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La vitesse est mère de catastrophes!

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La salle d'audience était pleine à craquer, lorsque le président appela les parties concernées par le sinistre qui a eu lieu 21 jours avant.

L'accident a eu lieu sur l'autoroute Est-Ouest, au niveau de la bretelle qui mène vers Kouba, l'Appreval, et qui a vu le décès d'un adulte qui traversait imprudemment par là, ce morceau de route non sécurisé.
Au centre de la barre, se tient le jeune Mohsen. Y. qui vient à peine d'obtenir son permis de conduire. A sa gauche, nous voyons le frère de la victime Abdelhamid. S. Blême comme au jour de sa propre mort et surtout ne tenant pas son équilibre, l'émotion pesant. Le juge s'en aperçoit et prie l'ayant droit de s'asseoir aux côtés des conseils, nombreux en ce lundi très chaud et humide, ce qui n'encourage pas au boulot, vers les 11h35. Et pourtant, il faudra bien y aller car le jugement a tardé, du fait du coma de l'inculpé qui a failli y rester! Mais le destin a voulu que le jeune Mohsen n'aille pas encore au cimetière, mais au tribunal! Au tribunal où la sinistrose règne en maître des lieux, deuil oblige. Les familles du défunt s'étaient mobilisées en vue de faire pression sur le juge du siège, seul maître à bord pour ce qui est de la sentence. Ces pratiques montrent l'ignorance totale du métier de magistrat, quelles que soient les circonstances. Mais ce qu'ignorent ces pauvres gens, c'est qu'un juge examine les faits et entend les parties, sans état d'âme ni pression ni encore moins la peur, mais obéissant à la seule loi sur les accidents. Car, il reste entendu, qu'un accident, reste un accident quoi qu'il arrive.
Le manque d'éducation «juridique» des gens, fait que l'appréciation sur le fait de rendre justice, est diversement commentée. Il faut ajouter les mauvais commentaires des non-initiés sur la marche de la justice, et vous avez un cocktail de commérages insupportables pour les personnes sensées, mais pas pour les magistrats, habitués à ce genre de commentaires. Pourtant, le Code de la route, entré en vigueur, voilà neuf ans et moins de trois mois, est venu modifier et compléter la loi pondue, huit ans plus tôt, la loi relative à l'organisation, la sécurité et la police de la circulation routière, n'a pas réglé définitivement le problème des morts et blessés recensés jusque-là!
Au moment de la rédaction de cette chronique, des accidents graves et mortels sont sans doute survenus dans n'importe quel point du pays! Pour cette journée, les avocats étaient calmes, sereins et prêts à monter sur le ring, lutter à armes égales pour la seule vérité.
L'assistance, elle, ne voulait pas se mêler de quelque chose dont elle ignore les tenants et aboutissants. Le président présente tout de go, les condoléances aux membres de la famille du défunt et entre dans le vif du sujet.
-«Alors, que s'est-il passé au juste, ce jour? marmonna le magistrat qui avait posé cette question, non pas pour savoir exactement la vérité, mais pour, il est bon de le savoir, en quelque sorte, soulager les parties en présence à vider les tripes du drame qui les noie.
-Allah ghaleb! Allah en a décidé ainsi, et Sa seule Volonté est Puissante, qu'il en soit...
-Oui, cela, nous le savons mais le tribunal veut savoir dans quelles circonstances a eu lieu le sinistre! Le reste, nous le savons très bien en ces moments tristes, déchirants, désolants et regrettables. Dites nous ce que vous savez de l'accident, avant, pendant et après, c'est tout et c'est simple», interroge le juge.
Dans tout accident, certains chauffeurs sont enveloppés d'une carapace qui les empêche de se remémorer au début, des moin-
dres faits et gestes qui ont pu rester gravés dans leur mémoire. C'est le cas de Mohsen qui n'arrive pas à décoller.
Le juge du siège va tenter de l'aider à y arriver, cahin-caha. Il commence, en articulant assez bien comme il faut les termes et les mots pénibles:
«Alors, il était quelle heure, environ et où vous trouviez-vous exactement? dit, le front haut, le président visiblement embarrassé de conduire de tels débats.
- Monsieur le président, je n'ai aucun intérêt à cacher la vérité. Je vais répéter exactement ce que j'ai déjà raconté à la police dont une patrouille passait par Garidi 2 et qui s'est vite présentée sur les lieux. Il n'y avait pas grand-monde.
- Quand vous l'aviez vu, avez-vous essayé de l'éviter? Précisa le magistrat qui aura une réponse précise, nette et quasi définitive.
-Vu? Mais, quand il marchait au beau milieu de la bretelle, il m'était impossible de le voir. C'était le virage où je ne m'attendais pas à voir quelqu'un sur la chaussée. Il faut que je vous dise aussi et surtout que je roulais vite... et, je ne vous...
- Vous rouliez vite! C'est bien de reconnaître votre faute, surtout que vous entamiez un virage et un virage, pour tout conducteur, peut cacher pas mal de surprises, la preuve? enchaîna le juge qui allait recevoir la salve de l'inculpé:
- Oui, je reconnais avoir fait de la vitesse, mais reconnaissez avec moi que le défunt aussi avait tort de marcher sur et dans la bretelle qui mène droit vers l'autoroute. Le choc était inévitable!»
Un silence s'était instauré depuis le début des débats et le voilà brisé par l'intervention intempestive du frangin de la victime, jusque-là silencieux: «-Il a tué mon frère. C'est un meurtre! Ce n'était pas un accident, mais un assassinat, et je veux qu'il paie maintenant son forfait, oui, je le veux!».
Le magistrat regarda le procureur et lança, avec un air décontracté et froid que le défunt résidait à Z'Ghara (Bab el Oued-Alger) et que l'inculpé, La Chiffa, (Blida) et donc ils ne se connaissaient pas pour s'entre-tuer! Et puis, venez un peu ici nous faire part de vos demandes ou préférez-vous laisser le soin à votre conseil de le faire?
L'excitation en moins, le frère de la victime préféra la seconde solution, puis ce fut au tour du représentant du ministère public d'effectuer son machinal boulot de représentant de la société.
«Avant toute chose, je voudrais lancer un message en direction des proches des victimes en général, et au frère de la victime d'aujourd'hui, en particulier pour leur signifier que les demandes de peine, relèvent exclusivement du seul parquet. Concernant l'affaire du jour; je laisse le soin au président d'appliquer la loi!»
C'est au tour de l'avocat de l'inculpé de faire une émouvante et courte intervention que l'on peut résumer ainsi: c'est presque la même demande que celle du procureur, à savoir l'application saine de la loi.
Sur le siège, le juge inflige un sursis à l'inculpé qui s'en sort bien finalement.

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