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User de faux, peut valoir cher, surtout si l'auteur se trouvait à l'étranger au moment où la justice le recherchait, le jugeait et le condamnait par défaut et...

Ahmed.C. est sorti de chez lui à El Harrach (Alger) en 2001. Il a atterri en Angleterre où il a eu une chance du tonnerre en dégotant une place de pizzario à Edjewel Road Londres, quartier tranquille et bien fréquenté, surtout par les Pakistanais qui lui font aimer tout de suite ce pays d'accueil où le travail paie. Il passera sept années paisibles jusqu'au jour où il a eu le mal du pays et des proches, lui qui avait quitté définitivement l'Algérie pour diverses raisons dont une est capitale et intéressante à raconter, pour la bonne compréhension de la suite de cette chronique: Un compatriote, déboussolé par Facebook, lui tiendra ces propos: «Mais, malheureux, sais-tu seulement que tu vas rentrer dans le seul pays membre de l'Opep, qui voit ses enfants déserter le domicile familial et le pays qui l'a vu naître et y grandir?»
Sept ans plus tard, l'heure est arrivée pour rentrer chez-soi, le doux chez-soi. Il était impatient du retour malgré les mises en garde des amis qui ont, eux, définitivement choisi de mourir sur la terre d'accueil. Il fit les commissions pour la famille et embarqua le mois dernier, confiant et heureux de retrouver les amis et surtout les fans de l'USM Harrach très mal en point, il y a à peine quatre mois, mais qui s'est enlisée depuis enchaînant les résultats peu rassurants en Ligue Mobilis Dans l'avion, il commençait à rêver des futures rencontres qu'il songeait de faire dès le lendemain de son arrivée à Alger. Puis il fut tiré de son rêve fou par la douce musique annonçant l'arrivée à l'aéroport Houari Boumediene de Dar El Beida -Alger. Après le débarquement, il rejoignit la file des passagers, jeta un oeil autour de lui en admirant les nouvelles réalisations internes de Tahar Allache et tendit le passeport au policier de la PAF. Ce dernier lut, relut le document avant de bien regarder Ahmed et lancer sur un ton presque familier et à la limite, amical:
«Je crois que vous n'allez pas retrouver les parents de sitôt. Vous êtes cher monsieur, sous le coup d'un mandat d'arrêt! Veuillez attendre les collègues qui s'occuperont de vous. Cela ne saurait tarder.
Patientez le temps que la voiture cellulaire arrive!» dit le préposé au guichet qui verra quelques instants plus tard, le fourgon qui emmenait Ahmed, s'éloigner vers le pénitencier des «Quatre Ha» d'El Harrach où il passera le séjour arrêté par la loi. Il videra le mandat d'arrêt et sera jugé. Entre-temps, il réussira à dégoter un conseil qui s'avérera être une avocate dégourdie et tranchante. Maître Djamila Dahmoune, c'est d'elle qu'il s'agit, sera vite fixée sur le sort de son nouveau client âgé de
30 ans, qui s'est rendu coupable d'un usage de faux, fait prévu et puni par l'article 222 du Code pénal qui dispose que: «Quiconque, contrefait, falsifie ou, altère les permis, certificats, livrets, cartes, bulletins, récépissés, passeports, ordres de mission, feuilles de route, laissez-passer ou autres documents délivrés par les administrations publiques en vue de constater un droit, une identité ou une qualité, ou d' accorder une autorisation, est puni d'un emprisonnement de six mois à trois ans et d' une amende de 1500 DA à 15 000 DA. Le coupable peut, en outre, être frappé de l'interdiction de l'un ou plusieurs des droits mentionnés à l'article 14, pendant un an au moins et cinq ans au plus. La tentative est punie comme le délit consommé. Les mêmes peines sont appliquées:
1/ à celui qui sciemment, fait usage desdits documents contrefaits, falsifiés ou altérés;
2 / à celui qui fait usage d'un des documents visés à l'alinéa premier, sachant que les mentions qui y figurent sont devenues incomplètes ou inexactes.»
Il faut vite préciser que ce délit, pratiquement méconnu des faussaires imprudents, amateurs qui n'ont pas une certaine idée des conséquences souvent dévastatrices, de l'usage de faux, est très combattu par les magistrats, surtout ceux qui sont par nature sévères et font peu usage des circonstances atténuantes, et pour cause...
Les faux commis dans certains documents administratifs et certificats sont une plaie que seuls les magistrats pansent comme il le faut, car ils luttent vaillamment contre les malfaiteurs d'une manière qui laisse rêveur le plus futé des gredins.
Le pauvre Ahmed voit ainsi s'évaporer ses rêves les plus insensés et de sa place en taule, il va distribuer d'abord tous les cadeaux qu'il a ramenés de l'antique Gaule, aux détenus qui ne demandaient pas tant! Tout heureux de s'être rendu utile à ses compagnons d'infortune, il s'endormit sans se soucier du lendemain car il sait qu'il est détenu pour un délit qu'il a commis et cela fait du bien au moral de reconnaître ses torts à un moment important de sa vie. Il réfléchissait longuement à son passé, à son présent, mais beaucoup plus à son avenir à construire dès que la peine que va lui infliger le juge, sera terminée tôt ou tard!
«Quelle que soit la sentence, je l'aurais méritée! Oui j'ai fait le faux et je le regrette comme je regrette le pays de la perfide Albion et les solides copains que je m'y suis fait en sept ans!»
Longtemps, durant sa veillée, il n'a eu de cesse de se remettre en question et de reprendre une vie tout ce qu'il y a de normal. La nuit qu'il passera en taule, le temps qu'il s'endorme, il aurait tant voulu être chez lui, au milieu des siens, au chaud, à l'aise, attendant l'aube, pour se lever, faire sa toilette, sortir prendre le premier petit-déjeuner avec Rachid, Miloud, Azzedine, Seddik, Merzak, Abdellatif et Mohamed, ses copains de toujours qu'il n'a pas oubliés depuis les sept années écoulées. Avant de s'endormir, il pensa et regretta les mauvais jours pendant lesquels, avec ses copains, il ne cessait de reprendre le fameux refrain des jeunes désespérés mécontents de régimes qui se sont succédé: «Pays de Mickey» ou encore l'autre insulte en direction des dirigeants de l'heure: «République bananière»!
Le lendemain, il sera jugé, entendu, malmené en quelque sorte par le représentant du ministère public qui sera tout de même indulgent en réclamant une peine d'emprisonnement symbolique - trois mois ferme -, une amende et le retrait du passeport pour quelques longs mois, le temps pour l'inculpé, un délinquant primaire, que le juge a condamné suivant les demandes du procureur, de comprendre une bonne fois pour toutes que son pays ne sera jamais une république «bananière»!

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