profond de ses tripes: «Mais, qu'a donc pu arriver à cette juge pour qu'elle se comporte ainsi? Pourquoi a-t-elle agi de la sorte? Va-t-elle continuer à me harceler? Vais-je m'en sortir?» La douleur fait tordre les boyaux du gamin. Soudain, un bruit de bois que l'on brise, troue l'atmosphère. La juge venait de rappeler à l'ordre (elle tapa le pupitre si fort que si Salim Laâdaouri, le sévère directeur des moyens généraux et des finances du ministère, l'avait vue, il aurait pris les mesures qui s' imposent), l'inculpé qui semblait tomber des nues! Il n'avait pas compris le geste rageur de la magistrate qui avait retrouvé des cou leurs depuis.«On commence? Et on commence pour aller au bout de notre procès! Alors, on y va? Et si on y va, c'est pour aller jusqu'au bout. Ne perdons pas de temps, car le temps est précieux pour le tribunal! O.K.? dit la présidente, plutôt rassurée que contrariée en ces moments cruciaux de l'audience. L'assistance était prise dans l'élan du mouvement et du rythme imposés par la juge:
- Oui, madame la présidente», répond l'inculpé dont le visage était rouge, rouge de honte? Rouge de colère? Mystère... Il semblait sortir d'une léthargie, longue, longue, à désespérer! Pour la première fois, Abderrahmane W. leva la tête en direction de l'assistance, comme s'il voulait trouver une tronche connue, histoire de se reposer sur un réconfort salvateur. La présidente demande tout de suite si le détenu voulait un renvoi, le temps pour lui, de constituer un conseil, comme la loi le prévoit. La réponse est aussi cinglante qu'inattendue!
«Pourquoi donc devrais-je payer un avocat?
- Pourquoi? Attendez! Ecoutez donc pour la dernière fois: vous ne voulez pas être jugé aujourd'hui? C'est bien simple:
- Je vais prendre des dispositions qui consistent en un report et nous verrons bien si vous continuerez à vous moquer du monde!» déclara la présidente Abderrahmane était franchement bouleversé par les durs propos. Il dut se rendre à l'évidence et ne dit plus un mot, préférant croire la juge qui ne semblait pas molle..
Tout de suite, l'interrogatoire débuta en trombe. La présidente ne voulait pas perdre de temps avec un dossier aussi net. C'est une affaire tirée au clair par les policiers qui avaient affaire à un jeune délinquant primaire! Elle dit sur un ton tranchant: «Reconnaissez-vous le délit?» Le gosse se tut. Nous écrivons «le gosse, car le jeune homme de 21 ans, en fait, à voir son minois, donne l'image d'un ado de 16 piges et il n'y a pas que cela: avec une taille d'à peine 1,50 m et un poids ne dépassant pas les 50 kg, allez lui trouver une image d'un malfaiteur aguerri. La réponse fuse de la petite bouche du détenu: «Je ne l'ai pas fait exprès!». Cette phrase laissa la juge bouche bée! La réponse semble tomber du ciel et le ciel, avec! Il y a des magistrats et celle d'aujourd'hui en fait partie, qui ont réponse toute faite!
Elle reprend de volée: «De quoi? De quoi? Et quoi encore? Vous n'avez pas fait exprès? Alors là, laissez-moi rappeler seulement que le méfait a eu lieu au 3e étage de l'immeuble. Savez-vous ce que cela signifie? Premièrement: si vous aviez volé au rez-de-chaussée, à la rigueur; au premier étage, on peut mettre «ça» sur le compte de la tentation du diable! Mais à partir du deuxième, la volonté de nuire y est! C'est aussi clair que l'eau de roche! Alors, de grâce, ne faites pas perdre de temps au tribunal, car d'autres dossiers attendent.»
Un silence des grands jours, noie l'assistance qui a suivi religieusement le monologue de la magistrate réellement sûre d'elle, car elle sait mieux que quiconque que son boulot consiste à appliquer la loi et seulement à l'appliquer!
Et appliquer la loi est un exercice ardu, si on ne possède pas les outils qui font de l'homme ou de la femme (cela va de soi) un magistrat!
C'est dire toute l'attention apportée au travail fourni. Soudain, l'atmosphère s'alourdit et l'ambiance de la salle s'évapore puis s' évanouit dans le léger brouhaha naissant en cette fin de matinée du mercredi d'hiver, paradoxalement ensoleillé...
C'est alors que l'inculpé éclate en sanglots. Il s'est effondré à telle enseigne que les sanglots sont devenus des pleurs. L'assistance murmurait des bouts de phrases. Les commentaires allaient bon train. C'est alors que la juge rétablit l'ordre et invita le représentant du ministère public à requérir. Hâtivement, il demanda une peine d'emprisonnement d'un an ferme appuyée d'une amende aussi terme de 20 000 dinars.
Sur le siège, la présidente transcrivit le dispositif et infligea une peine de 6 mois d'emprisonnement ferme, histoire de punir les délits qui minent la société et force restera à la loi. Le frais condamné, Abderrahmane W., lui, se tient la tête en signe de désespoir et de regrets pour un méfait qu'il paiera cher, très cher, juste de quoi se souvenir qu'un fait, qui relève de la correctionnelle, doit être puni par la seule loi en vigueur. Voler, c'est mal! Voler au 3e étage, c'est très mauvais et ça se paie cash: ça ne peut pas être autrement! Na!

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