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Mari ou bourreau?

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Mari ou bourreau?

Ce procès mériterait un scénario digne d'un film à petit budget....

Chahéra H. est une épouse victime de coups et blessures volontaires et présentait au dossier, un certificat de 12 jours «sauf complications». L'auteur des coups en question serait sa moitié qui était, jeudi dernier, debout à la barre, les mains derrière le dos, regardant autour de lui, comme s'il attendait du secours!
La femme âgée d'une cinquantaine d'années, tente d'accaparer, la première, la parole, mais le juge veille à l'ordre:
«Madame! Ici on respecte l'ordre et surtout, on se respecte; alors, attendez que le tribunal vous donne la parole et vous direz tout ce que vous voudrez; quant à vous, inculpé, ça se passe ici, là, (il désigne le prétoire), alors cessez de gigoter et tenez-vous bien! Vous êtes devant la justice!». Le président de la section correctionnelle venait de tirer sur le frein à main, en vue d'éviter tout débordement qui n'aurait pour résultat que faire perdre du temps au tribunal. «Bien, à vous, inculpé; qu'avez-vous à répondre à cette accusation de coups et blessures volontaires ayant entraîné une cessation de travail de 12 jours? dit le juge qui regardait droit dans les yeux l'inculpé lequel ne bronchait pas de peur d'un incident tombé du ciel.» Un silence de mosquée, un vendredi à midi trente, s'instaura dans la salle d'audience. Le magistrat feuilletait le dossier et avait un oeil sur la victime catastrophée comme jamais elle n'avait été. Elle devait ressentir une douleur atroce. Ce n'était pas une douleur normale, non c'était une douleur née à la suite du comportement du mari qui n'a jamais pris en considération les années de vie commune, de privations, de faim, de joie aussi, même si elles ne sont pas nombreuses et de scènes de ménage à ne pas en finir. «Madame, que s'est-il passé cette nuit du 27? enchaîna le juge alors que le procureur qui venait de lancer un coup d'oeil furtif, quittait momentanément le siège du ministère public.
- Monsieur le président, par quoi vais-je commencer? Par les coups ou par les insultes? Par les humiliations quotidiennes depuis trois années? Par où dois-je débuter mon histoire? Aidez-moi, SVP!
- Commencez par où vous voulez, mais de préférence par les coups et blessures, objet de votre présence ici, renchérit le magistrat impassible. Oui; ce juge du siège qui a déjà entendu des vertes et des pas mûres.
- Monsieur le juge, en ce qui concerne la nuit du 27, il est rentré tard, une heure du matin... et je...
- C'était la nuit du 28 alors? Interrompit le magistrat qui évoquait la nuit du 27, alors que la victime parlait de une heure du matin. La parenthèse fermée, l'échange reprit de plus belle.
- Je disais donc que mon époux était rentré vers une heure du matin, ivre, pas comme d'habitude «ivre-mort!», il sentait seulement l'alcool, mais ce n'était pas méchant. Je me suis approchée de lui pour lui demander s'il désirait quelque chose. Je reçus une gifle en plein visage. J'ai pris mon visage dans mes mains déjà pleines de sang et j'ai pleuré, pleuré à ne pas en finir, car c'est devenu une sale habitude chez moi: recevoir des gnons, pleurer, me calmer, dormir et me lever le matin avec un oeil au beurre noir, préparer le petit-déjeuner et reprendre la vie comme si de rien n'était!
- Pourquoi donc n'avoir pas essayé de discuter avec votre époux? dit le magistrat qui avait déjà une idée de la vie de ce couple sans enfant.
- Discuter? Comment? Il ne discute qu'avec ses mains! Lui a ses mains pour m'agresser et moi, je n'ai que mes yeux pour pleurer!» déclara la victime sur un ton plaintif.
Le juge pris ses tempes entre ses grosses mains, histoire ce faire passer la migraine du moment, puis se retourna vers le détenu et lui tint ce minidiscours en guise de remontrances:
«Voilà où vous en êtes à votre âge! Quand est-ce que vous allez vous arrêter de battre votre épouse?
- D' abord, je ne suis pas si vieux que ça! Lorsque vous me dites «à votre âge, voilà où vous en êtes!» ce n'est pas juste! Ensuite, vous me demandez quand est-ce je vais arrêter de la frapper? Je ne l'ai jamais battue. Elle ment... car elle...
- On ne dit jamais de sa moitié, elle ment, mais «elle ne dit pas la vérité». C'est compris? Et les coups reçus? Et le certificat médical? Allons, allons, soyez un homme: reconnaissez votre fâcheux mauvais comportement, cela vaut mieux pour vous! Vous pouvez même demander pardon à votre femme, il n'y a aucune honte à le faire! Le tribunal peut prendre en considération votre honorable geste et peut aller vers de larges circonstances atténuantes. Alors, on y va? Il faut être un homme!
- Je suis un homme! Monsieur le président, ne me blessez pas! Et...
- Le tribunal n'a blessé personne! Nous avons sous les yeux tous les ingrédients pour une peine de prison, alors n'exagérez point. En ce moment, il n'y a qu'une seule victime: c'est votre épouse!», tonne le juge au bord de l'explosion, mais se maîtrisant à merveille.
L'inculpé baisse la tête de honte, surtout depuis qu'il a reconnu, assis parmi l'assistance, trois voisins, et quels voisins! De véritables pies!
Il se recroqueville tel un hérisson, fait même le dos rond d'un chat de gouttière sous le soleil d'août et marmonne des trucs que seul le juge en a saisi le sens. Le président est subitement aux anges. Ira-t-on vers une inespérée réconciliation? L'issue est proche.
- Je regrette; je demande pardon à ma femme. Qu'Allah me pardonne! Je suis sincèrement désolé. Je veux rentrer en compagnie de ma chère dame, lança l'inculpé.
- A la bonne heure! Vous voyez? Il ne suffit de rien du tout pour s'entendre.» «Monsieur le procureur, vos demandes, SVP? intervient le juge.
- Application de la loi!» marmonne le parquetier qui voulait par là, aller dans le même sens que le tribunal. Sur le siège, le juge inflige une peine d'emprisonnement de six mois assortie du sursis, ce qui permettra au mari de rentrer chez lui, en bonne compagnie, mais dans un état, mais alors dans un état, on ne vous dit pas...

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