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L'EURO...PE à partir de "tamourth"!

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L'EURO...PE à partir de

L'immigration clandestine est un délit vaillamment combattu par nos magistrats bien armés pour vaincre toute résistance!

Embou. J. est un jeune de l'Afrique de l'Est qui est pris sans visa ni papiers susceptibles de jouer en sa faveur et le voir libre et travailler comme bon lui semble, dans notre pays qui est, par ricochet, le sien. Debout depuis le box, il va jouer avec les nerfs de la présidente de la section correctionnelle du tribunal où les amateurs d'immigration clandestine sont légion. Il a commencé par affirmer ne pas connaître la langue arabe avant d'essayer de la jouer «foufou». Mais avec une juge pareille, il vaut mieux étaler ses cartes dès le début, sinon, c'est le «qui ne me connaît pas...» de la juge constamment sur ses gardes.
«- Vous êtes ici depuis un mois je suppose?», demande simplement la magistrate qui se méfie beaucoup des prévenus qui répondent en ricanant.
«- Ici? ici au tribunal?», rétorque le pseudo-malin qui ne verra pas l'uppercut lui redresser la face décomposée par des nuits au noir.
«-- Non, ici en Algérie!!», précise la présidente qui bat des cils, en attendant la réponse du détenu décontracté comme s'il venait d'arriver chez lui, - «Oh, vous me demandez un peu trop de précision que vous ne croyez», madame la présidente.
«Cela va bientôt faire 5 ans que je vis ici. Il y a du travail, beaucoup de travail, je vous assure que la faïencerie, maçonnerie et la peinture marchent mieux que les... hydrocarbures et leurs dérivés», récite presque l'homme qui parle un arabe convenable et pas un arabe de maçon! Une langue apprise dans les chantiers de la capitale, surtout à la veille du mois sacré, les opérations de replâtrage et de réfection des façades etc....La juge du siège avait eu le pressentiment que l'inculpé s'était moqué d'elle au début du procès mais elle se f... complètement de ce que pouvait faire ou dire ce gus qui n'aura peut-être plus l'occasion de jouer chez nous!
A la gauche du détenu, le procureur, lui n'intervient pas du fait qu'il considère les carottes déjà cuites pour le grand gus africain et donc, autant faire l'économie d'efforts pour la suite de l'audience.
La présidente demande sur un ton des plus amicaux à quel moment est-il entré en Algérie, comment il a procédé pour le faire et s'il avait sur lui des papiers en règle. Evidemment, Embou ne peut répondre à aucune des questions posées par le tribunal.
«- Même pas au comment avez-vous fait pour entrer au pays?
- Vous savez, l'Algérie a de nombreuses et longues frontières...», répond effrontément le détenu stoppé net par la juge avec ce commentaire:
«- Ça va, ça va! vous n'allez tout de même pas m'apprendre la géographie de mon cher pays!»
Puis, elle parle des conditions de vie de Embou et de ses compatriotes qui sont, selon l'inculpé, excellentes:
«- Je vous assure, madame la présidente que nous vivons une vie que chez nous, nous ne trouvons pas.
Je suis sincère et honoré de vivre chez vous dans la paix, la sécurité et souvent dans la joie partagée de vos fêtes... et je...
- Oui c'est cela, dites-moi encore que vous participez souvent aux nombreux concours de la bonne tenue en toute occasion!
-Mais, madame la présidente, je vous assure que j'ai quitté ma mère-patrie le coeur serré et les boyaux étranglés par la rupture avec mon cher pays que j'adore par-dessus tout!
- Mais alors pourquoi avoir quitté votre très beau pays pour venir souffrir l'absence de vos proches et de vos amis, nombreux, je suppose?», balance la juge qui va être surprise par la réplique de l'inculpé:
«- Oh vous savez, j'ai quitté mon chez-moi pour l'Algérie juste le temps de faire un saut de l'autre côté de la Méditerranée où la vie est, semble-t-il meilleure qu'en Afrique!
«- Merci pour le coup de pub fait aux autres!». Monsieur le procureur, vos demandes SVP!», assène la magistrate qui notera: «6 mois d'emprisonnement ferme et 10.000 dinars d'amende aussi ferme.»
Sur ce, la magistrate transcrit sur le siège, le dispositif et inflige ce que le représentant du ministère public a demandé.

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