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Bonds de malfaiteurs

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la justice est capable de bien punir les voleurs qui écument certains quartiers.

Un brouhaha indescriptible envahit la vaste et propre salle d'audience, lorsque la greffière procéda à l'appel des sept inculpés, dont trois sont détenus depuis près d'un mois à cause de trois reports demandés par les quatre conseils constitués dans cette affaire de vol, avec complicité de vol, suivis de coups et blessures volontaires, faits prévus et punis par les articles 350 et 266 du Code pénal. Comme c'était l'une des premières affaires que le tribunal examine, la salle était archi-comble et le service d'ordre, lui, était bienveillant, courtois, abordable, mais ferme! Les inculpés, et ici, nous allons nous étaler un peu plus longuement sur ce détail, sont pratiquement des jeunes dont certains étaient d'une beauté à faire regretter le plus sévère des parquetiers, de les avoir enfermés. Franchement, des jeunes de cette catégorie, qui sont malmenés, entendus, emprisonnés, confrontés, vous font peur quant à leur avenir, pour le moment, incertain! Nous sommes loin des années 90, où les suspects étaient plus vieux. Mais que voulez-vous, chaque époque a ses habitudes. Athmane.Z., 24 ans, Bahi.Y., 22 ans, Chérif.. W, 25 ans, Dahmane. T.21 ans, El Oumeiri. S. 26 ans Faouzi.R. 23 ans et Guelmi. M.29 ans, sont, dans l'ordre, apprentis boulangers, aides- mécaniciens, infirmier stagiaire, portefaix et vendeur à la sauvette. Un détail intéressant est à mettre en exergue. Aucun n'est né dans la capitale: ah! le déracinement. Attention!, ce détail n'a rien à voir avec les méfaits, mais, c'est pour la petite histoire des statistiques et autres curiosités. Le premier inculpé est appelé par la présidente de la section correctionnelle du tribunal. Il s'avance, tête baissée, car la salle d'audience est pleine de voisins. Il est même prêt à répondre aux questions sans rechigner. Cela se voit dès l'envoi de la première question posée par la magistrate, visiblement bien armée pour ces débats en vue de la recherche de la vérité.
«-Alors, Athmane, on reconnaît les faits ou vous avez décidé de nous faire perdre du temps? annonce lentement la juge qui est de prime abord, sereine.
- Oui, madame la présidente pour le vol, mais non pour les coups et blessures car, jj'étais déjà loin au moment de la rixe», répond calmement, le premier inculpé qui a décidé de jouer franc jeu. La magistrate n'insiste pas trop surtout qu'elle a sous les yeux, le procès-verbal avec l'ordonnance de renvoi. Bahi.Y. est le deuxième détenu à répondre à la juge qui a devant elle, une tête dure, quelqu'un qui ne veut rien savoir. Il n'y était pas, il n'a rien volé et encore moins, il n'a agressé, ni blessé personne. Il a dit tout cela sans cligner des yeux. La juge le fixe un bon moment puis s'exclame, presque scandalisée: «C'est quoi que ce procès- verbal? Vous l'avez signé ou pas? Dites-nous la vérité, c'est tout!
-Je n'ai rien signé du tout. La vérité est chez les policiers qui m'ont entendu et le procureur ne m'a posé aucune question, quand je lui ai déclaré que j'étais innocent.» La présidente hoche la tête et passe aux deux apprentis-boulangers, Chérif et Dahmane, ces deux pauvres bougres qui n'avaient rien à faire à l'audience. Ils expliquent que ce soir là, était jour de récupération et donc, ils avaient décidé d'un commun accord de veiller dans le jardin situé près du coin où eut lieu la rixe entre la bande et les propriétaires du hangar qu'on disait cambriolé. La présidente résidente grimaça longuement et posa discrètement une question au procureur qui venait de donner l'impression de se réveiller et donc, la réponse qu'il donna ne fut entendue que par la magistrate, rassurée. Elle marmonna quelques bouts de syllabes, des bribes de mots inintelligibles avant de hausser le ton, en guise de bruyante mise au point définitive, et rassurante: «Alors, on vous a ramassés dans un élan euphorique et on vous a envoyés ici, pour me raconter des histoires à dormir debout ou quoi?» La représentante du ministère public haussa les épaules, puis prit son stylo pour griffonner quelques lignes dont nous ignorons le contenu que même la présidente n'en saura pas plus. El Oumeiri et Chérif s'approchent à l'énoncé de leurs noms et prénoms et de suite, la juge commença par leur lire les objets trouvés en leur possession, ainsi que leurs franches et nettes déclarations faites devant le juge d''instruction:
«Alors, le tribunal espère du fond du coeur que vous allez aider la justice et ne pas essayer de dribbler, car les faits étant têtus, il n'y a aucune raison de ne pas aller droit vers la vérité», clame la juge, sereine, comme jamais, elle n'aura été. El Oumeiri lève le doigt le premier et veut de suite soulager sa conscience. Il crachera le morceau sans douleur ni état d'âme, racontant le délit dans ses moindres détails: «J'avais le rôle d'épieur, pas plus. Ce n'est pas grave puisque je n'ai rien cassé ni brisé, rien de tout cela», avait reconnu effrontément le détenu qui a voulu à un moment donné, jouer au délateur, mal lui en prit car l'info qu'il avait crachée au tribunal, était connue de tous, du parquet au juge en passant par les avocats et certains détenus. Le magistrat le remercie pour sa bonne volonté et fut prié de rejoindre le box et laisser sa place aux derniers inculpés: Faouzi R. et Guelmi. M. Les deux apprentis - boulangers qui prouveront à la barre qu'ils n'y étaient pour rien et les recherches entreprises durant l'enquête préliminaire n'ont rien donné, sauf qu'ils avaient un lourd casier. Et comme pour montrer que la justice est capable de bien punir les voleurs qui écument certains quartiers, les trois inculpés détenus ont écopé d'une peine d'emprisonnement ferme de quatre années. Deux autres béficieront du sursis et les deux apprentis-boulangers seront relaxés.

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